Posted by - senbookpro -
on - 39 minutes ago -
Filed in - Society -
-
1 View - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
L’Afrique du Nord et les pays arabes continuent d’afficher les taux de chômage des jeunes les plus élevés au monde. C’est le principal constat du rapport 2026 de l’Organisation internationale du travail (OIT) consacré aux tendances mondiales de l’emploi des jeunes, qui met en garde contre l’aggravation des obstacles structurels freinant l’intégration des nouvelles générations dans le marché du travail.
L’étude intervient dans un contexte marqué par l’essoufflement de la reprise observée après la pandémie de Covid-19. Selon l’OIT, le ralentissement de la croissance mondiale, les tensions géopolitiques et l’accélération des transformations technologiques ont progressivement affaibli les effets positifs du rebond économique post-pandémie. Cette évolution se traduit notamment par une hausse du nombre de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Leur proportion est passée de 19,7 % en 2023 à 20 % en 2025, soit neuf millions de personnes supplémentaires, portant leur effectif total à 257 millions de jeunes à travers le monde.
Après avoir atteint son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans en 2023, le chômage mondial des 15-24 ans est reparti légèrement à la hausse. En 2025, il s’est établi à 12,4 %, représentant près de 67 millions de jeunes sans emploi. Cette dégradation a concerné huit des onze sous-régions étudiées par l’organisation, les progressions les plus marquées ayant été enregistrées en Afrique du Nord, en Amérique du Nord ainsi qu’en Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest.
Le rapport souligne également la persistance des inégalités entre les sexes. En 2025, les jeunes femmes représentaient plus des deux tiers des jeunes exclus simultanément du travail, de l’éducation et de la formation. Leur taux de NEET a atteint 27,4 %, contre 13,1 % pour les hommes. L’OIT attribue cet écart à plusieurs facteurs, notamment le poids des tâches domestiques non rémunérées, les discriminations et l’accès limité aux emplois de qualité. Le taux d’emploi des jeunes hommes s’élève ainsi à 43,3 %, contre seulement 30,6 % pour les jeunes femmes. Une situation particulièrement marquée en Afrique du Nord, dans les pays arabes et en Asie du Sud, malgré une réduction progressive des écarts de scolarisation entre les sexes.
C’est toutefois dans les régions d’Afrique du Nord et du monde arabe que les difficultés apparaissent les plus prononcées. D’après le résumé exécutif du rapport, plus d’un jeune actif sur cinq y est au chômage. Les taux atteignent respectivement 22,6 % en Afrique du Nord et 26,2 % dans les pays arabes. Parallèlement, près d’un tiers des jeunes de ces deux régions ne sont engagés ni dans une activité professionnelle ni dans un parcours éducatif ou de formation, avec des taux de 30,1 % et 32,4 %. Pour l’OIT, ces indicateurs traduisent l’existence de barrières structurelles persistantes qui empêchent une partie importante des jeunes talents d’intégrer pleinement l’économie formelle.
À l’inverse, l’Afrique subsaharienne présente un taux de chômage relativement faible, estimé à 8,4 %. Mais cette performance statistique masque une réalité plus fragile. L’organisation relève que près de neuf jeunes sur dix y occupent des emplois informels ou temporaires, souvent dépourvus de protection sociale et de stabilité. La région fait également face à une forte pression démographique puisqu’elle concentre à elle seule les deux tiers de la croissance mondiale de la population jeune.
L’OIT observe par ailleurs que les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes ne sont plus l’apanage des économies émergentes. En Amérique du Nord, le chômage des jeunes est passé de 8,3 % en 2023 à 9,8 % en 2025. Dans vingt pays européens, les diplômés du secondaire et du supérieur se heurtent à une capacité d’absorption plus limitée des économies, alors même que le chômage des adultes continue de diminuer pour atteindre 3,6 %. Le rapport souligne que le taux de chômage des jeunes est désormais 3,4 fois supérieur à celui des adultes, illustrant l’écart croissant entre la progression de la population jeune et le rythme de création des emplois.
Le document attire enfin l’attention sur les effets potentiels de l’intelligence artificielle. Selon ses estimations, 6,1 % des emplois occupés par les 15-29 ans sont fortement exposés à une automatisation de leurs tâches. Si seulement 10 % de ces postes disparaissaient, près de 5,6 millions de jeunes pourraient être confrontés au chômage ou sortir durablement du marché du travail. Les métiers administratifs, les fonctions de soutien, certains services et plusieurs professions techniques liées à l’industrie figurent parmi les plus vulnérables, tandis que les secteurs à forte intensité de connaissances — sciences, ingénierie, santé ou technologies de l’information — continuent d’enregistrer une croissance soutenue.
Face à ces constats, l’OIT appelle les gouvernements et les partenaires sociaux à déployer des stratégies intégrées reposant sur quatre leviers : la création d’emplois à travers des politiques économiques et sectorielles sensibles aux enjeux de genre, le renforcement de l’éducation et de l’apprentissage, l’accompagnement de la transition vers le marché du travail et l’élargissement de la protection sociale. L’organisation plaide également pour une gouvernance de l’intelligence artificielle centrée sur l’humain, associée à des investissements dans les compétences techniques et cognitives, à la modernisation des services publics de l’emploi et au renforcement de la coopération internationale.
The post Chômage des jeunes : L’Afrique du Nord affiche un taux de 22,6 %, parmi les plus élevés au monde appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
At our community we believe in the power of connections. Our platform is more than just a social networking site; it's a vibrant community where individuals from diverse backgrounds come together to share, connect, and thrive.
We are dedicated to fostering creativity, building strong communities, and raising awareness on a global scale.