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Sans détour ni langue de bois, le président Bassirou Diomaye Faye a passé en revue plusieurs dossiers sensibles : maintien des fonds politiques, désaccord avec la majorité parlementaire sur la réforme du Code électoral, relations avec Ousmane Sonko. Lors d’un entretien accordé le samedi 2 mai à la RTS, au Groupe Futurs Médias et au Groupe Walfadjri, le chef de l’État a levé le voile sur ses choix politiques et ses orientations institutionnelles, au cœur des enjeux actuels.
Les partisans de la suppression des fonds politiques devront prendre leur mal en patience. Interpellé sur la question, le samedi 2 mai, lors d’un entretien accordé à trois médias nationaux que sont la RTS (publique), le Groupe Futurs Médias et le Groupe Walfadjri (privés), le chef de l’État a relégué cette question aux calendes grecques, alors qu’elle occupait une place centrale dans la ligne politique de Pastef. Face à Pape Alé Niang, Moustapha Diop et Assane Gueye, le président de la République a même défendu le bien-fondé de ces fonds qui servent, selon lui, au financement des interventions présidentielles en cas de sollicitations.
« Les fonds politiques servent à l’intervention sociale. Le pays a besoin de faire du renseignement. Le président est appelé à manifester des solidarités internationales avec les pays voisins et à répondre à diverses sollicitations. Les fonds, c’est pour mener des actions sociales. Les supprimer, c’est enlever le pouvoir d’action du renseignement », a-t-il souligné. Il a précisé, par ailleurs, qu’une transparence totale pourrait parfois conduire à des interprétations erronées :« Si on disait tout, les Sénégalais auraient une autre impression. Donc, le contrôle ne doit pas être une contrainte. »
« Je n’ai pas compris la décision de la majorité parlementaire »
Le président de la République a exprimé son incompréhension face à la décision des députés du groupe majoritaire Pastef de présenter une proposition de loi portant réforme des articles L.29 et L.30 du Code électoral, pourtant déjà pris en compte dans ses avant-projets de réforme. Répondant à une interpellation lors de cet entretien avec les directeurs de la RTS, de Walf TV et Walf FM et de la RFM, le chef de l’État, tout en reconnaissant à l’Assemblée nationale sa prérogative de faire des propositions de loi, a indiqué ne pas voir l’urgence d’une telle procédure. « Je n’ai pas compris la décision de la majorité parlementaire d’inclure en procédure d’urgence les modifications des articles L.29 et L.30 du Code électoral, alors que nous étions dans une dynamique consensuelle », a-t-il déploré. Par ailleurs, s’exprimant sur le boycott annoncé par l’opposition, il a rappelé que nombre de ses membres ont été au pouvoir sans apporter de réformes majeures du processus électoral, les invitant à saisir l’opportunité du dialogue qu’il propose pour renforcer la démocratie.
« Si le Premier ministre ne bénéficie plus de ma confiance, on le change »
Lors de cet entretien, le chef de l’État est également revenu sur ses relations avec son Premier ministre, Ousmane Sonko. Il a tenu à préciser que si ce dernier est maintenu à son poste, c’est parce qu’il bénéficie de sa confiance. « Avec le Premier ministre, j’entretiens plusieurs types de relations. Il y a d’abord les rapports institutionnels. Tant qu’il est à ce poste, c’est parce qu’il a ma confiance. S’il ne bénéficie plus de ma confiance, on change de Premier ministre. Si je n’ai plus de satisfaction, je mets le Sénégal en avant et je procède au changement », a-t-il déclaré.
Il a également écarté toute possibilité de crise institutionnelle : « Il ne peut y avoir de crise institutionnelle. Le Premier ministre est nommé par décret par le président de la République. Et si je considère qu’il ne m’apporte plus satisfaction, il est remplacé. » Le président a évoqué, en outre, une relation personnelle bâtie sur près de 15 ans : « Nous nous connaissons depuis près de 15 ans. Il y a aujourd’hui des liens familiaux », a-t-il ajouté, précisant que leurs divergences politiques sont gérées avec responsabilité. « Si je dois lui parler, je le fais en privé. Je ne laverai pas cela sur la place publique. » Il a par ailleurs indiqué qu’il n’existe aucun pacte entre lui et Ousmane Sonko, jugeant sans objet le débat sur son éligibilité. Il a rappelé que ce dernier a recouvré ses droits civiques et participé aux derniers scrutins.
« Si Pastef ne fait pas attention, il se disloquera »
Ancien secrétaire général de Pastef jusqu’à son élection à la présidence, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son attachement au parti, tout en mettant en garde ses militants. Après avoir démissionné pour « se mettre au-dessus de la mêlée politique », il a rappelé son rôle dans la structuration du parti et insisté sur la nécessité d’un engagement collectif. « Le Sénégal n’a pas besoin de messie ni de héros, mais de citoyens conscients des enjeux », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Ousmane Sonko « n’a jamais cru au messianisme » a-t-il, fait remarquer avant de lancer à l’endroit de ses camarades. « Si les militants ne font pas attention à la trajectoire du parti, Pastef se disloquera. » Le président a également insisté sur la primauté du projet sur les individus :
« Ce parti, je l’ai bâti avec les patriotes. Personne n’est indispensable. Seul le projet compte et doit rester au-dessus de la mêlée. »
« Macky Sall ne m’a jamais parlé de sa candidature… »
Le chef de l’État est revenu sur l’absence de soutien du Sénégal à la candidature de son prédécesseur à un poste international. Il affirme avoir appris cette candidature par d’autres chefs d’État. « La candidature de Macky Sall, je l’ai apprise par certains de mes homologues. Il ne m’en a jamais parlé », a-t-il révélé. Il affirme également avoir subi des pressions pour soutenir cette candidature : « On a voulu m’imposer une forme de pression que je n’accepterai jamais. »
Selon lui, la procédure n’a pas respecté les règles au sein de l’Union africaine : « On ne peut pas nous imposer une procédure silencieuse, en 24 heures, de manière illégale. », a-t-il martelé avant de conclure en précisant que la position de neutralité du Sénégal ne constitue pas un désaveu, mais résulte d’un processus auquel le pays n’a pas été associé.
Nando Cabral Gomis
L’article Réforme code électoral, relations avec son premier ministre et le Pastef, fonds politiques, candidature de Macky : Bassirou Diomaye Faye sans masque est apparu en premier sur Sud Quotidien.