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Face à l’aggravation de la pollution plastique en République démocratique du Congo (RDC), Greenpeace Afrique et le Secrétariat général du ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat ont réuni, jeudi à Kinshasa, les principaux acteurs publics et privés autour d’un atelier de consultation de deux jours consacré au renforcement du cadre juridique encadrant les emballages plastiques.
Cette rencontre rassemble des représentants des institutions publiques, de la société civile, du monde académique, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques. L’objectif est de formuler des recommandations destinées à améliorer la réglementation nationale et à renforcer les mécanismes de lutte contre la pollution plastique.
La problématique est devenue particulièrement préoccupante dans la capitale congolaise, où les déchets plastiques obstruent régulièrement les systèmes d’évacuation des eaux, accentuant les inondations, dégradant les écosystèmes urbains et représentant un risque croissant pour la santé publique. Malgré l’entrée en vigueur, en 2018, d’une réglementation limitant certains produits plastiques à usage unique, son application demeure insuffisante en raison des nombreuses dérogations et du manque de mécanismes de contrôle.
Au cours des travaux, plusieurs pistes de réforme sont examinées, notamment l’élimination progressive des plastiques à usage unique non essentiels, la mise en œuvre de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP), l’instauration d’un système de consigne pour les bouteilles plastiques, l’introduction de mécanismes fiscaux environnementaux ainsi que la promotion des systèmes de réemploi et de recharge, présentés comme des alternatives durables aux emballages jetables.
Pour Hellen Kahaso Dena, responsable de la campagne Plastiques de Greenpeace Afrique, cette consultation constitue une étape importante pour rendre la législation plus efficace. « Bien que la RDC ait adopté dès 2018 des mesures strictes interdisant les plastiques à usage unique, leur application demeure insuffisante en raison des nombreuses dérogations qui affaiblissent l’efficacité de cette réglementation. Cet atelier représente une opportunité cruciale pour les parties prenantes de renforcer cette législation afin qu’elle garantisse le niveau de protection environnementale auquel les citoyens congolais ont droit », a-t-elle déclaré.
Selon Greenpeace Afrique, le recyclage des déchets plastiques en RDC reste très limité, avec un taux estimé entre 1 % et 4 %. La majeure partie des déchets finit dans des décharges sauvages, les cours d’eau ou le fleuve Congo, aggravant les conséquences environnementales.
L’organisation plaide ainsi pour une approche fondée sur l’économie circulaire, privilégiant la réduction de la production des déchets à la source plutôt que leur simple gestion. « Pour prévenir durablement la production de déchets, développer une économie circulaire et créer des emplois verts, la RDC doit intégrer les systèmes de réemploi et de recharge dans ses politiques publiques et son cadre réglementaire. Cette transition viendra compléter les efforts existants tout en s’attaquant à la pollution plastique à sa source », a ajouté Hellen Kahaso Dena.
Les travaux doivent s’achever par l’adoption d’un ensemble de recommandations consensuelles qui seront soumises au gouvernement congolais. Les participants espèrent que ces propositions permettront de renforcer la réglementation sur les plastiques à usage unique et d’accélérer la transition vers des systèmes d’emballages plus durables, tout en consolidant la coopération entre les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les experts techniques et le secteur privé.
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