Posted by - senbookpro -
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L’amélioration des rentrées fiscales ne suffit pas à compenser l’accélération des dépenses publiques. À fin mai, le déficit budgétaire atteint 30,1 milliards de dirhams, sous l’effet conjugué de la hausse des dépenses de personnel, de l’investissement public et des charges de fonctionnement.
L’exécution budgétaire des cinq premiers mois de 2026 met en évidence un paradoxe : les recettes progressent, mais les dépenses augmentent encore plus rapidement. À fin mai, le déficit budgétaire atteint 30,1 milliards de dirhams, contre 26,7 milliards un an auparavant.
Selon la Situation des charges et ressources du Trésor publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, cette évolution résulte d’une hausse des dépenses de 16,6 milliards de dirhams, supérieure à celle des recettes, qui ont progressé de 13,3 milliards. L’exécution de la loi de finances intervient dans un environnement international marqué par la persistance des incertitudes, liées notamment aux tensions commerciales et géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient.
Sur le plan national, les importantes précipitations enregistrées depuis le début de l’année ont amélioré les conditions de la campagne agricole 2025-2026, avec une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux. Les activités non agricoles continuent également d’évoluer favorablement, malgré les perturbations temporaires causées par les intempéries des deux premiers mois de l’année, notamment dans le BTP ainsi que dans la pêche côtière et artisanale.
L’impôt sur les sociétés dope les recettes
Les recettes ordinaires nettes atteignent 171,4 milliards de dirhams à fin mai, en hausse de 8,4 % par rapport à la même période de 2025, soit un taux de réalisation de 39,6 % des prévisions de la loi de finances. Les recettes fiscales progressent de 11,6 milliards de dirhams, soit +8 % sur un an.
La principale contribution provient de l’impôt sur les sociétés, dont les recettes bondissent de 24,2 % pour atteindre 47,1 milliards de dirhams. Cette performance s’explique par la forte progression des versements spontanés des entreprises, portée notamment par le premier acompte et les compléments de régularisation. L’IS affiche ainsi un taux de réalisation de 49,8 % des prévisions annuelles après cinq mois d’exécution budgétaire.
L’impôt sur le revenu recule de 2 %, mais cette baisse tient essentiellement à un effet de comparaison avec la recette exceptionnelle liée à la régularisation fiscale volontaire enregistrée à fin mai 2025. Hors cet élément, les recettes de l’IR auraient progressé de 11,1 %, soutenues notamment par l’IR retenu sur les profits de cession de valeurs mobilières et l’IR retenu sur les salaires.
La TVA progresse également de 4,3 %, portée surtout par la TVA à l’importation. Les taxes intérieures de consommation augmentent de 2,3 %, les droits de douane de 3,9 % et les droits d’enregistrement et de timbre de 8,5 %. Les recettes non fiscales atteignent, pour leur part, 13,4 milliards de dirhams, provenant notamment des versements des établissements et entreprises publics, dont Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière.
Les dépenses accélèrent sous l’effet du dialogue social et de l’investissement
En face, les dépenses ordinaires s’établissent à 172,1 milliards de dirhams, en hausse de 18,2 milliards par rapport à fin mai 2025. Cette évolution s’explique notamment par l’augmentation des dépenses de biens et services, qui progressent de 16,2 milliards de dirhams, ainsi que par la hausse des intérêts de la dette de 2 milliards.
Les dépenses de personnel augmentent de 6,8 milliards de dirhams, sous l’effet des mesures décidées dans le cadre du dialogue social. Les dépenses relatives aux autres biens et services progressent, elles, de 9,4 milliards de dirhams, principalement en raison de l’augmentation des transferts au profit de divers établissements et entreprises publics.
Les charges de compensation restent quasiment stables à 9,1 milliards de dirhams. En parallèle, les dépenses d’investissement atteignent 51,1 milliards de dirhams, en hausse de 17 % sur un an, avec un taux de réalisation de 44,5 % par rapport aux prévisions de la loi de finances.
Cette dynamique se traduit par un solde ordinaire déficitaire de 679 millions de dirhams, contre un excédent de 4,3 milliards un an auparavant. Les comptes spéciaux du Trésor dégagent toutefois un excédent de 21,7 milliards de dirhams, contre 12,7 milliards à fin mai 2025, contribuant à limiter le besoin de financement.
Celui-ci ressort à 37,1 milliards de dirhams, contre 44,6 milliards un an plus tôt. Les mobilisations nettes se sont établies autour de 22,2 milliards de dirhams sur le marché domestique, tandis que les emprunts extérieurs nets ont atteint 21,1 milliards de dirhams.
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