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on - Mar 21 -
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Depuis plus de six décennies, l’Algérie exploite la mémoire de la colonisation comme un levier politique, tant sur la scène interne que dans ses relations avec la France. Ce recours systématique à la « rente mémorielle » a permis au pouvoir d’Alger de détourner l’attention des difficultés économiques et sociales du pays. Mais ce discours, autrefois efficace, semble aujourd’hui à bout de souffle, à mesure que la conjoncture internationale évolue et que la France adopte une posture plus affirmée sur certains dossiers sensibles.
Comme le souligne François d’Orcival dans un éditorial paru dans la livraison de Valeurs Actuelles de ce mercredi 19 mars, « la France a bien fait de reconnaître au Maroc sa souveraineté sur le Sahara occidental pour qu’Alger finisse par comprendre que ‘sa rente mémorielle’ était épuisée ». Cette décision marque un tournant dans la diplomatie française au Maghreb et envoie un signal clair à l’Algérie : le temps où les revendications mémorielles façonnaient la politique de Paris est désormais révolu.
En dépit des nombreux gestes symboliques et politiques effectués ces dernières années – ouverture d’archives, déclarations officielles sur les violences de la colonisation – Alger continue d’exiger des actes supplémentaires de repentance. Une posture dénoncée aujourd’hui par de nombreux politiciens et responsables français, qui observent que chaque concession alimente une nouvelle revendication. Ce processus sans fin reflète l’incapacité du régime algérien à tourner la page d’un passé instrumentalisé pour maintenir une légitimité politique érodée.
En fait, ce régime continue d’entretenir un récit où la France reste désignée comme responsable des difficultés du pays. Cette lecture figée de l’histoire a permis aux dirigeants algériens d’éluder leurs propres responsabilités et de détourner l’attention des citoyens des défaillances internes. Mais il arrive un moment où la répétition des mêmes accusations perd de sa force. Ce moment semble être venu : les jeunes générations, qui n’ont pas connu la colonisation ni la guerre, aspirent aujourd’hui à un avenir dégagé du poids des conflits passés.
Cette stratégie mémorielle contraste avec la réalité des relations franco-algériennes. Si le pouvoir algérien multiplie les déclarations hostiles à l’égard de Paris, les échanges économiques et humains entre les deux pays restent intenses. Chaque année, des milliers de jeunes Algériens aspirent à s’installer en France, tandis que des responsables algériens bénéficient discrètement des liens tissés avec l’ancienne puissance coloniale. Une contradiction qui souligne l’hypocrisie d’un pouvoir dénonçant publiquement la France tout en entretenant des relations privilégiées avec elle.
Pourtant, l’Algérie est confrontée à des défis majeurs qui ne peuvent plus être masqués par les discours sur le passé. La dépendance aux hydrocarbures fragilise son économie face aux fluctuations du marché, le chômage des jeunes s’aggrave, et l’émigration illustre le désenchantement croissant d’une population privée de perspectives.
La reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental illustre ainsi un changement de paradigme. En actant cette position, Paris semble indiquer que ses choix diplomatiques ne seront plus conditionnés par les exigences mémorielles d’Alger. Il s’agit d’un message sans équivoque : l’Algérie doit désormais comprendre que la rente mémorielle, si longtemps exploitée, n’est plus une arme diplomatique efficace.
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