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En visite au Sénégal dans le cadre de « THE RETURN 2026 » et présente dimanche dernier à la célébration de The Black Male, organisée à l’Hotel de Ville de Dakar, la docteure en pharmacie américaine Dreama Goldsmith a dévoilé les grandes lignes d’un ambitieux projet de coopération sanitaire entre le Sénégal et l’État de la Louisiane (USA). L’objectif est de renforcer la prise en charge des personnes atteintes de drépanocytose grâce à un partenariat fondé sur le partage d’expertise, la formation des professionnels de santé et le développement de politiques de politiques de soins adaptées aux réalités de cette pathologie.
Pour son tout premier séjour au Sénégal et plus largement sur le continent africain, Dr Dreama Goldsmith a exprimé un enthousiasme manifeste. Membre de la délégation des Afro-descendants américains ayant pris part à la célébration de The Black Male, elle considère cette visite comme le point de départ d’une coopération prometteuse entre le Sénégal et la Louisiane, deux territoires confrontés aux conséquences de la drépanocytose.
Docteure en pharmacie aux États-Unis, Dr Goldsmith estime que cette maladie génétique continue de souffrir d’un manque de considération à l’échelle mondiale, alors même qu’elle affecte des millions de personnes, particulièrement en Afrique. « Il existe une énorme disparité dans nos communautés, principalement parce que cette maladie a été ignorée. Il est temps de créer une coalition où médecins, pharmaciens, infirmiers et tous les professionnels de santé travaillent ensemble pour améliorer la prise en charge des patients », a-t-elle déclaré.
Une coopération entre le Sénégal et la Louisiane
Au cœur de son projet figure la mise en place d’une future collaboration entre les établissements de santé sénégalaises et ceux de la Louisiane. Cette coopération favorisera des échanges entre médecins, pharmaciens, infirmiers, enseignants-chercheurs et étudiants afin de renforcer le transfert de compétences et la diffusion des meilleures pratiques dans le traitement de la drépanocytose.
Pour la spécialiste américaine, cette coopération ne pourra produire tous ses effets sans un engagement résolu des autorités publiques. « Les gouvernements doivent accompagner cette dynamique afin de mettre en place les politiques, les infrastructures et les systèmes nécessaires pour permettre aux patients d’accéder aux traitements innovants », a-t-elle souligné
L’expérience de la Louisiane au service du Sénégal
Dr Dreama Goldsmith fonde son projet sur une expérience déjà éprouvée dans son État. Elle explique avoir participé à la conception d’une politique hospitalière ayant permis à un établissement de devenir le premier centre habilité à administrer les nouveaux traitements aux personnes atteintes de drépanocytose.
Cette organisation a déjà démontré son efficacité à travers la prise en charge de patients ayant bénéficié des thérapies les plus récentes. Elle estime que cette expérience pourrait utilement inspirer les autorités sanitaires sénégalaises dans le développement d’une offre de soins plus performante et mieux coordonnée.
Un programme progressif sur cinq années
L’initiative s’inscrit dans une démarche déployée sur cinq ans. La première phase sera consacrée à la consolidation des relations institutionnelles entre les partenaires sénégalais et américains. Elle sera suivie par le renforcement de la formation des professionnels de santé, le développement des échanges universitaires et la création de « cliniques de transition » destinées aux jeunes drépanocytaires âgés de 16 à 25 ans, une tranche d’âge particulièrement exposée aux complications de la maladie.
Ces structures permettront d’assurer un suivi médical régulier après les hospitalisations, de faciliter l’accès aux médicaments et d’éviter les complications liées à une rupture de la prise en charge.
Former les soignants et impliquer les communautés
Pour Dr Goldsmith, l’amélioration de la prise en charge ne repose pas uniquement sur les médecins. Elle défend une approche fondée sur la formation de l’ensemble des acteurs hospitaliers, qu’il s’agisse des pharmaciens, des infirmiers, ou encore des agents administratifs, afin que chaque patient soit accueilli et soigné dans les meilleures standards de qualité.
Elle a également insisté sur la nécessité de construire des programmes pérennes reposant avant tout sur les compétences des communautés locales. « Notre objectif n’est pas de venir apporter une aide ponctuelle avant de repartir. Nous voulons construire des structures capables de fonctionner durablement grâce aux compétences locales », a-t-elle expliqué.
Une pharmacienne engagée au service des patients
Docteure en pharmacie exerçant aux États-Unis, Dreama Goldsmith a fait de la lutte contre la drépanocytose l’un des principaux engagements de sa carrière. Depuis plusieurs années, elle intervient au sein d’un hôpital universitaire où elle a participé à l’élaboration de protocoles destinés à améliorer la qualité des soins dispensés aux personnes vivant avec cette maladie. « Ma vocation n’est pas seulement de délivrer des médicaments. Je veux m’assurer que chaque patient bénéficie d’une prise en charge digne, humaine et efficace », a-t-elle confié.
À travers cette initiative, Dr Dreama Goldsmith affiche l’ambition de faire du Sénégal le premier partenaire africain de la Louisiane dans la lutte contre la drépanocytose. Elle souhaite qu’à terme l’expertise développée dans le pays puisse rayonner au-delà de ses frontières et profiter à d’autres États africains, faisant ainsi du Sénégal une référence régionale en matière de coopération médicale et de prise en charge de cette pathologie.
LAMINE DIEDHIOU
L’article Coopération américano-sénégalaise : une alliance pour changer le destin des drépanocytaires est apparu en premier sur Sud Quotidien.