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Le Sénégal s’emploie résolument à rompre avec l’inertie qui a longtemps caractérisé la réhabilitation des sites miniers. Présidant hier, mardi 7 avril à Dakar, un atelier consacré à la validation de nouveaux textes réglementaires, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a érigé en priorité absolue l’opérationnalisation du Fonds de Réhabilitation des Sites Miniers et de Carrières (FRSMC).
« Nous ne saurions plus admettre qu’un instrument d’une telle portée stratégique, institué depuis plus de deux décennies, demeure inopérant », a martelé le ministre Diop, appelant à lever sans délai les entraves structurelles ayant compromis, jusqu’ici, la pleine effectivité du dispositif. Institué par le Code minier de 2003 et consolidé en 2016, le FRSMC a en effet pâti de multiples insuffisances, notamment l’absence d’une évaluation rigoureuse des coûts de réhabilitation, le déficit de données environnementales fiables, ainsi que les ambiguïtés juridiques entourant les garanties financières exigées des opérateurs.
Aux yeux du ministre, la réforme engagée répond à une double exigence d’ordre économique et environnemental. « Il s’agit, d’une part, de sécuriser les engagements financiers des entreprises minières et, d’autre part, d’intégrer pleinement les externalités environnementales dans l’économie du secteur », a-t-il souligné. Les textes en cours de finalisation devraient, à cet égard, préciser avec rigueur les modalités d’alimentation, de gestion et de décaissement du fonds, dans un souci affirmé de transparence et de conformité aux standards internationaux.
L’impulsion déterminante de cette dynamique procède, a rappelé le ministre, des plus hautes autorités de l’État. « Le président de la République a érigé ce chantier en priorité, traduisant une volonté ferme de mieux encadrer les retombées du secteur extractif », a-t-il indiqué, faisant référence aux orientations arrêtées lors du Conseil des ministres du 12 novembre 2025.
Dans cette perspective, un audit approfondi des Plans de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) a été engagé afin de mieux circonscrire les obligations des opérateurs. « L’élaboration d’un référentiel fiable des coûts de réhabilitation constitue une condition sine qua non pour asseoir la crédibilité et la prévisibilité du secteur », a précisé Birame Soulèye Diop.
Dans l’attente de l’entrée en vigueur du nouveau cadre juridique, des dispositions transitoires ont été adoptées. « Des accords ont été conclus avec les entreprises en vue d’assurer des contributions financières provisoires. Parallèlement, un programme de réhabilitation des sites dégradés a été lancé, avec des retombées attendues tant en matière d’emploi que de dynamisation des économies locales », a-t-il ajouté.
Au-delà des considérations environnementales, cette réforme s’inscrit dans une ambition plus vaste de transformation structurelle de l’économie nationale. « Le secteur minier doit s’affirmer comme un levier majeur de création de valeur, à la condition d’intégrer pleinement les impératifs sociaux et écologiques », a affirmé le ministre.
Réunissant administrations publiques, opérateurs industriels et représentants de la société civile, l’atelier de Dakar marque une étape décisive dans la consolidation du cadre normatif du secteur. « Notre ambition est de doter le Sénégal d’un mécanisme robuste, à même de garantir une exploitation durable de nos ressources naturelles, tout en renforçant l’attractivité du pays auprès des investisseurs », a conclu le ministre.
JEAN PIERRE MALOU
L’article Réhabilitation des sites miniers : vers l’opérationnalisation effective d’un fonds stratégique est apparu en premier sur Sud Quotidien.