Posted by - senbookpro -
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À quelques semaines de l’entrée en vigueur d’une réglementation française interdisant le démarchage téléphonique sans consentement préalable, le secteur de l’offshoring marocain retient son souffle. Le couperet ministériel est tombé : entre 40.000 et 50.000 postes sont directement menacés, provoquant déjà des vagues de licenciements et des fermetures brutales de structures.
Le compte à rebours est lancé pour les centres d’appel installés au Royaume. Dès le 11 août 2026, la nouvelle législation française interdisant le démarchage téléphonique non sollicité entrera en vigueur. Une décision prise à Paris, mais dont l’onde de choc s’apprête à frapper de plein fouet l’économie marocaine. Les petites et moyennes structures spécialisées dans la télévente, ultra-dépendantes du marché hexagonal, se retrouvent en première ligne de ce séisme industriel.
Face à cette menace imminente, les représentants syndicaux du secteur ont tenu une réunion de crise à Casablanca, aux côtés de leurs homologues français et tunisiens. Pour les acteurs du marché, l’application de cette loi, combinée à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle dans les métiers de la relation client, risque d’accélérer une crise sociale majeure dont les premiers signes visibles apparaissent déjà sur le terrain.
Sur le front de l’emploi, la crise n’est plus une simple projection statistique. Les premiers dégâts sociaux sont bien réels, comme la Fédération nationale des centres d’appel et des métiers de l’offshoring. Elle tire la sonnette d’alarme sur la situation précaire de plusieurs salariés, expliquant que certaines entreprises annoncent déjà leur fermeture sans respecter les procédures légales, prétextant une incapacité financière à verser les indemnités réglementaires.
À Casablanca, le cas récent d’une structure dont le dirigeant a quitté le territoire en laissant les locaux définitivement clos illustre la détresse des employés. Malgré des décisions de justice en leur faveur, ces derniers n’ont jamais pu obtenir réparation. Face à ces dérives et à des départs négociés souvent conclus au rabais, les syndicats pointent du doigt le manque d’anticipation des autorités et réclament d’urgence des mesures concrètes d’accompagnement.
Devant l’ampleur des conséquences économiques, une coordination syndicale inédite s’est mise en place entre le Maroc, la Tunisie et la France. L’objectif est double : interpeller les donneurs d’ordre français sur leur devoir de vigilance tout au long de leur chaîne d’approvisionnement, et pousser les gouvernements maghrébins à ouvrir un canal de dialogue avec Paris afin d’atténuer les effets d’une législation qui dépasse largement les frontières de l’Europe.
Les syndicats rappellent que des milliers de jeunes professionnels ont grandement contribué à l’essor et à la compétitivité des entreprises françaises ces deux dernières décennies. Ils estiment que la responsabilité de cette transition doit être partagée et que les salariés ne peuvent pas être les seules variables d’ajustement de cette mutation technologique et réglementaire.
Si le gouvernement marocain prône une montée en gamme de l’offshoring vers des activités à plus forte valeur ajoutée, les professionnels estiment qu’une reconversion immédiate de dizaines de milliers de téléconseillers relève de l’utopie. Le manque d’anticipation est d’autant plus regrettable que le vote de cette loi était connu depuis plus d’un an par les autorités compétentes.
Pour amortir le choc à court terme, la diversification vers le marché national apparaît comme l’alternative la plus viable. Le développement de services clients externalisés dédiés aux administrations publiques, aux établissements étatiques et aux grandes entreprises marocaines pourrait permettre de sauver une partie des emplois menacés.
Réagissant à cette décision de l’Etat français, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, avait déjà, en mars dernier, affirmé que la nouvelle loi française sur le démarchage téléphonique menace près de 80% du chiffre d’affaires du secteur des centres d’appel au Maroc.
Dans une réponse écrite à une question parlementaire, le ministre avait expliqué que « cette loi ne se limite pas à l’interdiction du démarchage téléphonique, mais inclut également des restrictions sur les communications non sollicitées ».
Tout en appelant à « une intervention urgente pour contenir les effets potentiels sur le marché du travail », Sekkouri avait souligné que le marché des centres d’appel au Maroc constitue l’un des secteurs clés ayant réussi à attirer d’importants investissements. En 2023, les investissements dans ce secteur ont atteint environ 1,3 milliard de dirhams, confirmant ainsi son rôle d’attracteur d’investissements directs étrangers (IDE).
The post Centres d’appel : panique et flou avant l'entrée en vigueur en août de la loi française interdisant le démarchage téléphonique appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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