Posted by - senbookpro -
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En ce mois de mars, des membres influents du Sénat américain (Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott) ont introduit un projet de loi sommant le Département d’État d’évaluer la possibilité de désigner le Front Polisario comme « Organisation Terroriste Étrangère » (FTO). Les sénateurs invoquent notamment « des preuves de coopération militaire et de renseignement avec le Corps des Gardiens de la révolution iranien et le Hezbollah ».
Baptisé « Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 » et présenté sur fond de conflit persistant au Moyen-Orient, ce texte exige du Département d’État un rapport détaillé sur l’éventuel approvisionnement du Front en drones et en technologies de surveillance par Téhéran. En cas de confirmation, des sanctions automatiques seraient déclenchées, incluant le gel des avoirs et des interdictions de voyager.
Selon des informations relayées par Hespress, le projet instaure une « obligation légale d’évaluation et de classification ». Il enjoint le secrétaire d’État américain, de concert avec le directeur du renseignement national, de remettre au Congrès un rapport détaillé dans les 90 jours suivant son adoption. L’objectif est de déterminer si le Front Polisario remplit les critères légaux d’une organisation terroriste, tels que définis par l’article 219 de la loi sur l’immigration et la nationalité.
Le document insiste sur l’application immédiate de sanctions strictes dès lors que ces critères sont avérés : gel de l’ensemble des avoirs financiers du Front et de ses dirigeants aux États-Unis, interdiction d’accès au territoire américain pour ses membres, et pénalisation de tout soutien matériel ou logistique qui leur serait accordé.
Pour justifier cette démarche, la proposition de loi s’appuie sur « des preuves croissantes » attestant d’alliances stratégiques entre le Polisario, les Gardiens de la révolution iraniens et le Hezbollah libanais. Les législateurs mettent particulièrement l’accent sur la livraison par l’Iran de drones et de missiles sol-air, ainsi que sur l’offre de formations à la guérilla et au maniement d’explosifs. Cette collusion s’inscrirait dans une stratégie iranienne globale de déstabilisation de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, ciblant les intérêts des alliés de Washington. Dans cette optique, le Polisario est perçu comme un « agent » (proxy) menaçant directement la sécurité nationale des États-Unis.
En outre, le texte stipule que les activités militaires du Polisario à l’est du mur de défense « constituent une menace directe pour la stabilité régionale et la sécurité des voies maritimes environnantes ». Par conséquent, les élus exhortent l’administration américaine à élaborer une stratégie globale pour endiguer cette menace. Ils préconisent une « coopération étroite avec les partenaires régionaux, le Maroc en tête, afin d’assécher les sources de financement du Front et de bloquer l’afflux d’armement iranien ». Le texte est sans équivoque : « tout État ou entité qui maintiendrait un soutien militaire ou financier au Front après sa classification s’exposera à de sévères sanctions secondaires américaines ».
Pour Mohamed Nachtaoui, professeur de relations internationales et de droit international, l’éventualité d’inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes « était prévisible ». Il rappelle que les représentants américains Joe Wilson et Jimmy Panetta avaient déjà formulé une proposition similaire par le passé. L’appui actuel de sénateurs de premier plan représente donc un signal fort et une étape décisive vers cette désignation.
Président du Centre Ibn Rochd pour les études géopolitiques et l’analyse des politiques, Nachtaoui souligne que plusieurs pratiques imputées au Front confortent cette démarche américaine : le détournement de l’aide humanitaire, la perception de financements destinés à déstabiliser un État souverain, et l’enrôlement d’enfants-soldats. Il alerte également sur la gravité des collusions entre le Polisario et les réseaux terroristes du bloc sahélo-saharien, rappelant par exemple l’implication du terroriste Abou Walid al-Sahraoui (ancien membre du Front) dans diverses opérations de la région.
Enfin, le chercheur estime que la coopération militaire et sécuritaire avec le Hezbollah et les services iraniens finit d’ancrer la conviction du législateur américain. Selon lui, cette loi « asphyxiera le Front et l’isolera sur la scène internationale, le contraignant à revoir ses priorités et à accepter le plan d’autonomie pour clore définitivement ce conflit artificiel ».
Le dossier est entré dans une « phase décisive ». L’accélération des crises au Moyen-Orient pourrait agir comme un catalyseur et précipiter le vote au Congrès. Si la loi est promulguée, le Trésor américain imposera des sanctions draconiennes à l’encontre des entités et des dirigeants liés au Front. Le transfert du dossier au Département d’État et aux agences de sécurité exercera une pression sans précédent sur le Polisario, mais également sur l’Algérie, considérée comme son principal soutien.
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