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Nichée entre l’embarcadère de Gorée et la gare du port autonome de Dakar, la Galerie Vema a abrité, le dimanche 12 avril 2026, le vernissage d’une exposition exceptionnelle intitulée « Les nœuds de la cohésion ». Un hommage solennel rendu à Moussa Diop Laye, plus connu sous le nom de Samba Diop Laye, artiste plasticien sénégalais décédé en France, dont les œuvres continuent de faire vibrer les cœurs et les mémoires.
Dès les premières heures, les visiteurs sont venus nombreux pour cette célébration artistique unique. Parmi eux, une forte présence des fidèles layénes, venus avec le fils de l’actuel Khalife général, témoignant ainsi du lien profond qui unit l’art du défunt à la spiritualité sénégalaise. De nombreux artistes, hommes de culture et amateurs d’art ont également répondu présents.
L’atmosphère de la galerie était singulière. Alors qu’à l’intérieur trônent fièrement les portraits de grands guides religieux du Sénégal notamment Serigne Touba, El Hadj Malick Sy, El Hadji Baye Niass, fondateur de la “Fayda” des Niassène, parmi d’autres, l’espace a également vibré au rythme des chants religieux layénes, mêlés aux sonorités mélodieuses de la kora. Une symbiose rare entre le spirituel et l’art contemporain, parfaitement en phase avec l’esprit de l’exposition.
Idrissa Diallo, curateur de l’exposition et directeur artistique de la Galerie Vema, explique le sens profond de ce travail : « J’ai intitulé cette exposition “Le nœud de la cohésion” parce que Moussa Diop Samba Laye travaillait avec beaucoup de relief. Ce nœud, c’est le symbole du lien social. Il a utilisé des collages de photos des guides religieux du Sénégal, ces figures que l’on trouve dans chaque maison, pour parler du rôle qu’ils jouent comme régulateurs sociaux, garants de l’équilibre entre politique et société. »
Pour Idrissa Diallo, ces nœuds dépassent le simple prétexte religieux : « Ils incarnent aussi les valeurs de nos ancêtres, cette transmission invisible mais essentielle. »
Samba Diop Laye : un humaniste et un transmetteur
L’exposition, qui retrace une partie de l’œuvre de l’artiste de 1995 à 2014, rappelle également l’homme qu’était Samba Diop Laye. Né au Sénégal, formé à l’École des Beaux-Arts de Dakar puis à Paris, il a enseigné les arts visuels pendant treize (13) ans en France. Un parcours marqué par la transmission et l’humanisme.
Sa fille, Arame Sena Diop, prenant la parole lors du vernissage, a livré un témoignage poignant : « Il était un lien entre les êtres, un pont entre Dakar et Paris, entre l’atelier du Village des Arts et les élèves du Collège de Cahiers. Samba Laye n’était pas seulement un grand nom de l’art, il était un homme de formation et de transmission. Il rappelait que l’art n’est pas un luxe, mais une nécessité, une liberté, une dignité. »
Derrière la réussite de cette exposition se cache une histoire de famille et de fidélité. La fille de l’artiste a tenu à remercier chaleureusement Mamsamba Diop, son oncle, sans qui rien n’aurait été possible : « Cher oncle, vous avez tout donné, dans l’ombre, jour après jour. Vous avez porté la mémoire de votre frère. Notre père vous regarde, il est fier de vous. »
Elle a également rappelé que ce projet était le dernier rêve de leur père, et que, pendant neuf ans, elles ont attendu ce moment. « Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, nous y sommes parvenus »
Des œuvres non commercialisées, un héritage préservé
Contrairement à certaines attentes, Idrissa Diallo a précisé que les œuvres présentées, issues de la série des guides religieux réalisée entre 2008 et 2012, ne sont pas à vendre. « Toutes les œuvres exposées appartiennent à la collection des deux filles de l’artiste. Elles ont tenu à honorer la mémoire de leur père. Ce que l’on vend, c’est le reste du travail de Samba, mais ces pièces-là sont un héritage sacré. »
En conclusion, Idrissa Diallo a livré un message fort : « L’art, c’est donner du sens à ce que l’on fait. Aujourd’hui, il ne faut pas qu’on arrête de dire que l’artiste ne fait pas de politique. Il doit être au cœur de la vie de la nation, pour que les populations puissent comprendre. »
« Les nœuds de la cohésion » est bien plus qu’une simple exposition : c’est un hommage vibrant, une promesse tenue et une célébration de l’art comme ferment de lien social et spirituel, soutient le curateur de l’exposition, M. Diallo.
LAMINE DIEDHIOU
L’article Exposition « le nœud de la cohésion », un hommage vibrant a l’artiste plasticien Moussa Diop Samba Laye à la Galerie Vema : Quand les guides religieux deviennent art est apparu en premier sur Sud Quotidien.