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Réuni à Diamniadio, le Comité national de Gestion des Inondations fixe une feuille de route axée sur la prévention, la coordination et les actions structurantes.
À quelques semaines de l’hivernage, les autorités sénégalaises affinent leur stratégie de lutte contre les inondations. Réuni en session élargie, le Comité national de Gestion des Inondations (CNGI) a défini les priorités de l’année 2026, dans un contexte marqué par la recrudescence des événements climatiques extrêmes. Présidant la rencontre, le ministre en charge de l’Hydraulique a insisté sur la nécessité d’une réponse anticipée et coordonnée : « Cet hivernage sera placé sous le sceau de l’anticipation, d’une coordination renforcée et d’actions structurantes et préventives. »
Les prévisions météorologiques annoncées par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie et les analyses de la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau laissent entrevoir des risques de fortes pluies dans plusieurs zones du pays.
Dans ce contexte, les autorités entendent renforcer la préparation en amont. « Il s’agit d’évaluer notre niveau de préparation, d’identifier les contraintes et de formuler des réponses opérationnelles efficaces », a indiqué le ministre. Le retour d’expérience de l’hivernage 2025 met en évidence la nécessité : d’un meilleur ciblage des zones inondables ; du pré-positionnement des équipements de pompage ; de l’intégration du zonage réglementaire dans les documents d’urbanisme.
Le dispositif d’alerte connaît une amélioration notable avec la mise en service du radar météorologique de l’ANACIM en 2024. Un financement de 100 millions de FCFA a permis d’acquérir de nouveaux équipements hydrométéorologiques, renforçant ainsi la capacité de prévision et de surveillance en temps réel, notamment dans le triangle Dakar–Thiès–Mbour. Un système d’alerte précoce, capable de fournir des prévisions à très court terme (2 à 4 heures), permettra d’anticiper les épisodes pluvieux extrêmes.
Sur le terrain, les autorités appellent à une mobilisation accrue des structures techniques, dont l’Office national de l’Assainissement du Sénégal et la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.
« Les opérations de curage et de nettoyage doivent être intensifiées et finalisées avant fin juin », a insisté le ministre, rappelant qu’il faudra dépasser les 600 km de canaux entretenus en 2025. Les travaux de drainage en cours, notamment à Touba et Tivaouane, devront pour leur part être achevés avant fin juillet 2026.
Parmi les innovations majeures, la mise en place d’une plateforme numérique de suivi des interventions vise à améliorer la coordination entre les acteurs. Cet outil permettra de centraliser les données, de suivre les actions en temps réel et de renforcer la transparence dans la gestion des opérations. Le centre d’appel « Allô Inondation 200 406 » sera également davantage vulgarisé pour faciliter l’alerte citoyenne.
Une réforme du dispositif institutionnel est en cours, avec un renforcement du rôle de la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations. Chaque site critique fera l’objet d’un plan d’action spécifique avec une structure chef de file identifiée, afin d’éviter les chevauchements et d’améliorer l’efficacité des interventions. Les collectivités territoriales sont également appelées à jouer un rôle clé, notamment dans le curage des canaux et la gestion des déchets.
Dans un contexte de dérèglement climatique, les autorités appellent à une mobilisation générale. « L’anticipation, la réactivité et la synergie doivent guider notre action », a conclu le ministre. La rencontre de Diamniadio marque ainsi une étape importante dans la préparation de l’hivernage 2026, avec l’ambition de réduire significativement l’impact des inondations sur les populations.
MOUSSA THIAM
L’article Prévention hivernage 2026 : l’État renforce l’anticipation face aux risques d’inondations est apparu en premier sur Sud Quotidien.