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Les directions régionales de santé de Kédougou et de Fatick accueillent le projet CHARTer (« Catalyser la recherche-Action sur l’impact du changement climatique sur la santé maternelle et périnatale : vers des politiques et pratiques fondées sur des données probantes ». Le lancement s’est fait hier, mercredi 8 avril dernier.
Face aux changements climatiques caractérisées par des événements extrêmes tels que l’érosion côtière, la dégradation de la qualité de l’air liée aux vagues de poussière, des inondations, les feux de bourse, ou encore les fortes chaleurs, les femmes, en particulier les femmes enceintes, allaitantes, ainsi que les nouveau-nés apparaissent comme des groupes fortement vulnérables. Ces derniers sont fréquemment exposés à des pathologies telles que l’hypertension gestationnelle chez les mères ou des affections respiratoires précoces chez les nourrissons, susceptibles d’engendrer des conséquences durables.
Afin de mieux prendre en charge cette préoccupation l’ African Population and Health Research Center (APHRC) a initié le projet CHARTer « catalyser la recherche-Action sur l’impact du changement climatique sur la santé maternelle et périnatale : vers des politiques et pratiques fondées sur des données probantes » qui sera mis en œuvre dans la direction régionale de santé (Drs) de Kédougou et de Fatick.
Selon Dr Cheikh Mbacké Faye, directeur du Bureau Régional Afrique de l’Ouest, de la APHRC, ce programme vise à analyser les effets du changement climatique, notamment sur l’accès et l’utilisation des services de santé prénatale, postnatale, ainsi que les complications maternelles. D’une durée de trois ans, le projet sera également déployé en Gambie.
Au niveau du ministère de la Santé, le point focal en changement climatique Dr Codou Badiane Mané a laissé entendre : « nous nous sommes rendu compte qu’il y a beaucoup de manquements en matière de connaissances et de données, surtout sur les impacts du changement climatique sur la santé de façon globale au Sénégal et dans d’autres pays d’Afrique. Mais au Sénégal, on s’est rendu compte qu’on vit maintenant les impacts du changement climatique, mais on manque d’évidence pour pouvoir mettre en œuvre des politiques d’adaptation adéquates ».
Elle estime que ce projet essaie de combler ce gap de manque de connaissances et de données, ce qui fait qu’ils vont mener une recherche action qui va combiner deux volets, la génération d’évidence, mais également l’engagement politique, plaidoyer et de la communication.
Pour le docteur Ababacar Mbaye, directeur régional de santé de Kédougou, l’incident maternel et néonatal est très important au niveau de cette région. Avec une canicule qui avoisine les 40 degrés, des inondations, cette situation empêche le personnel de santé d’effectuer son travail et la population à avoir assez de ressources de santé. « Avec ce projet, le personnel de santé pourra avec la recherche d’action et des formations spécifiques à l’impact réel sur la mortalité maternelle et néonatale, soulager la souffrance de cette couche vulnérable » a fait savoir Dr Mbaye. Et d’ajouter : «je voudrais, dans le temps, vous assurer de notre engagement pour mettre en place un cadre multisectoriel avec tous les secteurs qui sont impliqués, l’action sociale, la santé et l’environnement, pour pouvoir travailler ensemble et avoir des résultats probants ».
Pour Docteur Aloyse Waly Diouf de l’Oms, dans plusieurs pays, la recherche d’action a permis de faire le lien entre connaissances scientifiques et solutions de terrain. À titre d’exemple, il a soutenu : « des études menées dans des zones à forte chaleur ont montré une augmentation des accouchements prématurés lors des épisodes de canicule. Ces résultats ont conduit, bien sûr, à l’adaptation des programmes de suivi prématures, avec des visites renforcées et des conseils ciblés pour les femmes enceintes pendant les périodes de chaleur extrême ». Et de renchérir : « dans les contextes exposés aux inondations et aux sécheresses, des projets de recherche adaptés ont permis d’intégrer la nutrition maternelle et la santé mentale dans les réponses climatiques locales, en combinant collecte des données, implications communautaires et ajustement des services de santé maternelle ». Ces exemples montrent selon Dr Diouf que catalyser la recherche en action, c’est produire des données subtiles, mais surtout, les travailler en politique publique, en pratique clinique et en innovation locale qui protège concrètement les mères et les filles.
Denise ZAROUR MEDANG
L’article Climat et santé maternelle : l’African Population and Health Research Center lance le projet CHARTer à Kédougou et Fatick est apparu en premier sur Sud Quotidien.