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Le Musée des Civilisations Noires (MCN) a accueilli hier, jeudi 9 avril 2026, la présentation de l’ouvrage du Géopolitologue Français Fondateur et directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), Pascal Boniface, consacré à vingt portraits de personnalités influentes, parmi lesquelles figure le Premier ministre Ousmane Sonko. Le chef du gouvernement, a livré un discours critique sur l’ordre international, dénoncé les ingérences occidentales et appelé l’Afrique à bâtir une souveraineté réelle, économique et culturelle, loin des modèles imposés.
La rencontre entre Ousmane Sonko et Pascal Boniface a permis aux deux hommes, bien que familiers des débats internationaux, d’échanger pour la première fois en personne. Le Premier ministre a salué « la profondeur des analyses » du géopolitologue français et son apport à la compréhension des mutations du système mondial. Toutefois, Sonko n’a pas manqué d’apporter un regard critique sur l’ouvrage, estimant que certaines lectures restent marquées par un prisme occidental. Selon lui, son engagement politique dépasse une simple trajectoire individuelle pour s’inscrire dans « une lutte historique pour l’émancipation et la souveraineté des peuples africains ».
Une critique frontale de l’ordre international
Dans une intervention aux accents géopolitiques affirmés, le Premier ministre a dénoncé les interventions militaires occidentales qu’il juge inefficaces et déstabilisatrices. Citant des conflits récents en Afghanistan, en Libye ou encore en Syrie, il a soutenu que ces guerres « n’ont produit que chaos et désordre », sans atteindre les objectifs proclamés de démocratie. Il a également remis en question la légitimité d’un modèle démocratique imposé de l’extérieur, affirmant que « la démocratie ne s’exporte pas » et que chaque peuple doit construire ses propres institutions en fonction de son histoire et de ses réalités.
Au cœur de son discours, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de transformer son patrimoine historique et culturel en levier de puissance. Revenant sur les grandes civilisations africaines de l’Égypte antique à l’empire du Mali de Kankou Moussa il a rappelé que le continent ne saurait être réduit à une image de dépendance ou de marginalité.
« L’indépendance politique sans indépendance économique n’est qu’une illusion », a-t-il martelé, appelant à repenser les modèles économiques, monétaires et culturels du continent.
Le chef du gouvernement a également dénoncé une souveraineté « formelle mais inachevée », pointant la dépendance persistante des économies africaines aux exportations de matières premières et aux conditionnalités extérieures.
Patriotisme et engagement collectif
Au-delà du diagnostic, Sonko a plaidé pour un patriotisme exigeant, fondé sur la discipline, la responsabilité et la capacité à faire des choix difficiles. Comparant les dynamiques actuelles aux grandes révolutions historiques, notamment la Révolution française, il a insisté sur le fait que les transformations profondes s’inscrivent dans la durée. Pour lui, la souveraineté ne se décrète pas : elle se construit à travers des politiques publiques cohérentes, une mobilisation citoyenne et une réappropriation des outils de décision.
Cette rencontre au Musée des Civilisations Noires aura ainsi été bien plus qu’une simple présentation d’ouvrage. Elle s’est imposée comme un espace de dialogue entre intellectuels et décideurs, où se croisent visions du monde, critiques du système international et aspirations africaines. La cérémonie, a permis aux différents intervenants de repenser la place de l’Afrique dans un monde en recomposition, en promouvant un partenariat international fondé sur le respect mutuel des États et la prise en compte effective des intérêts des populations.
LAMINE DIEDHIOU
L’article Présentation d’un ouvrage consacre à vingt portraits des personnalités les plus influentes au MCN : Ousmane Sonko plaide pour une souveraineté africaine assumée est apparu en premier sur Sud Quotidien.