Posted by - senbookpro -
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Sur les 50 data centers africains ayant fait l’objet d’une inspection physique et obtenu une certification Tier III ou Tier IV de l’Uptime Institute, 17 sont implantés au Maroc. Un ratio qui place le Royaume loin devant les autres marchés du continent et met en évidence l’essor d’une infrastructure stratégique pour le cloud, l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique.
Le Maroc n’est pas le premier marché africain des data centers si l’on s’en tient au nombre total d’installations ou à leur capacité électrique. Mais dès que le critère retenu devient celui de la robustesse des infrastructures effectivement vérifiée par un organisme indépendant, le classement change radicalement.
Une analyse récente publiée par ICTworks, à partir des données de l’Uptime Institute, recense 50 data centers africains ayant été physiquement inspectés et certifiés selon les standards Tier III ou Tier IV. Le Maroc en concentre 17, soit environ 34 % du total continental. Il devance ainsi largement les autres pays africains.
Une avance qui repose sur la résilience
Le résultat mérite d’être distingué des classements habituels du secteur. Les chiffres portant sur le nombre de data centers recensent généralement les installations existantes, tandis que la certification Tier mesure un autre paramètre : la capacité d’une infrastructure à maintenir ses fonctions critiques malgré les opérations de maintenance ou certains incidents.
L’Uptime Institute présente son Tier Classification System comme une référence internationale en matière de performance des data centers. Sa certification constitue une validation indépendante du niveau atteint par une installation, en examinant notamment sa conception, sa construction et, selon le type de certification, son exploitation.
Le Tier III correspond notamment à des infrastructures conçues pour permettre la maintenance des équipements et systèmes critiques sans interrompre les opérations informatiques. Le niveau Tier IV ajoute des exigences de tolérance aux pannes et de redondance plus élevées.
C’est cette distinction qui donne au classement marocain sa portée. Il ne s’agit pas simplement de compter des bâtiments hébergeant des serveurs, mais d’identifier des infrastructures dont les caractéristiques ont été vérifiées au regard d’un standard international.
La base de l’Uptime Institute recense d’ailleurs une série d’installations certifiées au Maroc, parmi lesquelles des infrastructures de Bank of Africa, de la Banque Centrale Populaire, de Maroc Telecom, de MAROCLEAR, de MedAfrica Systems et du ministère de l’Économie et des Finances. Elle fait également apparaître des installations à Bouskoura, Kénitra, Casablanca, Témara et Rabat.
Un positionnement différent des grands marchés africains
Cette performance prend davantage de relief lorsqu’elle est comparée à la taille globale du marché africain.
Selon l’analyse d’ICTworks, l’Afrique du Sud reste largement en tête lorsqu’on raisonne en nombre total de data centers, avec 49 installations recensées. Le Kenya, le Nigeria et l’Égypte figurent également parmi les principaux marchés du continent. En matière de capacité opérationnelle, l’Afrique du Sud et le Nigeria concentrent à eux seuls une part très importante des infrastructures africaines.
Le Maroc se distingue donc par un autre modèle. Sa position ne repose pas sur le volume brut du parc, mais sur une concentration particulièrement élevée d’installations ayant obtenu des certifications de haut niveau.
Cette situation traduit aussi la diversité des acteurs ayant investi dans ces infrastructures. Le secteur bancaire, les télécommunications, les opérateurs de services numériques, les marchés financiers et l’administration publique apparaissent dans la cartographie de l’Uptime Institute. Le développement des data centers accompagne ainsi la numérisation de secteurs dont la continuité des systèmes informatiques est devenue une condition essentielle de fonctionnement.
Une infrastructure stratégique pour l’économie numérique
L’enjeu dépasse désormais largement l’hébergement informatique classique. Les data centers constituent l’infrastructure physique sur laquelle reposent le cloud, les services numériques, les applications critiques et, de plus en plus, les charges de travail liées à l’intelligence artificielle.
Le calendrier de l’Uptime Institute illustre cette transformation. Son enquête mondiale 2026, publiée en juillet dernier, met en évidence un secteur qui continue d’investir et de s’adapter, alors que les besoins liés aux nouvelles charges informatiques, notamment celles associées à l’IA, exercent une pression croissante sur les infrastructures. L’organisme a également publié en juillet une analyse consacrée aux enjeux d’efficacité énergétique des infrastructures numériques.
Pour le Maroc, disposer d’un nombre important d’infrastructures certifiées selon des standards élevés constitue donc un actif stratégique. La résilience des installations peut devenir un élément déterminant pour attirer des activités nécessitant une disponibilité élevée des systèmes, qu’il s’agisse de services cloud, de plateformes numériques, de traitement de données ou d’applications d’intelligence artificielle.
Cette avance ne dispense toutefois pas le marché marocain de relever les autres défis qui accompagnent l’expansion des data centers : disponibilité de l’électricité, efficacité énergétique, capacité de refroidissement, connectivité internationale, foncier et disponibilité des compétences spécialisées.
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