Posted by - senbookpro -
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Longtemps perçu comme un pays de départ, le Maroc confirme, chiffres à l’appui, sa mutation en terre d’accueil. Selon une analyse du Haut-Commissariat au Plan (HCP) issue du dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2024), le Royaume compte désormais 148.152 résidents étrangers, soit 0,4 % de la population totale. Un volume encore modeste, mais en nette progression : +76,4 % en dix ans, soit 64.151 personnes supplémentaires depuis 2014.
Cette dynamique s’inscrit dans un tournant migratoire profond. Le Maroc, à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe, s’impose progressivement comme un pôle régional d’installation, porté à la fois par ses politiques migratoires et par les recompositions géopolitiques régionales.
Le fait marquant de cette nouvelle cartographie migratoire réside dans la montée en puissance des ressortissants d’Afrique subsaharienne. Ils représentent 59,9 % des étrangers en 2024, contre 26,8 % en 2014, traduisant un basculement net vers des dynamiques de migration « sud-sud » .
À l’inverse, la part des Européens recule fortement, passant de 40 % à 20,3 % sur la même période. Les ressortissants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord enregistrent également une baisse relative.
Dans le détail, certaines nationalités dominent largement. Les Sénégalais constituent le premier contingent (18,4 %), suivis des Ivoiriens (17,3 %). À eux seuls, ces deux groupes représentent plus d’un tiers des étrangers au Maroc. Les Français arrivent en troisième position (13,8 %), illustrant une autre forme de migration, davantage qualifiée ou liée à la retraite .
Autre enseignement clé : la migration vers le Maroc est récente et s’accélère. Plus de la moitié des étrangers (55,3 %) se sont installés après 2021, tandis que 35,8 % sont arrivés entre 2011 et 2020. À peine 3,4 % étaient présents avant 2000 .
Cette accélération récente s’explique par plusieurs facteurs : reprise post-Covid des mobilités, tensions politiques et économiques dans les pays d’origine, mais aussi politiques marocaines d’intégration, notamment les campagnes de régularisation de 2014 et 2017.
Le travail, premier moteur de la migration
L’étude du HCP met en évidence la prédominance des motivations économiques. 53,3 % des migrants déclarent être venus pour travailler, confirmant l’attractivité du marché de l’emploi marocain, notamment dans les secteurs du bâtiment, des services ou de l’agriculture .
Les raisons familiales (20,8 %) arrivent en deuxième position, signe d’une installation plus durable et d’un début d’ancrage. Les études représentent 14 % des motifs, révélant l’émergence du Maroc comme pôle universitaire régional.
Les migrations contraintes restent marginales : seulement 2,5 % évoquent des conflits, et 0,3 % des facteurs climatiques.
La géographie de l’immigration confirme une logique d’attraction des grands pôles économiques. 95 % des étrangers vivent en milieu urbain.
Deux régions concentrent à elles seules plus de 60 % des résidents étrangers à savoir Casablanca-Settat (43,3 %) et Rabat-Salé-Kénitra (19,2 %).
Certaines régions gagnent en attractivité, comme Souss-Massa (9,4 %) et Marrakech-Safi (9,2 %), portées par l’agriculture et le tourisme. À l’inverse, des territoires historiquement liés aux flux migratoires, comme l’Oriental, déclinent fortement.
Le profil démographique des migrants confirme leur rôle économique. 80,1 % ont entre 15 et 64 ans, soit en âge d’activité . Les hommes restent majoritaires (55,9 %), mais la féminisation progresse.
Sur le plan éducatif, le niveau est globalement élevé : 38,9 % ont un diplôme supérieur et 28,2 % un niveau secondaire. Toutefois, 20,8 % n’ont aucun niveau d’instruction, illustrant la diversité des profils.
L’intégration économique est notable : 53,8 % des étrangers sont en emploi, majoritairement dans le secteur privé (65,8 % des actifs occupés) .
L’étude met également en lumière une transformation des modes de vie. Le Maroc n’est plus seulement un pays de transit, mais de plus en plus un lieu d’installation.
Sur 71.761 ménages comprenant au moins un étranger, 69,3 % sont des ménages mixtes, associant Marocains et étrangers, signe d’une intégration sociale croissante .
Par ailleurs, 62,3 % des ménages étrangers sont locataires, tandis que près d’un tiers sont propriétaires, traduisant des situations économiques contrastées.
Au-delà des chiffres, l’analyse du HCP confirme un repositionnement stratégique du Maroc dans les dynamiques migratoires africaines. Le Royaume apparaît désormais comme un espace d’opportunités, attirant travailleurs, étudiants et familles.
Si cette évolution ouvre des perspectives économiques et culturelles, elle pose également des défis en matière d’intégration, d’accès aux services et de cohésion sociale.
Une certitude se dégage toutefois : l’immigration, notamment subsaharienne, n’est plus un phénomène marginal, mais une composante durable du paysage marocain contemporain.
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