Posted by - senbookpro -
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Le marché des œufs connaît un retournement rapide. Après plusieurs mois de hausse, marqués notamment par un pic durant le Ramadan, les prix ont nettement reculé. L’unité, qui dépassait 1,50 dirham il y a encore quelques semaines, se négocie désormais entre 0,60 et 0,90 dirham selon les circuits de distribution.
Ce repli s’explique d’abord par un afflux de l’offre. La filière avicole a retrouvé un rythme de production élevé, avec un volume estimé à près de 7 milliards d’unités en 2025. Un niveau jamais atteint jusque-là, qui traduit la reprise progressive d’un secteur bousculé ces dernières années par la pandémie, la hausse des coûts et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Cette abondance a mécaniquement tiré les prix vers le bas. Sur les marchés de gros comme chez les détaillants, la tendance est à l’ajustement, avec des stocks qui peinent parfois à s’écouler au rythme attendu. Pour les consommateurs, la baisse est perceptible et intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat reste sous pression.
L’œuf conserve en effet une place centrale dans l’alimentation des ménages. Produit bon marché et facile d’accès, il sert souvent de substitut à d’autres sources de protéines devenues plus coûteuses, comme la viande rouge ou même la volaille. Cette évolution se confirme dans les chiffres de consommation, en nette progression : un Marocain consomme en moyenne 191 œufs par an, contre 171 l’année précédente.
Mais cette détente des prix n’est pas sans conséquence pour les producteurs. Plusieurs professionnels alertent sur une situation devenue difficilement soutenable. À ces niveaux, le prix de vente frôle, voire passe en dessous du coût de revient. Entre l’alimentation des volailles, l’énergie, le transport et les charges fixes, les marges se réduisent dangereusement.
Le risque est connu dans ce type de cycle. Une baisse prolongée des prix peut pousser certains éleveurs à réduire leur activité, voire à sortir du marché. À moyen terme, cela peut provoquer un déséquilibre inverse : une contraction de l’offre qui, à son tour, alimente une nouvelle hausse des prix. La filière reste ainsi prise dans un mouvement de va-et-vient, difficile à stabiliser.
Cette fragilité tient aussi à la dépendance structurelle du secteur vis-à-vis de l’extérieur. L’essentiel des matières premières utilisées pour l’alimentation des volailles, notamment le maïs et le soja, est importé. Les coûts de production restent donc exposés aux fluctuations des marchés internationaux, aux variations du dollar et aux tensions logistiques.
Dans ce contexte, la baisse actuelle des prix apparaît comme un soulagement à court terme pour les ménages, mais elle pose une équation plus complexe pour l’ensemble de la filière. Trouver un point d’équilibre entre accessibilité pour le consommateur et viabilité économique pour les producteurs reste un défi récurrent, que les épisodes récents viennent une nouvelle fois rappeler.
Avec l’arrivée de la saison des mariages et des fêtes familiales, la demande s’annonce déjà plus soutenue. De quoi relancer la pression sur les prix. Après une accalmie, le marché pourrait reprendre son mouvement habituel, laissant les ménages face à un répit de courte durée.
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