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En recevant hier, mardi, les lauréats du Gov’athon, le Premier ministre Ousmane Sonko a transformé une simple remise de prix en déclaration de politique publique : le numérique et l’innovation citoyenne sont désormais au cœur du projet de modernisation de l’administration sénégalaise.
Il y avait, dans la cérémonie de ce mardi, quelque chose qui dépassait le protocole habituel d’une remise de trophées. En accueillant à la Primature les lauréats du Gov’athon, ce concours national qui invite les jeunes à concevoir des solutions innovantes pour l’administration publique, Ousmane Sonko a choisi de faire passer un message politique clair : l’État sénégalais ne se réformera pas seul, et c’est vers sa jeunesse qu’il entend se tourner pour y parvenir. Devant des porteurs de projets sélectionnés pour la pertinence de leurs réponses aux défis de l’administration, le Premier ministre a salué une génération « créative, audacieuse et proactive », capable de concevoir des solutions concrètes sans attendre le soutien de la puissance publique. Cette autonomie d’initiative, il en a fait une vertu cardinale, l’antithèse d’une jeunesse assistée qu’il entend ne pas encourager.
« C’est cette jeunesse que nous voulons » : non plus en attente de l’État, mais en avance sur lui.
Pour donner à cette ambition une traduction institutionnelle, le gouvernement annonce le renforcement du dispositif Gov’athon, avec l’implication renforcée du ministère de la Fonction publique et de celui chargé des Télécommunications et du Numérique. L’objectif affiché : faire de ce concours un incubateur de réformes administratives à part entière, et non un simple exercice de vitrine.
Le Premier ministre a également saisi l’occasion pour élever le débat à l’échelle géopolitique. Le numérique, a-t-il affirmé, est le « présent et surtout l’avenir du monde » : les États qui en négligent les enjeux, des technologies de rupture à l’intelligence artificielle, s’exposent à une marginalisation durable. Une mise en garde qui confère au Gov’athon une portée stratégique bien au-delà de l’innovation administrative.
Sur le plan concret, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement de trois mois pour affiner et déployer leurs projets, grâce à la mobilisation de partenaires techniques et financiers ayant mis à disposition des laboratoires et des ressources matérielles. La Primature a par ailleurs annoncé un soutien complémentaire pour les candidats les plus avancés dans la compétition. La forte présence féminine dans le palmarès de cette édition n’a pas échappé au chef du gouvernement, qui y a lu davantage qu’un symbole. En invitant les jeunes filles à persévérer et en les qualifiant de « part essentielle de l’avenir du Sénégal », Ousmane Sonko a inscrit l’égalité des chances parmi les exigences implicites du projet. Le ministre de la Fonction publique Olivier Boucal, lui, a traduit l’ambition en impératif opérationnel : « Chaque idée doit devenir une solution et chaque solution doit devenir un service public. » Agriculture, santé, transport les secteurs cibles sont identifiés, les attentes, précises. Ce que dessine le Gov’athon, en filigrane, c’est un nouveau contrat entre l’État et sa jeunesse : non plus une relation d’assistance, mais de co-construction. Une administration qui ne se contente plus de gérer, mais qui délègue une part de son imagination à ceux qui en ont le plus. Le concours n’est plus un événement il se veut l’avant-garde d’un État en mouvement.
JEAN PIERRE MALOU
L’article GOV’ATHON 2026 : l’État recrute ses réformateurs dans les rangs de la jeunesse est apparu en premier sur Sud Quotidien.