Posted by - senbookpro -
on - Jul 26 -
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À moins de deux mois des élections législatives prévues le 23 septembre 2026, la composition du corps électoral soulève plusieurs interrogations. Selon les données arrêtées au 31 mars et publiées sur la plateforme officielle du ministère de l’Intérieur, le Maroc compte 16.008.327 électeurs inscrits, pour une population estimée à près de 39 millions d’habitants. Si ces chiffres offrent une photographie du corps électoral, ils mettent également en évidence la faible représentation des jeunes parmi les électeurs.
Les statistiques officielles révèlent un déséquilibre entre les différentes catégories de la population. Les hommes représentent 65,8 % des électeurs inscrits, contre 34,2 % pour les femmes. La répartition géographique apparaît en revanche relativement équilibrée, avec 54 % des inscrits résidant en milieu urbain et 46 % en milieu rural.
L’âge constitue toutefois l’indicateur le plus révélateur. Les 18-24 ans ne représentent que 6 % des électeurs inscrits. Même en y ajoutant les 25-34 ans, les jeunes âgés de 18 à 34 ans ne totalisent que 24 % du corps électoral. À l’inverse, les personnes de 60 ans et plus représentent, à elles seules, 25 % des inscrits. Ce constat contraste avec la réalité démographique du Royaume.
Selon les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), les 15-34 ans représentent près d’un tiers de la population marocaine, soit environ 12 millions de personnes. Cette génération est également la plus instruite que le Maroc ait connue. La proportion de jeunes sans niveau scolaire est passée de 35,7 % au début des années 2000 à 8,9 %, tandis que la part de ceux ayant atteint le niveau secondaire ou l’enseignement supérieur dépasse désormais 42 %.
Cette progression du niveau de formation s’accompagne toutefois de difficultés persistantes sur le marché du travail. Le taux de chômage des 15-34 ans atteint 22,9 % et dépasse 40 % chez les diplômés de l’enseignement supérieur. Plus d’un jeune diplômé sur deux occupe par ailleurs un emploi inférieur à son niveau de qualification. Cette situation nourrit un sentiment de désillusion chez une partie de la jeunesse, susceptible de se traduire par un désengagement de la participation électorale.
Afin d’améliorer la fiabilité du registre électoral, le ministère de l’Intérieur a mené, ces derniers mois, une vaste opération d’assainissement des listes, aboutissant à la radiation de près de 1,4 million d’inscriptions devenues irrégulières, notamment en raison de décès, de doubles inscriptions ou de changements de résidence. Parallèlement, la digitalisation des procédures se poursuit : lors de la dernière révision ordinaire des listes électorales, près des deux tiers des nouvelles inscriptions ont été effectuées via la plateforme électronique dédiée.
À l’approche des législatives, le principal défi dépasse désormais la seule mise à jour des listes électorales. Il consiste à convaincre davantage de jeunes de s’inscrire, puis de participer au scrutin, dans un contexte socio-économique marqué par de fortes attentes en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et d’égalité des chances.
Reste à savoir si cette génération, qui constitue l’un des principaux réservoirs démographiques du pays, choisira de faire entendre sa voix dans les urnes ou si elle continuera de s’interroger sur l’utilité de son vote.
The post Législatives 2026 : les jeunes seront-ils les grands absents des urnes ? appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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