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on - Jun 11 -
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Réuni hier, mercredi 10 juin 2026 à Dakar, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des prix de l’énergie, l’institution monétaire privilégie la stabilité afin de préserver la croissance et de contenir les risques inflationnistes au sein de l’Union.
Le taux minimum de soumission aux opérations d’injection de liquidité demeure fixé à 3%, tandis que le taux du guichet de prêt marginal reste à 5%. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements de crédit de l’Union est également maintenu à 3%. Ces niveaux sont en vigueur depuis le 16 mars 2026.
Présidant les travaux, le gouverneur de La BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a dressé un état des lieux de la conjoncture internationale, soulignant les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale. « Plus de trois mois après son déclenchement, cette crise exerce déjà des pressions significatives sur les prix des produits énergétiques et perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz », a-t-il indiqué.
Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), publiées en avril 2026, la croissance mondiale devrait ralentir à 3,1% en 2026, contre 3,4% en 2025. Dans le même temps, l’inflation mondiale est désormais attendue à 4,4%, contre 4,1% initialement prévu.
UNE INFLATION SOUS CONTRÔLE, MAIS DES RISQUES PERSISTANTS
Dans l’espace UEMOA, les premiers effets de la crise commencent à se faire sentir à travers la hausse des prix des carburants observés entre mars et mai 2026 dans plusieurs États membres. Ces tensions demeurent toutefois limitées grâce aux bonnes performances de la campagne agricole.
Le taux d’inflation s’est établi à -0,2% au premier trimestre 2026, après -0,8% au trimestre précédent. Pour l’ensemble de l’année, il devrait atteindre 1,6%, sous l’effet du renchérissement attendu des produits énergétiques et de certaines denrées alimentaires importées. La BCEAO estime néanmoins qu’une aggravation des tensions géopolitiques pourrait entraîner une hausse plus marquée des cours du pétrole et accentuer les pressions inflationnistes dans l’Union.
UNE CROISSANCE QUI RÉSISTE AUX CHOCS
Malgré un environnement international moins favorable, l’activité économique de l’Union demeure robuste. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel est ressortie à 6,1% au premier trimestre 2026, contre 6,5% au trimestre précédent.
Cette performance repose principalement sur le dynamisme des industries extractives et manufacturières, ainsi que sur les bons résultats du secteur agricole. Pour l’ensemble de l’année, la croissance économique est attendue à 6,1%, après 6,5% en 2025. Le financement de l’économie reste également bien orienté. Les crédits accordés au secteur privé ont progressé de 4,04% à fin mars 2026.
Sur le plan budgétaire, les États membres poursuivent leurs efforts de consolidation des finances publiques. Le déficit budgétaire global s’est réduit à 4,1% du PIB au premier trimestre 2026, contre 4,3% un an plus tôt. Les perspectives pourraient toutefois être affectées par les mesures de soutien mises en œuvre pour amortir les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient.
DES COMPTES EXTÉRIEURS EN AMÉLIORATION
La situation extérieure de l’Union continue de s’améliorer grâce à la progression des exportations d’hydrocarbures, d’or et de cacao, ainsi qu’à la mobilisation accrue de ressources extérieures par les États membres. Pour l’ensemble de l’année 2026, les comptes extérieurs pourraient néanmoins subir les effets d’une dégradation des termes de l’échange liée aux tensions géopolitiques actuelles.
Sur le marché monétaire, les conditions de financement se sont assouplies au premier trimestre 2026 grâce à l’amélioration de la liquidité bancaire et à la récente baisse des taux directeurs. Le taux d’intérêt à une semaine sur le marché interbancaire s’est ainsi replié à 4,26%.
Au cours de cette session, les membres du Comité de politique monétaire examineront également le rapport sur le rapatriement des recettes d’exportation à fin mars 2026, la situation du système bancaire de l’Union à la même date, ainsi que la synthèse des rapports des Conseils nationaux du crédit des États membres au titre de l’exercice 2025.
JEAN PIERRE MALOU
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