Posted by - senbookpro -
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Des demandes d’explications adressées par des gouverneurs à des présidents de communes ont mis en lumière des retards dans la mise en œuvre des projets destinés à renforcer l’approvisionnement en eau potable. Cette situation a conduit plusieurs administrations territoriales relevant des régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra à saisir les services centraux du ministère de l’Intérieur afin de les alerter sur l’aggravation des difficultés d’alimentation en eau dans plusieurs zones rurales.
Selon des sources bien informées, ces correspondances interviennent dans un contexte où les solutions provisoires déployées montrent désormais leurs limites et ne parviennent plus à contenir le risque de pénurie qui menace de nombreux douars. Les informations transmises à l’administration centrale font état d’un ralentissement dans l’exécution des chantiers de forage, de réalisation et d’équipement des réservoirs d’eau, ainsi que dans la généralisation des branchements individuels au sein des douars, alors que les communes font face à une pression croissante liée à l’augmentation de la demande en eau.
Les mêmes sources soulignent que l’initiative des gouverneurs s’appuie sur les rapports de suivi quotidiens établis par les représentants de l’autorité territoriale – pachas, chefs de cercles et caïds – dans leurs ressorts respectifs. Elles relèvent également une multiplication des plaintes déposées par les habitants auprès des bureaux des pachas et des caïdats dans les communes menacées par la pénurie d’eau. Au cours de leurs déplacements sur le terrain, les responsables territoriaux ont cherché à dresser un état des lieux précis de la situation des populations concernées, dans la perspective de mettre un terme à leurs difficultés, notamment dans les localités où les solutions de circonstance se sont révélées inefficaces.
Les sources ajoutent que les associations chargées de coordonner les tournées des camions-citernes au niveau provincial ont, elles aussi, alerté sur les limites de ce dispositif, devenu insuffisant pour répondre à l’augmentation des besoins. Des signes de rupture d’approvisionnement ont ainsi commencé à apparaître dans certains points de distribution desservis par ces camions. Elles précisent, en outre, que la distribution d’eau par citernes mobiles n’a pas permis d’endiguer les mouvements de protestation des habitants dans plusieurs douars touchés.
Parallèlement aux demandes d’explications adressées aux présidents de communes, les administrations territoriales poursuivent le suivi des programmes destinés à atténuer les effets de la sécheresse. Selon les informations recueillies par Hespress, ces programmes portent notamment sur le renforcement de l’approvisionnement en eau des zones rurales au moyen de camions-citernes, ainsi que sur l’accompagnement des projets visant à consolider l’alimentation en eau potable. Ils prévoient également la réalisation de forages exploratoires et l’acquisition de stations de dessalement des eaux saumâtres, dans le cadre de l’élargissement des mesures d’urgence mises en œuvre par les agences des bassins hydrauliques afin de réduire le déficit hydrique.
Dans le même temps, les communes continuent de se heurter à de multiples obstacles pour généraliser le raccordement individuel des habitations au réseau d’eau potable. Ces difficultés sont liées notamment à la situation foncière de certains regroupements d’habitat ainsi qu’aux contraintes d’urbanisme. Les procédures de raccordement ne peuvent ainsi être engagées dans les secteurs classés par les agences urbaines comme ceintures vertes. À cela s’ajoute la nécessité d’attendre que les autorités déterminent si les agglomérations concernées bénéficieront de programmes de restructuration ou de relogement avec réinstallation.
Dans ce contexte, plusieurs communes ont lancé des études techniques en collaboration avec des entreprises spécialisées. Les conclusions de ces expertises font apparaître un coût particulièrement élevé des opérations de raccordement, poussant les collectivités à solliciter un appui financier auprès des autorités compétentes et du ministère de l’Intérieur. Elles demeurent toutefois dans l’attente d’une réponse, leurs ressources propres ne leur permettant pas de supporter des dépenses d’une telle ampleur.
Selon les sources de Hespress, les demandes d’explications des gouverneurs se sont particulièrement concentrées sur les raisons ayant freiné certaines initiatives communales visant à doter les douars confrontés à la pénurie d’eau de fontaines publiques, en coordination avec les sociétés régionales multiservices. L’objectif affiché de ces projets est d’assurer un approvisionnement continu en eau potable, en contrepartie de redevances acquittées par les habitants bénéficiaires selon la tarification la plus basse possible.
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