Posted by - senbookpro -
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Le secteur bancaire marocain continue de composer avec un déficit de liquidité entretenu par l’expansion de la masse fiduciaire. Face au drainage continu des dépôts par l’argent liquide, Bank Al-Maghrib maintient un soutien important pour préserver l’équilibre financier.
Au Maroc, la prépondérance de l’argent liquide dans les transactions quotidiennes constitue le principal facteur d’assèchement des ressources bancaires. Bien que le contexte macroéconomique affiche une dynamique positive, soutenue par une croissance solide et la reprise des investissements, la fuite constante des billets hors du système bancaire institutionnel continue de restreindre les disponibilités des établissements de crédit.
Chaque billet extrait des comptes sous forme de retrait retire une ressource collectée par la banque, l’empêchant d’être réemployée immédiatement dans le circuit financier. Ce phénomène structurel crée un décalage récurrent entre les besoins d’octroi de crédits aux ménages et aux entreprises, et le niveau des ressources stables réellement disponibles au bilan des banques commercialisées.
Afin de pallier la fuite du fiduciaire et garantir le financement continu de l’économie, Bank Al-Maghrib joue pleinement son rôle de régulateur en apportant un soutien régulier au marché monétaire. Par le biais d’injections de liquidité et d’opérations de refinancement à court et moyen termes, l’autorité monétaire couvre les besoins du secteur bancaire pour maintenir des conditions d’octroi de crédit fluides.
Cette présence affirmée de la Banque Centrale permet de stabiliser les taux d’intérêt interbancaires et de préserver les ratios de liquidité réglementaires imposés aux établissements financiers. Toutefois, cette perfusion continue illustre la forte dépendance du secteur bancaire vis-à-vis des guichets de la banque centrale pour compenser l’effet d’aspiration exercé par l’argent liquide.
Au-delà de la préférence traditionnelle pour le comptant, le secteur bancaire fait face à une évolution significative des habitudes d’épargne des agents économiques. Au cours de la dernière décennie, la part des dépôts à terme a nettement régressé au profit des dépôts à vue ou de placements sur d’autres instruments financiers en quête de rentabilité.
Les ménages et les entreprises privilégient désormais la disponibilité immédiate des fonds au détriment des placements bloqués à plus long terme. Ce glissement vers des ressources plus volatiles fragilise l’adossement de la trésorerie des banques, lesquelles se trouvent contraintes d’adapter leur gestion actif-passif à des ressources à vue moins prévisibles.
Face à ce défi persistant, l’accélération de l’inclusion financière et la promotion des moyens de paiement électroniques apparaissent comme des leviers fondamentaux. Bien que la numérisation des paiements gagne du terrain, l’attachement au cash demeure ancré dans les pratiques socio-économiques. Rediriger durablement ces flux vers le circuit bancaire formel constituera l’un des enjeux majeurs pour alléger la pression sur la liquidité et renforcer la solidité financière globale.
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