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on - Jun 20 -
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Le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), regroupant les principales centrales syndicales du pays (CNTS, UNSAS, CNTS-FC, CSA, CNTSFCA, UDTS, FGTSB, UTS, CDSL, FGTS/A, OGTS, USDS, UNTD, UTLSA et UTLS-B), a dénoncé samedi ce qu’il qualifie de « passage en force » du gouvernement dans le processus d’adoption des nouveaux Codes du travail et de la sécurité sociale. Lors d’un point de presse, une déclaration lue par le secrétaire général de la CNTS, Mody Guiro, a fustigé une démarche menée « sans consensus ni concertation » avec les partenaires sociaux.
Les organisations syndicales reprochent au gouvernement d’avoir transmis les projets de réforme à l’Assemblée nationale pour examen en commission des lois le 20 juin puis en séance plénière le 22 juin, sans leur avoir communiqué les versions définitives des textes. Pourtant, rappellent-elles, les secrétaires généraux des centrales syndicales et les représentants du patronat avaient officiellement demandé, dès le 6 mai dernier, à disposer de ces documents avant toute étape législative.
Pour le FSDT, cette décision constitue une violation des engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Les syndicats estiment également qu’elle contrevient à la Convention n°144 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui prévoit la consultation effective des partenaires sociaux sur les réformes majeures touchant au travail et à la protection sociale.
« Le gouvernement a choisi le passage en force. Il a choisi de contourner les organisations syndicales. Il a choisi de rompre avec les règles élémentaires du dialogue social », a déclaré Mody Guiro au nom du Front, dénonçant une attitude jugée « inacceptable ».
Selon les responsables syndicaux, les travailleurs ont pourtant participé durant plusieurs années aux concertations engagées sur la réforme des deux codes, avec la volonté de contribuer à la modernisation de la législation sociale. Ils regrettent aujourd’hui que leurs propositions n’aient pas été prises en compte et que des textes aux conséquences importantes pour les salariés soient acheminés vers l’Assemblée nationale « dans la plus grande opacité ».
Le principal point de désaccord porte sur la réforme du contrat à durée déterminée (CDD). Le FSDT rejette notamment la disposition portant sa durée de deux à quatre ans, renouvelable trois fois. Une mesure que les syndicats considèrent comme une aggravation de la précarité de l’emploi.
« Nous sommes en présence d’une réforme de régression sociale », affirme le Front, qui estime que les nouvelles dispositions affaiblissent la représentation syndicale, remettent en cause des acquis historiques obtenus au terme de longues luttes et privilégient une logique de flexibilisation du travail au détriment de la protection des salariés.
Les organisations syndicales jugent d’autant plus paradoxale cette orientation que le gouvernement vient récemment d’adopter une nouvelle politique nationale de l’emploi censée promouvoir un travail décent et durable.
Face à cette situation, le FSDT avertit que l’Exécutif portera « l’entière responsabilité » d’une éventuelle dégradation du climat social. Le Front annonce déjà la préparation d’une riposte. Une assemblée générale des travailleurs est convoquée le 3 juillet 2026 à 15 heures à la Bourse du Travail de la CNTS à Keur Madia. Cette rencontre devra déterminer les modalités de la mobilisation et pourrait déboucher sur un mot d’ordre de grève générale de 24 heures le 10 juillet 2026.
Le FSDT lance également un appel à l’ensemble des travailleurs, retraités, jeunes et forces sociales attachées à la justice sociale pour qu’ils se mobilisent contre ce qu’il considère comme une remise en cause des droits sociaux et des libertés syndicales.
Affichant son unité, le Front assure qu’il poursuivra la lutte jusqu’au retrait des dispositions contestées et au respect intégral des droits et intérêts des travailleurs. À la veille de l’examen parlementaire des projets de loi, cette sortie marque une nouvelle montée de la tension sociale autour d’une réforme que les syndicats considèrent désormais comme un véritable test pour l’avenir du dialogue social au Sénégal.
L’article Adoption des nouveaux Codes sociaux : le FSDT accuse le gouvernement de « passage en force » et brandit la menace d’une grève générale est apparu en premier sur Sud Quotidien.