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La société civile demeure un acteur incontournable dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les flux financiers illicites en Afrique de l’Ouest. C’est la conviction exprimée par le Directeur général du GIABA, Edvin David Harris Jr., à l’occasion d’un atelier de renforcement des capacités destiné aux organisations de la société civile. Selon lui, la société civile constitue le « troisième secteur » de la société, aux côtés du secteur public et du secteur privé. Son indépendance et son rôle de veille citoyenne en font un partenaire stratégique dans la lutte contre les crimes financiers.
Tout en rappelant que cette démarche de sensibilisation notamment de la société civile n’est pas nouvelle, elle a commencé depuis 2012, le Directeur général du GIABA a souligné que l’objectif est de permettre à ces acteurs de mieux comprendre les mécanismes du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et des autres formes de criminalité transnationale afin de pouvoir identifier les risques, alerter les autorités compétentes et participer activement à la prévention. « Chaque année, les participants changent, mais le travail de sensibilisation se poursuit. Nous voulons que les organisations de la société civile sachent reconnaître les signes de ces phénomènes et collaborent avec les gouvernements nationaux pour les combattre », a-t-il indiqué.
Au-delà du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, le GIABA s’inquiète également de la progression d’autres formes de criminalité organisée dans la région, notamment le trafic de drogue, souvent associé aux circuits financiers illicites. Interrogé sur l’ampleur des flux financiers illicites en Afrique et particulièrement en Afrique de l’Ouest, le Directeur général du GIABA a dressé un constat préoccupant. Selon les données citées par l’institution, le continent africain perdrait chaque année plus de 50 milliards de dollars du fait des flux financiers illicites. Des ressources considérables qui échappent aux économies nationales et compromettent les efforts de développement. Même s’il n’a pas avancé de chiffre précis pour Afrique de l’Ouest, M. Harris estime que le phénomène atteint un niveau alarmant dans la sous-région.
Le responsable du GIABA a également insisté sur les conclusions des évaluations nationales des risques réalisées dans les États membres. Celles-ci mettent en évidence la corruption comme principale infraction génératrice de flux financiers illicites. Pour lui, la lutte contre ce fléau ne peut être menée uniquement par les institutions publiques ;elle exige une mobilisation collective. « Il est important que nous travaillions tous ensemble, y compris les journalistes et les organisations de la société civile, pour combattre ce phénomène », a-t-il plaidé.
UN APPEL A L’ENGAGEMENT CITOYEN
À travers cet atelier, le GIABA entend ainsi renforcer la participation des acteurs non étatiques dans les dispositifs nationaux et régionaux de lutte contre la criminalité financière. Face à la montée des trafics transnationaux, à la corruption et aux circuits financiers clandestins qui privent les États de ressources essentielles, l’institution régionale considère que la vigilance citoyenne et le plaidoyer des organisations de la société civile constituent des leviers indispensables pour préserver la gouvernance, la sécurité et le développement durable en Afrique de l’Ouest.
L’enjeu est de taille : récupérer des ressources qui pourraient être investies dans l’éducation, la santé, les infrastructures et l’emploi, plutôt que de disparaître dans les réseaux de la criminalité financière internationale.
Samba Niébé BA
L’article La société civile en Afrique de l’ouest : un acteur incontournable de la riposte contre le blanchiment de capitaux, selon le GIABA est apparu en premier sur Sud Quotidien.