Posted by - senbookpro -
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À fin juillet 2026, le déficit budgétaire s’est établi à 50,5 milliards de dirhams, contre 54,7 milliards un an auparavant. Cette amélioration intervient alors que les dépenses globales ont augmenté de 23,9 milliards de dirhams, avec notamment une hausse de 13,9% de l’investissement. La progression des recettes, portée en particulier par l’impôt sur les sociétés, a permis de contenir le déficit et de réduire nettement le besoin de financement.
Les finances publiques affichent une configuration particulière au terme des sept premiers mois de 2026. Alors que les dépenses continuent d’augmenter, le déficit budgétaire s’est réduit. La situation des charges et ressources du Trésor (SCRT) publiée pour juillet fait ressortir un déficit de 50,5 milliards de dirhams, contre 54,7 milliards à la même période de 2025, soit une amélioration de 4,2 milliards de dirhams, ou 7,7%.
Cette évolution s’explique principalement par une progression des recettes supérieure à celle des dépenses. Les recettes ordinaires, nettes des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ont atteint 253,8 milliards de dirhams, en hausse de 28,2 milliards, soit 12,5% sur un an. Elles affichent ainsi un taux de réalisation de 58,6% des prévisions de la loi de finances 2026.
La dynamique est particulièrement marquée du côté des recettes fiscales. Celles-ci ont progressé de 22 milliards de dirhams, soit 10,9%, pour atteindre 223,8 milliards à fin juillet. L’impôt sur les sociétés constitue le principal moteur de cette progression. Les recettes d’IS se sont établies à 69,4 milliards de dirhams, contre 55,6 milliards un an auparavant, en hausse de 13,8 milliards, soit 24,9%. Le taux de réalisation de la prévision annuelle atteint déjà 73,5%.
Cette performance reflète notamment la hausse des versements spontanés, qui ont augmenté de 13,7 milliards de dirhams, soit 23,3%. La progression est tirée par la hausse du deuxième acompte de 4,6 milliards de dirhams, du premier acompte de 4,1 milliards et du complément de régularisation de 4,1 milliards.
L’impôt sur le revenu affiche, pour sa part, une hausse limitée à 774 millions de dirhams, soit 1,8%, à 42,9 milliards de dirhams. Cette évolution est toutefois affectée par la comparaison avec une recette exceptionnelle de 3,8 milliards enregistrée à fin juillet 2025 au titre de la régularisation fiscale volontaire prévue par la loi de finances 2024. Hors cette opération, les recettes d’IR auraient progressé de 11,9%, notamment sous l’effet de la hausse de l’IR retenu sur les profits de cession de valeurs mobilières et de l’IR retenu sur les salaires.
La TVA a augmenté de 3,6 milliards de dirhams, soit 6,5%, pour atteindre 59,3 milliards. Cette progression provient principalement de la TVA à l’importation, en hausse de 2,8 milliards, soit 7,9%, tandis que la TVA intérieure a progressé de 781 millions, soit 3,9%. Les remboursements de TVA, hors part supportée par les collectivités territoriales, ont toutefois atteint 10,6 milliards de dirhams, contre 8,1 milliards un an auparavant.
Les autres principales recettes fiscales évoluent également à la hausse. Les taxes intérieures de consommation ont progressé de 1,1 milliard de dirhams, soit 4,8%, à 23,4 milliards. Les droits de douane ont augmenté de 847 millions, soit 8,9%, à 10,4 milliards. Les droits d’enregistrement et de timbre ont, eux, progressé de 1,9 milliard, soit 14,1%, à 15,7 milliards.
Les recettes non fiscales ont également contribué à l’amélioration de la situation. Elles ont atteint 27 milliards de dirhams, contre 21,1 milliards à fin juillet 2025, soit une hausse de 5,9 milliards ou 28,1%. Les établissements et entreprises publics ont versé 9,5 milliards de dirhams, dont 4,3 milliards provenant de Bank Al-Maghrib, 2,5 milliards de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie et 2,1 milliards de l’OCP. Les recettes issues des mécanismes de financement innovants ont, de leur côté, atteint 9,9 milliards de dirhams.
