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Invité ce dimanche de l’émission Objection, Abdou Fall, président du parti And Nawle, a dressé un plaidoyer appuyé en faveur d’une profonde refonte du fonctionnement institutionnel au Sénégal. L’ancien ministre appelle à « entrer dans une nouvelle ère de démocratie » fondée sur un meilleur équilibre des pouvoirs et une reconnaissance effective de l’opposition.
Au cœur de son intervention, la question du statut du chef de file de l’opposition. Selon lui, ce statut, bien que déjà inscrit dans les textes, reste lettre morte. « Il faut que le statut du leader de l’opposition soit entériné. On l’a sur le papier, mais on ne lui a pas encore donné vie », a-t-il déploré, insistant sur la nécessité de le rendre pleinement opérationnel afin de renforcer le jeu démocratique.
Abdou Fall regrette par ailleurs le manque de volonté politique sur cette question, évoquant notamment son souhait que son propre camp s’en empare. « Les gens veulent tous avoir tout le pouvoir », a-t-il lancé, appelant au respect des sensibilités divergentes et à une pratique plus inclusive de la politique.
L’ancien ministre a également insisté sur l’urgence de redistribuer les pouvoirs au sommet de l’État. Revenant sur les élections législatives de 2022, il estime que le contexte avait révélé une forme de cohabitation de fait. « Si Pape Diop n’avait pas soutenu notre majorité, l’Assemblée n’aurait pas pu être installée », a-t-il rappelé, y voyant le signe d’une aspiration populaire à un rééquilibrage des institutions.
Dans cette perspective, Abdou Fall propose une évolution constitutionnelle inspirée du modèle français, permettant une cohabitation formalisée entre l’exécutif et une majorité parlementaire différente. Il cite en exemple les précédents en France entre François Mitterrand et Jacques Chirac, ou encore entre ce dernier et Lionel Jospin. « Si une nouvelle majorité s’exprime à l’Assemblée en cours de mandat, le pouvoir doit pouvoir se déplacer vers le Premier ministre », a-t-il expliqué, plaidant pour une clarification des règles du jeu institutionnel.
Abdou Fall évoque également des scénarios politiques nationaux pour illustrer son propos, citant notamment Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, afin de démontrer la nécessité d’un système capable d’absorber des majorités divergentes sans blocage institutionnel.
Enfin, le président d’And Nawle a mis en avant l’importance de renforcer la décentralisation. Défenseur d’une « République des territoires », il appelle à un transfert réel de compétences et de ressources vers les collectivités locales. « On a décentralisé sans déconcentrer », a-t-il regretté, estimant que le pouvoir et les moyens budgétaires restent trop concentrés entre les mains de l’exécutif central.
Pour Abdou Fall, le développement du pays passe nécessairement par des territoires autonomes, dotés de véritables leviers d’action économique et démocratique. Une réforme en ce sens permettrait, selon lui, de mieux répondre aux attentes des citoyens et de consolider les bases d’une gouvernance plus équilibrée et plus efficace.
Ousmane GOUDIABY
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