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La réunion délocalisée de la Commission mixte Énergie et Mines, Infrastructures, Agriculture, Environnement et Ressources naturelles du Parlement de la CEDEAO a pris fin, hier vendredi, à Dakar, après six jours d’intenses échanges consacrés au thème : « Débloquer la transformation économique rurale grâce aux énergies renouvelables ». À la clôture des travaux, l’honorable Fanta Conté, co-présidente de la Commission mixte, a lancé un appel pressant aux parlementaires ouest-africains afin qu’ils traduisent les conclusions de la rencontre en initiatives concrètes dans leurs pays respectifs.
S’adressant aux députés, aux experts et aux partenaires présents, l’honorable Fanta Conté, co-présidente de la Commission mixte Énergie et Mines, Infrastructures, Agriculture, Environnement et Ressources naturelles du Parlement de la CEDEAO, a souligné que les recommandations formulées au cours de cette session ne doivent pas rester lettre morte. « Chaque député ici présent a la responsabilité de devenir un ambassadeur des recommandations issues de nos travaux auprès de son parlement national, de son gouvernement et de ses électeurs », a-t-elle déclaré, faisant de cette mission de plaidoyer et de dissémination le principal défi de l’après-Dakar.
Dans son intervention, Mme Conté a rappelé l’ampleur du retard énergétique dans les zones rurales de la région. « Moins de 12 % de nos ménages ruraux ont actuellement l’électricité, alors que notre région détient le potentiel solaire le plus élevé du monde. Le paradoxe est donc cruel, mais il n’est pas une fatalité », a-t-elle affirmé. Pour elle, les solutions existent et doivent désormais être soutenues par des politiques publiques ambitieuses, des financements adaptés et une volonté politique renforcée.
La visite de terrain effectuée à la centrale électrique de Ndiob, dans la région de Fatick, a constitué l’un des moments marquants de cette rencontre. Selon la co-présidente de la Commission mixte, cette immersion a permis aux participants de mesurer l’impact réel de l’accès à l’énergie sur les communautés rurales. « Nous n’avons pas seulement vu des communautés transformées, nous avons vu des enfants qui étudieront sous la lumière, des femmes qui développeront des activités génératrices de revenus », a-t-elle indiqué. Elle a ajouté que cette expérience a démontré que « l’énergie propre est un catalyseur de paix sociale et de développement durable ».
Les débats ont également mis en évidence la nécessité d’accélérer la transposition des politiques régionales de la CEDEAO sur les énergies renouvelables dans les législations nationales. Mme Fanta Conté a insisté sur le rôle de contrôle et de suivi des parlementaires afin de garantir une mise en œuvre effective des engagements pris par les États.
Plaidant pour une transition énergétique inclusive, elle a rappelé que « chaque mégawatt d’énergie renouvelable installé en zone rurale produit trois fois plus d’emplois locaux que les énergies fossiles », une opportunité qu’elle considère comme essentielle pour répondre aux aspirations de la jeunesse ouest-africaine.
Alors que près de 145 millions de citoyens de la CEDEAO n’ont toujours pas accès à l’électricité, l’élue a conclu sur une note d’espoir et de responsabilité collective. « Nous repartons du Sénégal avec une conviction renforcée : l’électrification rurale est un chemin d’espérance. Chaque village éclairé représente une opportunité économique, une chance supplémentaire d’éducation, une amélioration des conditions de vie et un pas de plus vers la prospérité partagée », a-t-elle déclaré.
Ousmane GOUDIABY
L’article Electrification rurale en Afrique de l’ouest : les parlementaires invités à transformer les recommandations en actions concrètes est apparu en premier sur Sud Quotidien.