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Invité de l’émission Objection sur Sud FM, hier, dimanche 21 juin, Seydou Guèye, docteur en sciences de gestion, ancien ministre et porte-parole de l’Alliance pour la République (APR), s’est exprimé sur plusieurs questions de l’actualité politique nationale, notamment par le projet de réforme constitutionnelle et le fonctionnement des institutions de la République.
Evoquant l’initiative parlementaire portée par la majorité, Seydou Guèye a d’emblée reconnu que « les députés ont le droit à l’initiative parlementaire, ça c’est incontestable ». Il considère toutefois, que la révision de la Constitution ne devrait pas emprunter exclusivement la voie parlementaire. A ses yeux, « la forme la plus indiquée est de passer par voie référendaire plutôt que par voie parlementaire », compte tenu de la portée du texte fondamental qui organise « notre cadre de vie, les relations entre acteurs politiques et la conduite des politiques de la nation ».
Pour le responsable de l’APR, le recours au référendum offrirait aux citoyens l’opportunité de se prononcer directement sur une question essentielle. « Ce que pense le citoyen sénégalais doit être pris en compte », a-t-il soutenu, tout en dénonçant l’existence d’une « majorité inféodée » au sein de l’Assemblée nationale.
L’ancien ministre a surtout fait part de ses préoccupations quant à l’évolution du processus législatif. « Le vrai danger, et ce qui m’angoisse le plus, c’est que la loi, dans notre pays, qui a toujours signifié l’expression de la volonté générale, est en train de devenir l’expression de la volonté du Pastef. Et ça, c’est un danger, très régressif et préoccupant », a-t-il déclaré.
Abordant ensuite les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et la majorité parlementaire, Seydou Guèye a écarté toute idée de cohabitation. « Pour moi, ce n’est pas de la cohabitation », a-t-il affirmé, estimant qu’une véritable cohabitation suppose « une perspective de fonctionnement harmonieux » et le respect scrupuleux des prérogatives de chaque institution. Dès lors, si l’objectif consiste à « déplacer le centre du pouvoir politique » vers l’Assemblée nationale, « on est dans la confrontation » et même dans « une crise de nos institutions ».
Sur le plan économique, le porte-parole de l’APR a estimé que les attentes des Sénégalais restent largement insatisfaites. « Depuis que le pouvoir est installé, il ne s’est absolument rien passé sinon des accusations sur la dette », a-t-il soutenu, évoquant des entreprises en difficulté, des activités contraintes de fermer leurs portes et des des ménages « étranglés ».
Interrogé enfin sur les perspectives politiques de son parti, Seydou Guèye a clairement affiché les ambitions de l’opposition. « Combattre le Pastef au quotidien, le battre en 2027 lors des élections territoriales, et le remplacer » au pouvoir constitue, selon lui, la ligne politique de l’APR, qu’il présente comme « le creuset de l’alternative » pour l’avenir du Sénégal.
Ousmane GOUDIABY
L’article Seydou Gueye sur la réforme constitutionnelle : « la loi (…) devient l’expression de la volonté de Pastef ». est apparu en premier sur Sud Quotidien.