Posted by - senbookpro -
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Le Maroc s’impose comme le principal bénéficiaire des accords de pêche maritime conclus par l’Union européenne avec les pays du Sud depuis la fin des années 1970. Sur près de quarante-cinq années, le Royaume a concentré, à lui seul, une part décisive des soutiens financiers mobilisés dans ce cadre.
Selon une étude scientifique récente publiée par la revue Nature, le Maroc, conjointement avec la Mauritanie, a capté environ 75 % de l’enveloppe financière européenne destinée à ces accords, évaluée à près de 4,8 milliards d’euros. Pris individuellement, le Maroc apparaît comme le premier bénéficiaire de ces mécanismes, ayant perçu près du tiers de l’ensemble des aides européennes accordées au titre de la pêche maritime.
Au total, les montants cumulés reçus par le Maroc et la Mauritanie atteignent environ 3,5 milliards d’euros. Le Royaume se distingue également par un niveau de soutien sans équivalent, arrivant en tête de l’indicateur de « densité du soutien », avec 2,83 euros par unité de jauge brute, un record parmi l’ensemble des pays côtiers partenaires de l’Union européenne.
Les auteurs de l’étude soulignent que plus de 80 % du soutien financier alloué au Maroc est lié à la pêche des petites espèces pélagiques. Cette catégorie regroupe des espèces essentielles telles que la sardine, le maquereau, l’anchois ou encore le calmar. Scientifiquement classées parmi les « poissons fourragers », ces espèces jouent un rôle central dans l’équilibre des écosystèmes marins et le fonctionnement de la chaîne alimentaire.
Les chercheurs alertent toutefois sur les risques liés à l’exploitation intensive de ces ressources. Une pression excessive sur ces stocks pourrait, préviennent-ils, déséquilibrer durablement les écosystèmes marins et compromettre leur durabilité à long terme. L’étude met ainsi en évidence une corrélation étroite entre l’abondance des petites espèces pélagiques et le volume du soutien financier européen, ce qui explique pourquoi les pays disposant de réserves importantes — au premier rang desquels le Maroc et la Mauritanie — figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces financements.
Dans les eaux marocaines, cette exploitation repose notamment sur l’utilisation de senneurs et de chaluts pélagiques, des engins de pêche conçus pour capturer des volumes très importants de poissons sur des périodes courtes. Le rapport souligne par ailleurs que, dans l’espace maritime marocain, l’Espagne demeure l’acteur le plus dominant, en particulier dans la pêche des espèces pélagiques et démersales.
Entre 2008 et 2024, l’activité des chalutiers de fond et des dragues s’est révélée particulièrement marquée, aux côtés de flottes diversifiées recourant aux sennes coulissantes, aux palangres et aux filets fixes. À l’inverse, la présence de navires pratiquant la pêche à la ligne en haute mer est restée marginale.
L’étude retrace également une mutation structurelle profonde des accords de pêche entre le Maroc et l’Union européenne. Au milieu des années 1990, le soutien financier avait atteint son apogée : les compensations annuelles dépassaient alors 127 millions d’euros en 1995 et 1996, et plus de 500 navires, principalement spécialisés dans la pêche en eaux profondes — notamment des mollusques et des crustacés — opéraient dans ce cadre. À cette époque, les quotas de pêche des petites espèces pélagiques ne dépassaient pas 60.000 tonnes.
La situation a profondément évolué au cours des dernières années. En 2023, dernière année couverte par l’analyse, les compensations financières sont retombées à environ 42,4 millions d’euros, tandis que le nombre de navires de pêche démersale a chuté à un peu plus de 60 unités, soit une baisse proche d’un facteur dix-huit par rapport aux années 1990.
Parallèlement, la pêche pélagique a pris une importance croissante. Les quotas qui lui sont désormais consacrés atteignent environ 185.000 tonnes, réparties entre la pêche artisanale et les grandes flottes industrielles.
Enfin, le rapport souligne que le Maroc a constitué, au fil des décennies, un pilier central de la politique maritime européenne en dehors des frontières de l’Union. Ce modèle illustre une transition progressive : des accords historiquement centrés sur la pêche des espèces démersales vers un système reposant de plus en plus sur l’exploitation intensive des petites espèces pélagiques. Une évolution qui, selon les chercheurs, pose des défis environnementaux et de durabilité croissants, appelant des réponses rapides et adaptées.
The post Accords de pêche avec l’UE : Le Maroc et la Mauritanie concentrent 75 % des financements appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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