Dépenses en hausse, investissement accéléré
L’amélioration du déficit intervient pourtant dans un contexte de progression sensible des dépenses. Les dépenses globales, y compris celles des services de l’État gérés de manière autonome et des comptes spéciaux du Trésor, ont atteint 304,3 milliards de dirhams à fin juillet, contre 280,3 milliards un an auparavant. Elles ont ainsi augmenté de 23,9 milliards de dirhams, soit 8,5%.
Les dépenses ordinaires ont progressé plus rapidement, atteignant 242,6 milliards de dirhams contre 212,5 milliards un an auparavant, soit une hausse de 30,1 milliards ou 14,2%. Les dépenses de biens et services ont augmenté de 25,2 milliards de dirhams, à 199,9 milliards.
Cette évolution recouvre notamment une hausse de 10,8 milliards des dépenses de personnel, qui ont atteint 114,9 milliards de dirhams. Le ministère de l’Économie et des Finances explique cette progression notamment par l’impact des mesures décidées dans le cadre du dialogue social.
Les dépenses relatives aux autres biens et services ont progressé de 14,4 milliards de dirhams, soit 20,3%, à 85 milliards. Cette hausse résulte principalement de l’augmentation des transferts au profit de divers établissements et entreprises publics, à hauteur de 9,7 milliards de dirhams, notamment ceux à caractère social.
Le coût des intérêts de la dette poursuit également sa progression. Il atteint 29,8 milliards de dirhams à fin juillet, contre 26,1 milliards un an auparavant, soit une hausse de 3,7 milliards ou 14%. Les intérêts de la dette intérieure ont augmenté de 3 milliards, à 23,6 milliards de dirhams, tandis que ceux de la dette extérieure ont progressé de 661 millions, à 6,2 milliards.
La compensation représente pour sa part 12,9 milliards de dirhams, en hausse de 1,3 milliard, soit 10,8%. Son taux de réalisation atteint déjà 93,4% des prévisions annuelles. Cette hausse est attribuée principalement aux aides directes accordées aux professionnels du transport pour faire face à la hausse des prix des carburants, pour un montant de 1,3 milliard de dirhams à fin juillet.
Malgré cette progression des dépenses ordinaires, le solde ordinaire demeure excédentaire. Il s’est toutefois réduit à 11,1 milliards de dirhams, contre 13,1 milliards un an auparavant.
Dans le même temps, l’investissement public accélère. Les dépenses d’investissement ont atteint 69,3 milliards de dirhams à fin juillet, contre 60,8 milliards un an auparavant, soit une hausse de 8,5 milliards ou 13,9%. Le taux de réalisation atteint 60,4% des crédits prévus par la loi de finances 2026.
Le besoin de financement nettement réduit
C’est dans cette configuration que le besoin de financement du Trésor s’est nettement réduit. Il s’établit à 54,2 milliards de dirhams à fin juillet, contre 74,8 milliards un an auparavant, soit une baisse de 20,6 milliards ou 27,5%.
Cette amélioration tient au déficit budgétaire, mais également à la diminution des opérations en instance. Celles-ci ont reculé de 20 milliards de dirhams à fin juillet 2025 à 3,6 milliards de dirhams à fin juillet 2026.
Le financement intérieur net s’est établi à 27,1 milliards de dirhams, contre 40,8 milliards un an auparavant. Les mobilisations nettes sur le marché domestique se sont stabilisées autour de 14,9 milliards de dirhams. Les souscriptions sur le marché intérieur ont atteint 77,6 milliards de dirhams, tandis que les remboursements en principal se sont élevés à 62,7 milliards.
Le financement extérieur net a, de son côté, atteint 27,1 milliards de dirhams, contre 34 milliards un an auparavant. Les tirages se sont établis à 40,2 milliards de dirhams, dont 23,7 milliards mobilisés sur le marché financier international, tandis que les amortissements de la dette extérieure ont atteint 13,1 milliards.
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