Posted by - senbookpro -
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Le rapport annuel 2025 sur la supervision bancaire montre que la mission de Bank Al-Maghrib dépasse désormais largement le contrôle des ratios financiers. Face à l’essor des technologies, aux risques climatiques et aux nouvelles formes de criminalité financière, la Banque centrale élargit son champ d’action et prépare le secteur bancaire à une nouvelle génération de défis.
Pendant longtemps, la supervision bancaire s’est principalement concentrée sur quelques grands indicateurs : la solvabilité des établissements, leur liquidité, la qualité de leurs portefeuilles de crédits ou encore leur rentabilité. Ces fondamentaux demeurent au cœur de la mission de Bank Al-Maghrib. Mais le rapport annuel sur la supervision bancaire au titre de l’exercice 2025 révèle une évolution plus profonde. La Banque centrale prépare désormais le système bancaire à faire face à des risques d’une nature nouvelle, qu’il s’agisse des cyberattaques, de la transition climatique, des cryptoactifs ou encore de l’émergence des services financiers numériques.
Cette transformation répond à un constat simple : la stabilité financière ne dépend plus uniquement des équilibres comptables. Elle repose également sur la capacité des banques à protéger leurs systèmes d’information, à intégrer les nouvelles exigences environnementales, à accompagner l’innovation technologique tout en maîtrisant les risques qui l’accompagnent et à préserver la confiance des clients dans un univers financier en pleine mutation.
Le rapport met ainsi en évidence l’importance croissante accordée aux risques dits « émergents ». En matière de cybersécurité, Bank Al-Maghrib indique avoir poursuivi le renforcement de son dispositif de supervision du cyber-risque, dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation digitale du secteur bancaire et l’intensification des cybermenaces. Cette démarche s’accompagne d’une coordination renforcée avec la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI), afin d’améliorer les capacités de prévention et de réaction face aux incidents susceptibles d’affecter les établissements de crédit.
La Banque centrale accorde également une place grandissante aux enjeux liés au changement climatique. Au cours de l’année 2025, elle a consolidé son cadre réglementaire en adoptant des directives relatives à la publication d’informations sur les risques climatiques ainsi qu’à la collecte de données concernant l’exposition des grands emprunteurs à ces risques. Elle participe par ailleurs à la préparation d’une taxonomie financière verte nationale et à la mise en œuvre de la stratégie de finance climat à l’horizon 2030, tout en accompagnant les banques dans la planification de leur transition.
Ces évolutions traduisent une approche plus prospective de la supervision bancaire. L’objectif n’est plus seulement d’évaluer la situation actuelle des établissements, mais aussi leur capacité à absorber les chocs futurs, qu’ils soient technologiques, environnementaux ou géopolitiques.
La transformation engagée par Bank Al-Maghrib concerne également le développement des nouveaux services financiers.
Le rapport souligne la poursuite des efforts destinés à structurer l’écosystème national des fintech. L’année 2025 a notamment été marquée par le démarrage effectif des activités de financement collaboratif, accompagné de la mise en place d’un dispositif spécifique de suivi de cette activité. En parallèle, la Banque centrale a publié le Guide du Parcours Fintech afin de faciliter les démarches des entreprises innovantes souhaitant interagir avec le régulateur.
Autre chantier majeur : l’Open Banking. Avec l’appui technique de la Banque mondiale et en concertation avec le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Bank Al-Maghrib poursuit l’élaboration d’un cadre destiné à organiser le partage sécurisé des données entre banques et prestataires de services financiers. L’objectif affiché est de favoriser l’émergence de nouveaux services innovants tout en renforçant l’inclusion financière.
Le rapport confirme également la poursuite des travaux autour du projet de loi relatif aux cryptoactifs. Après une consultation publique menée en 2025, le texte poursuit son parcours institutionnel, avec l’ambition d’encadrer un marché en plein développement sans compromettre la stabilité financière ni la protection des utilisateurs.
Parallèlement, plusieurs réformes prudentielles avancent. Bank Al-Maghrib rappelle notamment que le projet de réforme du régime de résolution bancaire est en cours d’examen au Parlement. Un projet de loi relatif à la transférabilité directe des créances en souffrance a également été transmis au Secrétariat général du gouvernement, tandis que de nouvelles règles prudentielles encadrant leur classification et leur provisionnement ont été adoptées.
Le rapport montre enfin que la supervision bancaire s’étend désormais jusqu’à la qualité des services rendus aux clients.
Bank Al-Maghrib a renforcé son dispositif de protection de la clientèle en veillant notamment au respect des règles relatives à la clôture des comptes et à la délivrance des mainlevées. L’institution a également lancé des enquêtes de type « Mystery Shopping », destinées à mesurer la qualité de l’accueil dans les agences bancaires. Elle poursuit par ailleurs ses efforts pour améliorer la transparence tarifaire ainsi que l’accessibilité physique et numérique des services au profit des personnes en situation de handicap.
Cette évolution illustre une conception plus large de la stabilité financière. Celle-ci ne repose plus uniquement sur la solidité des établissements, mais également sur la confiance des usagers, la qualité des services proposés et la capacité du secteur bancaire à accompagner les mutations de l’économie.
À travers ce rapport, Bank Al-Maghrib dessine ainsi les contours d’une supervision bancaire de nouvelle génération. Sans renoncer aux exigences prudentielles traditionnelles, elle élargit progressivement son champ d’intervention à des domaines qui étaient encore marginaux il y a quelques années. Cybersécurité, finance verte, innovation numérique, protection des consommateurs ou encore inclusion financière s’imposent désormais comme des composantes à part entière de la stabilité du système bancaire marocain.
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