Posted by - senbookpro -
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Le Maroc entend accélérer la transformation de sa politique de lutte contre le cancer à l’approche de la dernière phase de son plan national 2020-2029. Réuni mercredi 15 juillet à Rabat, le Comité de pilotage du Plan national de prévention et de contrôle du cancer (PNPCC) a dressé un bilan à mi-parcours marqué par l’élargissement de l’offre de soins, mais aussi par la persistance de disparités territoriales et de difficultés dans les parcours de diagnostic et de prise en charge.
Présidée par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, la réunion devait permettre d’évaluer les résultats obtenus depuis le lancement du deuxième plan décennal de lutte contre le cancer et de définir les priorités pour les années restantes. Un exercice que le ministre a voulu placer au-delà du simple inventaire administratif.

« Cette évaluation ne constitue pas uniquement un bilan comptable de mesures mises en œuvre, mais une véritable étape de partage et de concertation indispensable pour orienter avec justesse les quatre années qui nous séparent de l’échéance de ce deuxième plan décennal », a-t-il déclaré devant les responsables du département de la Santé, des agences nationales et des Groupements sanitaires territoriaux (GST).
Le bilan présenté par le ministère fait état de « progrès significatifs » dans plusieurs domaines : renforcement du réseau des établissements spécialisés, élargissement de l’offre de soins en oncologie, amélioration de l’accès aux médicaments innovants, développement des soins palliatifs et extension du dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus.
Plus de 110.000 patients pris en charge chaque année
Ces avancées sont le résultat, selon Amine Tehraoui, d’un choix d’investissement engagé depuis une quinzaine d’années. « Le Maroc a fait, en quinze ans, un choix stratégique clair qui est celui d’investir massivement dans l’infrastructure et les ressources humaines en oncologie », a souligné le ministre, évoquant le développement des filières spécialisées et la formation de radiothérapeutes, d’oncologues médicaux et de chirurgiens cancérologues.
Les centres régionaux d’oncologie et les structures hospitalo-universitaires ont parallèlement été équipés de plateaux techniques de nouvelle génération. Les centres publics d’oncologie prennent désormais en charge plus de 110.000 patients par an, dont près de 24.000 nouveaux cas, selon les chiffres présentés par le ministre.

Cette progression des capacités hospitalières intervient toutefois dans un contexte où la demande de soins devrait continuer d’augmenter. Le vieillissement de la population et l’amélioration du diagnostic devraient mécaniquement accroître le nombre de cancers détectés dans les prochaines années.
Cette évolution « nous impose en miroir une responsabilité, celle de continuer à adapter nos capacités d’accueil, notre plateau technique et nos ressources humaines à la hauteur d’une demande de soins qui (…) ne cessera de croître », a prévenu Amine Tehraoui.
La réduction des disparités géographiques constitue, dans ce contexte, l’un des principaux chantiers identifiés par le gouvernement. Le Maroc compte aujourd’hui 59 centres de référence de la santé reproductive, qui jouent notamment un rôle dans la détection précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. Des unités mobiles de mammographie sont également déployées dans les territoires les plus reculés.
« La feuille de route pour les prochaines années devra faire de la réduction des écarts territoriaux, qui persistent encore, une priorité absolue », a insisté le ministre, rappelant que l’équité d’accès et la qualité des soins figurent parmi les principes de la refonte du système national de santé.
Un budget annuel de près de 200 millions de dirhams pour les médicaments
L’autre enjeu majeur reste celui du coût des traitements. Selon le ministre, la gratuité des actes de dépistage, de diagnostic et des traitements est déjà largement assurée dans le secteur public, indépendamment du revenu ou du statut de couverture des patients.
Une politique qui traduit, selon lui, « l’engagement de l’Etat à ce qu’aucun Marocain ne soit laissé pour compte face au cancer pour des raisons financières ». La généralisation de la couverture médicale doit désormais permettre de mieux structurer cette accessibilité et de simplifier les parcours de soins.
Le ministère de la Santé consacre, par ailleurs, un budget annuel avoisinant 200 millions de dirhams à l’acquisition de médicaments anticancéreux destinés à l’ensemble des centres d’oncologie. Cette enveloppe couvre également l’accès à des molécules innovantes.
Amine Tehraoui a toutefois appelé à une « vigilance particulière » sur l’ensemble du processus d’approvisionnement afin de garantir la disponibilité des médicaments et des produits de santé nécessaires. L’objectif, a-t-il indiqué, est notamment de concilier l’accès à l’innovation thérapeutique avec les impératifs d’efficacité et d’efficience du système de santé.
Malgré les progrès recensés, l’évaluation à mi-parcours a également mis en évidence plusieurs fragilités. Le Comité de pilotage relève notamment la nécessité d’augmenter la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV), de renforcer la prévention des cancers liés aux risques professionnels et environnementaux et d’améliorer les circuits de diagnostic et de prise en charge conformément aux standards internationaux.
Intégrer le cancer à la réforme du système de santé
La dernière phase du plan cancer doit désormais s’articuler avec la réforme structurelle du système national de santé et le déploiement des Groupements sanitaires territoriaux. Pour Amine Tehraoui, cette transformation représente « une opportunité historique à saisir » pour renforcer la gouvernance du plan, achever la digitalisation des systèmes d’information et garantir la continuité du parcours des patients, du premier recours à la réhabilitation, en passant par le diagnostic et le traitement.
« Je souhaite que le Plan national de prévention et de contrôle du cancer soit pleinement intégré dans cette dynamique de réforme, et non pas conduit en parallèle de celle-ci », a affirmé le ministre. Chaque Groupement sanitaire territorial devra ainsi intégrer à son projet médical une feuille de route consacrée à la prévention, au dépistage et à la prise en charge des cancers, en cohérence avec les orientations nationales.
Le Comité de pilotage a, à l’issue de la réunion, approuvé les orientations prioritaires pour la période 2027-2029. Celles-ci portent sur le renforcement de la gouvernance, l’accélération des programmes de prévention, l’accès équitable au diagnostic et au traitement, le développement des ressources humaines et des équipements et la transformation numérique des services de santé.
La coordination entre institutions, la continuité des soins et le partenariat entre les secteurs public et privé figurent également parmi les axes appelés à structurer la prochaine étape. Le ministre a demandé que ces priorités soient placées au cœur du plan d’action 2027-2028, qui devra être élaboré à l’issue des travaux du Comité.
« Le Maroc a su, en une décennie, se hisser au rang des pays cités en exemple dans la lutte contre le cancer. Nous devons à présent, ensemble, transformer cet acquis en excellence durable, au service de chaque patiente et de chaque patient, dans chaque région du Royaume », a conclu Amine Tehraoui, en saluant l’engagement de la Fondation Lalla Salma et la mobilisation des professionnels de santé.
The post Lutte contre le cancer : Le MS veut accélérer la prévention et réduire les inégalités d'accès aux soins appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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