Posted by - Senbookpro KAAYXOL -
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Le Réseau marocain de défense du droit à la santé et du droit à la vie a mis en garde contre l’aggravation préoccupante du phénomène d’errance des malades mentaux dans de nombreuses villes du Royaume. Cette situation, selon l’organisation, s’accompagne d’une hausse significative des agressions commises par des personnes atteintes de troubles mentaux et livrées à la rue, certaines allant jusqu’à provoquer des infirmités permanentes, voire des meurtres.
Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, représenté par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, le ministère de la Solidarité et de l’Inclusion sociale, ainsi que les ministères de l’Intérieur et de la Justice, le réseau a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur croissante de la crise de la santé mentale au Maroc. Une crise qui, selon lui, menace directement non seulement la santé publique mais aussi la sécurité de la société.
D’après les données recueillies, les autorités ont recensé près de 425 cas de ce type en 2024, un chiffre qui illustre l’ampleur des dangers pesant sur les citoyens dans l’espace public. Une inquiétude d’autant plus forte à l’approche d’échéances nationales, d’événements internationaux et de projets visant à stimuler le tourisme. Le réseau a rappelé, à ce titre, le drame du vendredi 22 août 2025 à Imouzzer, où un agent de police a perdu la vie, poignardé par un malade mental sans-abri alors qu’il était en service. Pour l’organisation, cet acte tragique montre clairement que la crise ne relève plus uniquement d’une question sanitaire et sociale, mais qu’elle constitue désormais une menace réelle pour la sécurité publique.
Le réseau attribue cette situation alarmante à un dysfonctionnement profond et systémique du système de santé mentale, aggravé par l’accumulation d’échecs économiques et sociaux. Parmi les causes majeures, il cite l’augmentation de la pauvreté et du chômage, en particulier chez les jeunes, la prolifération de la drogue et des substances psychoactives, ainsi qu’une grave pénurie de ressources humaines et financières. Le secteur souffre notamment d’un manque criant de psychiatres et d’infirmiers spécialisés, et d’une dotation budgétaire dérisoire consacrée à la prévention, aux soins psychologiques et à la lutte contre les addictions.
À cela s’ajoute le fait que la plupart des hôpitaux et centres psychiatriques du pays sont anciens, délabrés et concentrés dans les grandes agglomérations, ce qui provoque une saturation chronique des services psychiatriques d’urgence et les empêche d’offrir des conditions de soins dignes aux patients. Le réseau déplore également la flambée des prix des médicaments psychiatriques, l’indisponibilité de certaines spécialités dans les pharmacies et hôpitaux, l’interruption fréquente des traitements, ainsi que le coût élevé des services proposés par les centres privés de lutte contre les addictions.
Sur le plan juridique, l’organisation pointe la faiblesse de la volonté politique pour réformer le secteur. Elle rappelle que la législation en vigueur, notamment le Dahir n° 1-59-295 promulgué en 1959, reste largement obsolète et inadaptée aux avancées actuelles en matière de psychiatrie et de droits humains. Elle regrette aussi le retrait, en septembre 2023, du projet de loi n° 71.13 relatif à la lutte contre les troubles mentaux et à la protection des droits des personnes atteintes, un texte resté gelé depuis 2016.
Au-delà du vide juridique, le réseau souligne l’absence d’une politique nationale intégrée et multidimensionnelle pour faire face à ce fléau, ainsi que le poids persistant de la stigmatisation sociale. Cette dernière, selon lui, marginalise les malades, les expose à l’errance, à la violence et à l’exclusion, et les pousse parfois jusqu’au suicide. D’où l’appel pressant lancé au gouvernement pour la mise en place d’un plan d’action urgent et global à savoir l’augmentation du budget dédié à la santé mentale, le recrutement massif de psychiatres et d’infirmiers spécialisés, la création de centres hospitaliers régionaux modernes et de structures adaptées pour accueillir et réinsérer socialement les malades sans-abri.
Le Réseau marocain de défense du droit à la santé et du droit à la vie exhorte également les autorités à moderniser le cadre législatif, à adopter de nouvelles lois garantissant les droits des patients psychiatriques, et à relancer le plan stratégique national multisectoriel de santé mentale 2030, visant la généralisation des services psychiatriques dans les hôpitaux publics, la constitution d’équipes spécialisées pour la gestion des crises psychologiques et sociales, et le renforcement des dispositifs de réhabilitation.
Enfin, le réseau appelle à une révision des prix des médicaments et des services de base, avec une prise en charge par l’État, ainsi qu’au lancement de vastes campagnes nationales de sensibilisation contre la stigmatisation. Il invite aussi les familles à recourir aux soins et insiste sur le renforcement de la stratégie nationale de lutte contre les trafiquants de drogue, assortie de sanctions fermes à l’encontre des contrevenants.
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