Posted by - senbookpro -
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LG Energy Solution (LGES) a sollicité un soutien financier auprès de la banque publique coréenne Korea Eximbank afin de concrétiser son projet d’usine de raffinage d’hydroxyde de lithium au Maroc. Cet investissement stratégique, développé avec le groupe chinois Yahua, s’inscrit dans la volonté du Royaume de renforcer sa place dans la chaîne de valeur mondiale des batteries destinées aux véhicules électriques.
Le projet marocain de LG Energy Solution semble entrer dans une nouvelle phase. D’après des informations publiées par la presse économique coréenne, le fabricant de batteries pour véhicules électriques a demandé à la banque publique Korea Eximbank un financement d’environ 100 milliards de wons, soit près de 68 millions de dollars, afin d’accompagner la réalisation de sa future usine de raffinage d’hydroxyde de lithium au Maroc.
Le dispositif actuellement à l’étude combinerait une prise de participation et un prêt, dans le cadre du fonds mis en place par l’établissement financier coréen pour soutenir les investissements liés aux minéraux critiques et aux technologies énergétiques.
Cette demande intervient alors que le projet, annoncé en 2023, a connu plusieurs mois de ralentissement dans un contexte marqué par l’essoufflement du marché mondial des véhicules électriques. Malgré un redressement de ses résultats opérationnels au deuxième trimestre 2026, LG Energy Solution continue d’adapter sa stratégie d’investissement afin de sécuriser ses approvisionnements en matières premières essentielles à la fabrication de batteries à haute densité énergétique.
Un investissement structurant pour le Maroc
Le partenariat entre LG Energy Solution et le groupe chinois Yahua remonte à avril 2023. Les deux entreprises avaient alors décidé de créer au Maroc une unité de production d’hydroxyde de lithium, un composé indispensable à la fabrication des batteries lithium-ion à cathodes nickel-cobalt-manganèse (NCM), particulièrement recherchées pour les véhicules offrant une grande autonomie.
Le projet a franchi une étape décisive en 2025 lorsque le gouvernement marocain l’a classé parmi les investissements industriels stratégiques du Royaume. Dans la foulée, les représentants des deux groupes avaient rencontré le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, afin de finaliser une première phase d’investissement estimée à 5,5 milliards de dirhams.
Cette première tranche devrait générer plus de 430 emplois qualifiés et contribuer à l’émergence d’un véritable écosystème national autour des matériaux destinés aux batteries électriques. Les discussions se poursuivent depuis avec les autorités marocaines, notamment l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), sur les conditions d’implantation du projet.
Au-delà de son impact économique, cette future usine renforcerait l’ambition du Maroc de devenir une plateforme industrielle incontournable pour la mobilité électrique, à la faveur de son industrie automobile, de son réseau d’accords de libre-échange et des nombreux investissements déjà annoncés dans la chaîne de valeur des batteries.
Les nouvelles règles américaines rebattent les cartes
Le dossier évolue toutefois dans un environnement international devenu plus complexe. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche s’est accompagné d’un durcissement de la politique américaine à l’égard des chaînes d’approvisionnement intégrant des intérêts chinois.
Les nouvelles dispositions américaines limitent notamment les avantages fiscaux accordés aux projets dans lesquels les capitaux ou les matières premières d’origine chinoise dépassent certains seuils. Cette évolution pourrait affecter les modèles industriels reposant sur des partenariats sino-étrangers, y compris lorsqu’ils sont implantés dans des pays tiers bénéficiant d’accords de libre-échange avec les États-Unis.
Dans ce contexte, Séoul cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en lithium raffiné, dont une large part provient encore de Chine. Les autorités coréennes misent également sur le renforcement de leurs relations économiques avec le Maroc. Les deux pays ont ainsi lancé en juin dernier les négociations d’un accord de partenariat économique global (CEPA), destiné à faciliter les investissements et à améliorer l’accès des entreprises coréennes au marché marocain.
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