Posted by - senbookpro -
on - 58 minutes ago -
Filed in - Society -
-
1 View - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Après avoir largement misé sur les infrastructures pour soutenir sa croissance, le Maroc est appelé à relever un nouveau défi. Dans son dernier rapport, la Banque mondiale estime que la capacité des entreprises locales à accélérer leur transformation numérique sera déterminante pour gagner en productivité et maintenir le rythme de développement du Royaume.
Le Maroc affiche aujourd’hui l’une des dynamiques économiques les plus solides de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Avec une croissance de 4,9 % en 2025, son niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie, le Royaume bénéficie à la fois du rebond de plusieurs secteurs productifs, de la reprise agricole et d’un important cycle d’investissements publics, notamment en lien avec les préparatifs de la Coupe du monde 2030.
Mais pour la Banque mondiale, cette performance ne suffira pas à maintenir durablement un rythme élevé de croissance. Dans son rapport Morocco Economic Update – Summer 2026, l’institution consacre son analyse spéciale à un sujet qu’elle considère désormais déterminant : la transformation numérique des entreprises marocaines.
L’idée défendue est simple : les investissements publics ont permis de soutenir l’économie et d’améliorer les infrastructures, mais le prochain gain de compétitivité devra provenir d’une hausse de la productivité des entreprises.
Pour parvenir à cette conclusion, la Banque mondiale s’appuie sur une vaste enquête réalisée en 2024 auprès de 1.256 entreprises marocaines, couvrant plus de 300 technologies utilisées dans différents secteurs d’activité.
Le constat est nuancé. Les entreprises marocaines ont largement adopté les outils numériques de base : ordinateurs, messagerie électronique, logiciels de comptabilité ou de gestion, connexions internet ou encore solutions administratives courantes.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’intégrer des technologies plus avancées directement dans les processus de production, la situation change sensiblement. Selon le rapport, moins d’une entreprise sur cinq utilise de manière intensive ces technologies au cœur de son activité.
La Banque mondiale parle ainsi d’une « numérisation incomplète », c’est-à-dire une situation où les outils numériques existent mais restent insuffisamment intégrés pour transformer réellement la productivité des entreprises.
Autrement dit, beaucoup d’entreprises sont équipées, mais relativement peu exploitent pleinement le potentiel offert par l’automatisation, les systèmes intégrés de gestion, l’analyse des données, les technologies numériques avancées ou l’intelligence artificielle.
Cette transition n’est pas seulement une question de modernisation technologique.
Le rapport souligne que les entreprises qui passent d’une simple adoption des outils numériques à une utilisation intensive enregistrent des gains de productivité pouvant atteindre 70 %. Elles affichent également une croissance de l’emploi de l’ordre de 10 %, signe que la transformation numérique peut aller de pair avec la création de valeur et d’emplois.
À l’échelle nationale, les bénéfices seraient tout aussi importants.
Selon les estimations de la Banque mondiale, si le Maroc parvenait à combler son retard numérique par rapport aux pays comparables, la productivité globale pourrait progresser de 10 à 15 %. Une telle évolution constituerait, selon l’institution, un moteur essentiel pour consolider la croissance au cours des prochaines années.
Ce diagnostic intervient dans un contexte macroéconomique particulièrement favorable.
Le rapport souligne que la croissance de 2025 repose sur une dynamique largement partagée entre plusieurs secteurs : agriculture, tourisme, mines, construction et industrie manufacturière. Cette accélération est alimentée par une forte progression de l’investissement public, tandis que l’inflation est restée limitée à 0,8 %, permettant de préserver le pouvoir d’achat et la stabilité macroéconomique.
La situation budgétaire s’est également améliorée. Le déficit public est revenu à 3,5 % du PIB, tandis que la dette de l’administration centrale s’est stabilisée autour de 67 % du PIB. Les réserves de change couvrent toujours environ cinq à six mois d’importations, et la récente amélioration de la notation souveraine du Maroc par S&P est citée parmi les signes de confiance des marchés.
Pour 2026, la Banque mondiale prévoit une croissance de 4,2 %. Elle estime toutefois que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pèseront sur l’activité en raison du renchérissement des coûts énergétiques et du transport maritime. Sans ce contexte international, la croissance marocaine aurait pu approcher les 5 %, souligne le rapport.
Au-delà des indicateurs conjoncturels, le message adressé par la Banque mondiale est clair : le Maroc dispose désormais d’infrastructures, d’une stabilité macroéconomique et d’un rythme d’investissement soutenu. Le principal défi consiste désormais à transformer ces acquis en gains durables de productivité.
Pour l’institution, cette nouvelle phase passera par une diffusion beaucoup plus large des technologies numériques dans le tissu productif, en particulier auprès des petites et moyennes entreprises, afin que la digitalisation ne se limite plus aux fonctions administratives mais irrigue l’ensemble des processus de production, d’organisation et d’innovation. C’est à cette condition, conclut le rapport, que la dynamique actuelle pourra être durablement consolidée.
The post Numérique : la BM identifie le prochain grand défi de l'économie marocaine appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
At our community we believe in the power of connections. Our platform is more than just a social networking site; it's a vibrant community where individuals from diverse backgrounds come together to share, connect, and thrive.
We are dedicated to fostering creativity, building strong communities, and raising awareness on a global scale.