Posted by - Senbookpro KAAYXOL -
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Le Maroc s’est hissé en deux décennies parmi les économies les plus ouvertes du continent africain. Sa stratégie d’accords de libre-échange a permis de stimuler l’investissement, de transformer l’industrie et de dynamiser certaines filières agricoles. Mais derrière ces résultats se cachent des disparités persistantes qui rappellent que la mondialisation ne profite pas à tous de la même manière, a souligné un récent rapport de la Fondation Friedrich Naumann Stiftung.
L’accord d’association signé avec l’Union européenne en 2000 a marqué le point de départ d’une transformation majeure de l’économie marocaine. Dès les années 1990, le Royaume avait opté pour une libéralisation progressive de ses échanges, mais c’est véritablement avec ce partenariat euro-méditerranéen que l’ouverture a pris un tournant décisif, précise un récent rapport de la Fondation Friedrich Naumann Stiftung, baptisé « Le Maroc accélère le libre échange : les petits agriculteurs sont-ils désavantagés ? » et signé Kenza Sanana.
Il fait savoir que la part du commerce extérieur dans le produit intérieur brut a bondi, passant de 59% en 2000 à près de 79% en 2019, selon l’Office des Changes. Cette orientation a permis au Maroc de se positionner sur des segments stratégiques. L’industrie automobile en est l’illustration la plus emblématique. L’usine Renault-Nissan de Tanger, inaugurée en 2012, a rapidement pris une dimension internationale avec une production annuelle de 400.000 véhicules. Les exportations du secteur, qui atteignaient à peine 300 millions de dollars au début du siècle, culminent aujourd’hui à 14,2 milliards de dollars.
L’agriculture a également bénéficié de cette ouverture, poursuit la même source. Dans des régions comme Souss-Massa, Larache ou Kénitra, de grandes exploitations spécialisées dans les agrumes et les fruits rouges ont investi dans l’irrigation moderne et les infrastructures logistiques. Leur accès privilégié au marché européen leur a permis d’accroître la valeur de leurs produits et de s’imposer comme des acteurs compétitifs à l’échelle internationale.
L’industrie et l’agroalimentaire ne sont pas les seuls secteurs transformés. Grâce au complexe portuaire Tanger Med, devenu le plus grand hub logistique d’Afrique, le Maroc a consolidé son rôle de plateforme incontournable reliant l’Europe, l’Afrique et, dans une moindre mesure, les Amériques. Avec plus de cinquante accords de libre-échange ratifiés, le Royaume a su se placer au cœur des flux commerciaux mondiaux, renforçant ainsi son attractivité pour les investisseurs, affirme l’auteure.
Derrière cette réussite, la réalité est cependant nuancée, déplore-t-elle. La dynamique économique reste concentrée dans les zones côtières et industrielles, laissant de vastes régions rurales en marge du développement. Les grands groupes tirent profit des accords de libre-échange, mais les petits exploitants agricoles, qui représentent 80% de la main-d’œuvre du secteur, voient peu d’améliorations dans leur quotidien.
Dans les provinces montagneuses ou semi-arides comme Azilal ou Béni Mellal-Khénifra, les exploitations sont souvent inférieures à cinq hectares. Cette structure foncière limite les économies d’échelle, souligne Sanana. A cela s’ajoute le manque de routes praticables et de moyens logistiques. La FAO estime que seuls 12% des petits producteurs ont accès à des solutions de transport réfrigéré, ce qui entraîne des pertes post-récolte pouvant atteindre 30%.
Même lorsque les zones rurales se trouvent à proximité des marchés, elles restent exclues des circuits commerciaux modernes. Une étude empirique publiée en 2024 a montré que le succès des exportations marocaines dépend moins de la localisation géographique que de la qualité des infrastructures disponibles. En d’autres termes, la libéralisation des échanges a bénéficié aux territoires disposant de routes, de plateformes logistiques et de corridors d’exportation, tandis que les autres sont restés en retrait.
La dépendance au marché européen constitue un autre point de fragilité. Plus des deux tiers des exportations marocaines continuent d’être absorbées par la zone euro, exposant l’économie aux fluctuations conjoncturelles européennes. Bien que le Maroc ait ratifié la Zone de libre-échange continentale africaine pour élargir ses horizons, la diversification reste encore limitée.
Les autorités en sont conscientes, précise le rapport. Le plan « Génération Green » lancé pour la période 2020-2030 vise à renforcer le rôle des jeunes et des petits exploitants dans la chaîne de valeur agricole. Des initiatives comme « Al Moutmir » cherchent à diffuser les technologies durables et à améliorer les pratiques agricoles. Cependant, il estime que ces programmes ne suffisent pas à gommer la complexité bureaucratique qui freine encore de nombreuses petites entreprises. D’après l’OCDE, seulement 37% des entreprises marocaines éligibles utilisent effectivement les accords de libre-échange en raison des obstacles administratifs et logistiques.
Pour combler ce déficit, les pistes sont connues. Elles passent par la simplification des procédures douanières, par le développement de chaînes du froid pour limiter les pertes agricoles et par l’amélioration des routes d’accès dans les régions enclavées. De tels investissements contribueraient à réduire les écarts entre grandes exploitations orientées vers l’exportation et petits producteurs familiaux.
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