Posted by - senbookpro -
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Malgré des avancées en matière d’éducation et une perception globalement favorable de la participation des femmes à la vie publique, les inégalités entre les sexes continuent de marquer la société marocaine. C’est ce que révèle une enquête réalisée par le réseau Afrobarometer en partenariat avec le Global for Survey and Consulting (GSC), auprès d’un échantillon national de 1.200 citoyens marocains adultes.
Selon cette étude, 62 % des Marocains considèrent que les femmes devraient bénéficier des mêmes chances que les hommes pour se présenter aux élections et accéder à des fonctions politiques. Ce soutien varie toutefois fortement selon le sexe des répondants : il atteint 83 % chez les femmes, contre seulement 42 % chez les hommes. Plus de la moitié des hommes interrogés (53 %) estiment par ailleurs que les hommes restent de meilleurs dirigeants politiques que les femmes.
L’engagement politique féminin est néanmoins largement perçu comme un facteur de valorisation sociale. Ainsi, 87 % des personnes interrogées estiment que la candidature d’une femme à une élection lui procure, ainsi qu’à sa famille, davantage de reconnaissance et de considération au sein de son entourage local. Dans le même temps, 46 % des répondants anticipent que les candidates peuvent être exposées à des critiques, à des formes de harcèlement ou à des pressions sociales. Plus d’un tiers des femmes interrogées (35 %) considèrent également que l’entrée des femmes en politique peut être source de tensions et de conflits au sein du foyer.
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où le Maroc demeure en retrait sur le plan international en matière d’égalité entre les sexes. Le Royaume occupe en effet la 136e place sur 146 pays dans l’Indice mondial de l’écart entre les genres publié par le Forum économique mondial.
L’enquête met toutefois en évidence un rapprochement des niveaux d’instruction entre hommes et femmes. La proportion de personnes ayant accédé à l’enseignement postsecondaire atteint 35 % chez les hommes contre 33 % chez les femmes. Pour l’enseignement secondaire, les taux sont respectivement de 18 % et 19 %.
Les écarts demeurent en revanche significatifs lorsqu’il s’agit de la détention d’actifs et des ressources économiques. Seules 24 % des femmes possèdent un moyen de transport motorisé, contre 57 % des hommes. La détention d’un compte bancaire concerne 42 % des femmes, contre 65 % des hommes. De même, 68 % des femmes déclarent posséder un téléviseur, contre 84 % des hommes.
Certaines disparités apparaissent toutefois moins marquées. La possession d’un ordinateur atteint 31 % aussi bien chez les femmes que chez les hommes. L’accès au téléphone portable est également généralisé, avec des taux de 94 % chez les femmes et de 96 % chez les hommes.
L’étude souligne également l’existence d’inégalités dans la prise de décision au sein des ménages. Ainsi, 38 % des femmes déclarent laisser les décisions financières à leur conjoint ou à d’autres membres de la famille, contre 14 % des hommes. À l’inverse, 46 % des hommes affirment décider seuls de l’affectation des ressources du foyer, contre seulement 15 % des femmes.
Les représentations liées à l’emploi demeurent elles aussi marquées par des logiques de genre. Près de six Marocains sur dix (59 %) considèrent qu’en période de pénurie d’emplois, la priorité devrait être accordée aux hommes. Seuls 36 % des répondants se prononcent en faveur d’une égalité totale dans l’accès à l’emploi.
Le soutien à cette égalité varie fortement selon les profils. Il atteint 53 % chez les femmes, contre 19 % chez les hommes. Il est également plus élevé parmi les diplômés de l’enseignement supérieur (49 %) que chez les personnes analphabètes (27 %), dans les villes (41 %) que dans les campagnes (26 %), ainsi que parmi les catégories les plus aisées (39 %) par rapport aux catégories les plus modestes (22 %).
La question des droits fonciers et successoraux demeure également source de divergences. Au total, 42 % des personnes interrogées se déclarent favorables à l’octroi de droits égaux aux femmes et aux hommes en matière de propriété foncière et d’héritage. Cette proportion atteint 52 % chez les femmes, contre 33 % chez les hommes.
Paradoxalement, une majorité de Marocains estime que les femmes bénéficient déjà d’une égalité de traitement dans certains domaines. Ainsi, 62 % considèrent qu’elles disposent des mêmes opportunités d’emploi que les hommes. En revanche, seuls 34 % jugent que l’égalité des chances existe en matière de propriété ou d’héritage foncier.
Interrogés sur les priorités en matière de droits des femmes, 32 % des femmes citent en premier lieu les inégalités d’accès aux opportunités professionnelles et les écarts salariaux, contre 20 % des hommes. Les violences fondées sur le genre arrivent en deuxième position, mentionnées par 27 % des femmes et 12 % des hommes.
L’action publique en faveur de l’égalité recueille, quant à elle, une appréciation plutôt favorable. Au total, 63 % des Marocains se déclarent satisfaits des efforts du gouvernement pour promouvoir l’égalité des droits et des chances entre les femmes et les hommes. Ce taux atteint 69 % chez les hommes, contre 57 % chez les femmes. Il s’établit à 66 % dans les zones urbaines contre 58 % en milieu rural, et à 65 % parmi les catégories aisées contre 54 % parmi les catégories les plus défavorisées.
Malgré cette perception relativement positive, une majorité de femmes estime que les progrès restent insuffisants. Plus d’une femme sur deux (51 %) appelle à intensifier les efforts en faveur de l’amélioration de la condition féminine et de la protection des droits des femmes. À l’inverse, près d’un homme sur deux (48 %) considère que les mesures actuellement mises en œuvre sont suffisantes.
The post Afrobarometer : 59 % des Marocains privilégient les hommes en cas de pénurie d’emplois appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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