Posted by - support -
on - Sat at 12:57 PM -
Filed in - Society -
-
7 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Après l’annonce de la feuille de route gouvernementale visant à créer plus d’un million d’emplois et réduire le taux de chômage à 9 % d’ici 2029, des interrogations sur la faisabilité de ce projet ambitieux commencent à émerger. Bien que l’objectif soit jugé noble et stratégique, la mise en œuvre du plan soulève des préoccupations au regard des défis économiques actuels.
Le gouvernement marocain s’est fixé un objectif de taille : la création de 1.045.000 opportunités d’emploi d’ici 2029. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de réduction du chômage, qui devrait ainsi passer de 11,9 % à 9 %, un objectif jugé ambitieux par de nombreux économistes. En effet, selon une étude récente du Centre des Politiques pour le Nouveau Sud, pour atteindre cet objectif, la croissance annuelle du Produit Intérieur Brut (PIB) devrait atteindre 7,9 %, un taux largement supérieur à la croissance actuelle de 3,5 %.
Le scénario de croissance économique nécessaire pour atteindre cet objectif apparaît donc difficilement réalisable sans une transformation profonde du modèle économique national. L’étude souligne qu’un tel rythme de croissance est « bien plus élevé que celui observé au cours des dernières décennies ». Par ailleurs, la flexibilité limitée du marché du travail marocain, qui affiche un coefficient de flexibilité de 0,23 %, rend cette tâche encore plus complexe. Concrètement, cela signifie qu’une augmentation de 1 % du PIB génère seulement 0,23 % de nouveaux emplois, une dynamique insuffisante pour absorber la demande croissante de travail.
L’étude récemment publiée par le policy center for the new south (PCNS) propose des scénarios alternatifs pour parvenir à une réduction du chômage à 9 %, en cas de croissance modeste du PIB. Un scénario plus réaliste envisagerait une croissance du PIB de 4 %, ce qui permettrait d’absorber progressivement les nouveaux entrants sur le marché de l’emploi, générant ainsi 500 000 nouveaux postes. Ce chiffre, bien que plus modeste, apparaît comme un objectif plus atteignable à court terme.
Un autre scénario envisage une réduction du taux de chômage à 6,65 %, mais cela nécessiterait une croissance économique de 10,4 %, un taux jugé difficilement soutenable sans réformes structurelles profondes et une dynamisation des secteurs économiques clés.
L’étude ne cache pas son pessimisme quant à l’évolution future du marché de l’emploi marocain. En se basant sur les tendances actuelles, le taux de chômage pourrait atteindre 11,9 % d’ici 2029. Un tel constat met en évidence les défis considérables que le pays doit relever pour réussir à atteindre l’objectif de 9 %. La faible réactivité du marché du travail aux variations économiques pourrait ainsi prolonger la crise du chômage au lieu de la résoudre.
Pour accélérer la transformation du marché du travail, plusieurs solutions sont proposées par les experts. L’une des mesures principales consiste à stimuler les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre tels que les PME, l’industrie locale, les services et l’agriculture. L’amélioration de l’environnement des affaires serait également essentielle pour attirer des investissements générateurs d’emplois. Par ailleurs, il est recommandé de réduire la rigidité du marché de l’emploi, notamment en facilitant l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes.
L’amélioration de la gouvernance des politiques de l’emploi et le renforcement de l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC) figurent également parmi les leviers à activer pour fluidifier l’accès à l’emploi et améliorer l’adéquation entre la demande et l’offre sur le marché du travail.
La question de l’inclusivité et de l’équité est au cœur de cette stratégie. Il est essentiel d’intégrer les femmes, de lutter contre l’abandon scolaire et d’encourager l’emploi dans le secteur formel. Dans cette perspective, les secteurs d’avenir, comme les emplois verts, la transformation numérique et l’attraction des investissements directs étrangers (IDE), sont des axes prioritaires pour réinventer le modèle économique marocain et garantir un marché du travail plus résilient et diversifié.
La « feuille de route pour l’emploi » reste donc un projet ambitieux, mais sa réussite dépendra de la capacité du gouvernement à mettre en place des réformes économiques et sociales profondes, tout en assurant un suivi rigoureux de sa mise en œuvre. Le défi de la réduction du chômage à 9 % d’ici 2030 demeure de taille, et le chemin pour y parvenir est semé d’embûches.
The post Etude : Feuille de route pour l'emploi, faisabilité en question appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.