Posted by - senbookpro -
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Le marché immobilier marocain a entamé l’année 2026 sur une note de ralentissement. Si les prix affichent encore une relative stabilité à l’échelle nationale, l’activité recule fortement, avec une chute de plus de 40% des transactions en l’espace d’un trimestre. Un signal qui traduit un attentisme croissant des acheteurs et un essoufflement de la dynamique observée ces dernières années.
Le marché immobilier marocain a connu un net coup de frein au premier trimestre 2026. Selon les données conjointes de Bank Al-Maghrib et de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), l’Indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) a enregistré une baisse de 2,4% par rapport au quatrième trimestre 2025 et de 0,4% sur un an.
Cette correction demeure toutefois relativement limitée au regard de l’évolution des volumes d’échanges. Car la principale tendance qui ressort du rapport concerne le recul marqué des transactions. À l’échelle nationale, les ventes immobilières ont chuté de 40,2% en comparaison trimestrielle, confirmant un ralentissement généralisé de l’activité.
Le repli a concerné l’ensemble des segments du marché. Les transactions portant sur les biens résidentiels ont diminué de 38,4%, celles relatives aux terrains de 45,9% et celles des biens à usage professionnel de 40,2%.
Du côté des prix, le résidentiel et les terrains affichent chacun une baisse trimestrielle de 3%, tandis que les biens à usage professionnel limitent leur recul à 0,8%.
Les villas en première ligne
Au sein du segment résidentiel, les villas apparaissent comme la catégorie la plus affectée. Leurs prix ont reculé de 6,4% sur un trimestre, soit la plus forte baisse observée parmi les différentes typologies de logements. Les appartements et les maisons enregistrent pour leur part un recul de 2,7%.
La tendance est également visible sur une base annuelle. Les prix des villas diminuent de 1,9%, contre 1,3% pour les maisons et 0,4% pour les appartements.
Les volumes de vente confirment ce ralentissement. Les transactions portant sur les villas ont chuté de 53,1% au premier trimestre, tandis que celles relatives aux maisons ont reculé de 51,6%. Les appartements résistent davantage mais enregistrent malgré tout une baisse de 37,5%.
Le marché des biens professionnels affiche une situation plus contrastée. Les prix des bureaux ont diminué de 2,8% sur un trimestre et ceux des locaux commerciaux de 1,1%. Sur un an, les bureaux reculent de 1,4% tandis que les locaux commerciaux restent globalement stables. Fait notable, les bureaux constituent le seul segment ayant enregistré une progression annuelle du nombre de transactions, avec une hausse de 2%.
Rabat et Marrakech parmi les villes les plus touchées
L’analyse territoriale met en évidence des disparités importantes entre les principales agglomérations du Royaume.
Rabat enregistre la correction la plus marquée parmi les grandes villes couvertes par l’indice. Les prix y reculent de 4,7%, sous l’effet notamment d’une baisse de 6,2% des prix du résidentiel. Dans le même temps, les transactions s’effondrent de 55,4%, soit la plus forte baisse observée au niveau national. Les terrains constituent toutefois une exception dans la capitale, avec une hausse de prix de 9,5%.
À Casablanca, premier marché immobilier du pays, les prix diminuent de 2,7%, pénalisés par le recul du résidentiel et du foncier. Le nombre de transactions y baisse de 37,8%.
Marrakech affiche également un ralentissement marqué. Les prix reculent de 1,5%, tandis que les ventes diminuent de plus de 51%. Tanger connaît pour sa part une baisse de 3,9% des prix et de 36,4% des transactions, avec une correction particulièrement prononcée sur le segment des terrains.
D’autres villes comme Meknès et Fès enregistrent également des replis sensibles des prix. Oujda figure parmi les rares exceptions, avec une légère hausse de 0,2% de l’indice général des prix malgré une contraction de l’activité.
Au final, les données du premier trimestre dessinent un marché où les prix résistent encore relativement bien, mais où la demande semble nettement moins dynamique. L’ampleur de la baisse des transactions apparaît ainsi comme le principal signal envoyé par le secteur en ce début d’année 2026.
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