Posted by - senbookpro -
on - May 22 -
Filed in - Society -
-
12 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
À quelques jours de l’Aïd Al-Adha, les terminaux de transport à travers le Royaume, avec Casablanca en épicentre, connaissent une affluence vertigineuse. Entre le désir viscéral de retrouver les siens et l’angoisse d’un pouvoir d’achat érodé, le voyage de cette année s’annonce chargé d’enjeux.
C’est un rituel immuable qui transcende les crises : des milliers de Marocains s’apprêtent à converger vers leurs villes et villages d’origine pour célébrer la fête du sacrifice en famille. Hespress a pu prendre le pouls de ce grand chassé-croisé, jeudi, à la gare routière Ouled Ziane de Casablanca, la plus grande du pays. Sur place, l’ambiance est à la fois frénétique et épuisante. Les quais se remplissent à vue d’œil, les bagages s’amoncellent, et la foule s’entasse dans un brouhaha caractéristique, rendu encore plus chaotique par les travaux d’aménagement qui s’éternisent. On s’interroge sur les départs, on s’impatiente sous la chaleur, mais une seule certitude demeure : il faut partir.
Cependant, derrière l’enthousiasme des retrouvailles, l’anxiété financière est palpable. Comme chaque année à pareille époque, l’épineux débat sur le prix des billets ressurgit, mais il résonne cette fois dans un contexte économique particulièrement tendu. D’un côté, les professionnels du secteur tentent de rassurer ; de l’autre, les associations de consommateurs tirent la sonnette d’alarme et exigent des contrôles drastiques.
Nabil Safi, président de l’Instance marocaine de protection du consommateur, dresse un tableau pour le moins préoccupant. Pour lui, la conjoncture actuelle, marquée par une inflation tenace et exacerbée par les tensions géopolitiques mondiales (notamment la crise du détroit d’Ormuz), a déjà lourdement amputé le budget des ménages.
« Le mouton a absorbé la quasi-totalité du budget des familles, avec des prix qui atteignent parfois des sommets inédits cette année », déclare-t-il à Hespress. Il élargit ensuite le propos pour illustrer l’asphyxie financière des citoyens : « Le consommateur marocain fait face à des dépenses colossales qui s’enchaînent sans répit : l’animal du sacrifice, les vêtements pour les enfants, les courses du quotidien et, maintenant, le coup de grâce : le transport. »
Nabil Safi met le doigt sur une réalité psychologique et sociale que beaucoup subissent en silence : le tiraillement douloureux entre le devoir moral, quasi sacré, de maintenir les liens familiaux (Silat al-rahim) pendant l’Aïd, et la dure réalité de portefeuilles vidés. « C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des acteurs du transport à faire preuve d’une véritable conscience citoyenne », insiste-t-il.
Le responsable, également membre actif de la Fédération marocaine des droits du consommateur, exhorte les autorités de tutelle à une vigilance absolue. Le risque majeur, selon lui, n’est pas tant le tarif officiel affiché aux guichets, mais l’émergence des réseaux de courtiers informels (smasriya). « Il ne faudrait surtout pas que le voyageur, pris par l’urgence, tombe entre les mains de revendeurs sans scrupules qui monopolisent les billets pour gonfler les marges de façon totalement déraisonnable », avertit-il. Les associations réclament ainsi des patrouilles régulières et des sanctions exemplaires dans les gares.
Du côté des professionnels de la route, le discours se veut apaisant et solidaire, malgré les contraintes logistiques inhérentes à cette période. Historiquement, l’Aïd Al-Adha est un casse-tête pour les autocaristes : si les bus partent de Casablanca pleins à craquer, ils effectuent souvent le trajet inverse à vide, ce qui pousse traditionnellement certains opérateurs à majorer les prix à l’aller pour compenser leurs pertes.
Pourtant, Younes Boulak, président de la Fédération marocaine des petites et moyennes entreprises de transport routier, l’assure : cette année sera différente. Contrairement aux fluctuations abusives observées lors des saisons précédentes, une directive claire de stabilité semble prévaloir.
« Malgré nos propres défis liés aux coûts d’exploitation, les tarifs n’augmenteront pas de manière anarchique cette année », affirme-t-il à Hespress. « Les professionnels du secteur sont pleinement conscients de la fragilité sociale qui touche la majorité des voyageurs en cette période de crise. Nous tiendrons compte de cette réalité. »
Une promesse de solidarité que les milliers de voyageurs qui arpenteront les gares routières dans les prochains jours ne manqueront pas de vérifier au moment de passer à la caisse.
The post Aïd Al-Adha : les gares routières s'animent, les professionnels promettent des prix stables appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
At our community we believe in the power of connections. Our platform is more than just a social networking site; it's a vibrant community where individuals from diverse backgrounds come together to share, connect, and thrive.
We are dedicated to fostering creativity, building strong communities, and raising awareness on a global scale.