Posted by - senbookpro -
on - May 1 -
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Avec le soutien de la Banque africaine de développement, le régulateur marocain lance un programme pour stimuler l’innovation dans l’assurance et mieux couvrir les segments encore largement exclus. Une initiative qui entend conjuguer réforme réglementaire, transformation des usages et montée en compétence des acteurs.
Le chantier de l’inclusion financière au Maroc franchit un nouveau cap, cette fois sur le terrain assurantiel. L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (Acaps), en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), engage un programme dédié à l’essor de l’InsurTech, avec une ambition claire : rendre l’assurance plus accessible, plus lisible et mieux adaptée aux réalités sociales du pays.
Inscrit dans un horizon courant jusqu’à fin 2028, le dispositif mobilise un financement global de 680.000 dollars, dont l’essentiel provient de la Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI), gérée par la BAD. Au-delà du montant, relativement modeste, c’est la logique d’intervention qui marque une inflexion : agir simultanément sur le cadre réglementaire et sur la dynamique de marché.
Une première séquence du programme vise précisément à combler un déficit de connaissance encore manifeste sur l’état réel de l’inclusion assurantielle au Maroc. Il s’agit de produire des données plus fines, mais aussi d’identifier les freins juridiques et institutionnels qui entravent l’émergence de modèles innovants. Dans cette perspective, une étude approfondie doit proposer des ajustements réglementaires, en tenant compte des besoins spécifiques des porteurs de projets InsurTech. L’hypothèse d’un dispositif de type “bac à sable réglementaire”, en coordination avec Bank Al-Maghrib et le ministère de l’Économie et des finances, est également envisagée afin de tester de nouveaux produits dans un environnement sécurisé.
Ce travail sera complété par une nouvelle édition du Baromètre de la pénétration de l’assurance, conçue comme une photographie détaillée des usages, segmentée selon des critères socioéconomiques, territoriaux et démographiques. L’objectif est double : objectiver les inégalités d’accès et mieux orienter les politiques publiques.
La deuxième composante du programme adopte une approche plus opérationnelle, en cherchant à déclencher des dynamiques concrètes d’innovation. Elle repose notamment sur le déploiement d’une nouvelle édition du programme « Émergence », qui élargit son périmètre initial. Là où la première phase se concentrait principalement sur l’offre, cette version intègre pleinement la dimension des usages, en associant bénéficiaires finaux et professionnels autour d’une logique de co-construction. Assureurs, intermédiaires, startups et utilisateurs sont ainsi invités à concevoir ensemble des solutions susceptibles de répondre à des besoins jusque-là peu adressés.
Parallèlement, un effort structuré sera consacré à l’accompagnement du changement, tant du côté du régulateur que des acteurs du marché. Des sessions de formation ciblées sont prévues pour renforcer les capacités de supervision de l’InsurTech, mais aussi pour faciliter l’appropriation de ces innovations par les compagnies, les courtiers et les institutions concernées. L’Acaps prévoit également de mettre en ligne un référentiel des startups InsurTech, afin de structurer la visibilité de cet écosystème encore émergent et de favoriser les synergies avec les acteurs traditionnels. Un guide pratique destiné aux porteurs de projets viendra compléter cet arsenal, en clarifiant les exigences réglementaires et les étapes de développement.
À l’horizon 2028, les objectifs affichés restent mesurés mais ciblés : accompagner au moins une réforme réglementaire, identifier une dizaine de cas d’usage en matière d’assurance inclusive – dont plusieurs orientés vers les femmes et les jeunes – et renforcer les compétences internes du régulateur.
En toile de fond, le diagnostic est connu mais persistant. Malgré une croissance soutenue du secteur, le taux de pénétration de l’assurance demeure limité, autour de 3,9%, et les produits facultatifs peinent à trouver leur public. Les disparités territoriales et sociales restent marquées, notamment dans les zones rurales et parmi les populations à faibles revenus. Le séisme récent a brutalement rappelé le coût de cette sous-couverture, en exposant la vulnérabilité de larges franges de la population face aux risques.
The post Assurance : l’Acaps mise sur l’InsurTech pour corriger les angles morts du marché appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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