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Dans le cadre de la Journée de l’Enfant Africain, célébrée chaque année le 16 juin, le Réseau Africain des Médias pour l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène (RAM WASH) lance un appel pressant aux gouvernements, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du développement pour accélérer les investissements dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH).
Dans une déclaration rendue publique, le réseau alerte sur la persistance d’une crise majeure qui continue d’affecter des millions de personnes à travers le continent, en particulier les enfants, les femmes et les communautés les plus vulnérables. Selon le RAM WASH, plus de 190 millions d’enfants dans plusieurs pays africains demeurent exposés à des risques élevés liés à l’eau insalubre, au manque d’assainissement et aux maladies hydriques. Une situation qui contribue fortement à la mortalité infantile et compromet les droits fondamentaux des enfants à la santé, à l’éducation et à la dignité.
Le réseau rappelle également que la croissance démographique rapide du continent accentue davantage les défis. La population africaine, estimée à 1,5 milliard d’habitants en 2024, pourrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050. D’ici 2055, l’Afrique comptera près d’un milliard d’enfants, alors même que les ressources en eau deviennent de plus en plus fragiles sous l’effet du changement climatique.
Dans de nombreuses régions rurales, les inégalités d’accès à l’eau potable restent particulièrement marquées. Les écarts entre zones urbaines et rurales peuvent atteindre jusqu’à 35 points de pourcentage. Par ailleurs, des millions de femmes et de filles consacrent encore quotidiennement plus de trente minutes à la collecte de l’eau, une corvée qui limite leur accès à l’éducation, aux activités économiques et accroît leur vulnérabilité.
Le RAM WASH souligne que cette crise est aggravée par la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. Sécheresses récurrentes, inondations et dégradation des écosystèmes hydriques compromettent davantage la sécurité en eau de nombreuses populations. Le cas du bassin du lac Tchad, dont la réduction progressive affecte des millions de personnes en Afrique centrale et de l’Ouest, illustre l’ampleur du défi. « Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ils traduisent une crise de survie, de dignité et d’égalité des chances pour des millions d’enfants africains », estime le réseau.
Face à cette situation, le RAM WASH appelle à un renforcement immédiat des investissements publics dans les infrastructures WASH adaptées aux besoins des enfants, à l’intégration effective du droit à l’eau et à l’assainissement dans les politiques nationales, à la réduction des disparités entre zones rurales et urbaines ainsi qu’à la priorisation des écoles, des centres de santé et des communautés vulnérables. Le réseau plaide également pour une gouvernance plus transparente et plus redevable des ressources consacrées au secteur de l’eau et de l’assainissement.
A l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain 2026, célébré ce 16 juin, placée sous le thème de l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, le RAM WASH réaffirme que ces services essentiels constituent un droit humain fondamental et non un privilège. Pour le réseau, le temps des engagements est révolu. L’heure est désormais à l’action. Car chaque retard dans l’accès à l’eau potable et à l’assainissement se traduit par des vies perdues, des opportunités sacrifiées et un avenir compromis pour des millions d’enfants africains.
Moussa THIAM
L’article Journée de l’enfant africain – eau insalubre, manque d’assainissement et maladies hydriques : plus de 190 millions d’enfants exposés à des risques élevés en Afrique est apparu en premier sur Sud Quotidien.