Touché au cou, il était mort à l’hôpital quelques heures plus tard.
Le policier mis en cause, aujourd’hui âgé de 59 ans, avait dans un premier temps évoqué un tir de légitime défense.
En garde à vue, il a par la suite affirmé qu’il s’était penché à l’intérieur de la voiture pour tenter de stopper le jeune homme et que son arme s’était alors accidentellement déclenchée.
Cette version a été contredite lors de l’enquête par le médecin légiste et l’expert balistique, selon qui le tireur se trouvait à l’extérieur du véhicule et à au moins une vingtaine de centimètres de la victime.
Le policier, qui comparaîtra libre sous contrôle judiciaire, a fait appel par deux fois de sa mise en accusation devant la cour criminelle. Confirmant son renvoi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a notamment considéré que la victime n’exposait pas les personnes présentes à un risque pour leur vie ou leur intégrité physique au moment du tir.
Il est par ailleurs « manifeste » que le tir avait pour objet d’immobiliser la voiture, sans « intention homicide », note-elle.
Justice ordinaire
Aboubacar Fofana avait été contrôlé en début de soirée par des policiers alors qu’il se trouvait au volant d’une voiture.
Après avoir fourni une fausse identité, il avait, d’après les forces de l’ordre et plusieurs témoins, tenté de fuir en marche arrière alors que de jeunes enfants se trouvaient à proximité, percutant un véhicule garé avant de « rebondir » vers l’avant puis de repartir en arrière.
Le jeune homme, originaire de région parisienne et qui se trouvait à Nantes en visite, se savait, d’après l’enquête, recherché par les services de police dans le cadre d’une autre affaire.
« Notre problématique, c’est celle d’essayer de comprendre ce drame au travers des déclarations parfois totalement incompréhensibles de ce fonctionnaire de police », a déclaré à l’AFP Me Franck Boezec, avocat de la famille Fofana, partie civile au procès.
« Il faut que la justice passe, et qu’elle soit une justice ordinaire, qu’elle ne soit pas une justice d’exception », a-t-il ajouté.
L’avocat du policier en cause, Me Laurent-Franck Liénard, n’a pas souhaité s’exprimer avant le procès.
En 2018, la mort du jeune homme avait provoqué plusieurs nuits de tension dans les quartiers nantais du Breil et de Bellevue, ainsi qu’à Orvault et Rezé, communes limitrophes de Nantes.