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Le nombre d’exécutions dans le monde a atteint en 2023 son plus haut niveau depuis près d’une décennie, selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk. Lors d’un panel au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, Türk a exprimé sa préoccupation face à cette tendance inquiétante.
En 2023, 1.153 personnes ont été exécutées dans 16 pays, marquant une augmentation de plus de 30 % par rapport à 2022. Ce chiffre est le plus élevé depuis 2015, année où 1.634 exécutions avaient été recensées. Il est important de noter que ces données n’incluent pas la Chine, où le Bureau des droits de l’homme de l’ONU manque de statistiques transparentes sur la peine de mort.
Les infractions liées à la drogue en tête des condamnations
Plus de 40 % de ces exécutions, le pourcentage le plus élevé depuis 2016, sont liées à des infractions en matière de drogue. Cette proportion a considérablement augmenté au cours des deux dernières années, la quasi-totalité de ces exécutions ayant eu lieu en République islamique d’Iran. Volker Türk a souligné que les infractions liées à la drogue ne répondent pas aux normes fixées par le droit international des droits de l’homme, qui se réfère uniquement aux crimes les plus graves, impliquant un homicide intentionnel. Il a également rappelé que le recours à la peine de mort peut conduire à l’exécution d’innocents, comme l’ont démontré des criminologues et des experts.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a également mis en lumière le caractère souvent discriminatoire de la peine de mort, avec un impact disproportionné sur les minorités raciales, ethniques, linguistiques et religieuses, ainsi que sur la communauté LGBTIQ+. Türk a exprimé sa préoccupation quant à la dimension sexospécifique de la peine de mort, notant que les États ne tiennent pas toujours compte des circonstances atténuantes liées au genre lorsqu’ils condamnent des femmes à la peine capitale, y compris des antécédents de traumatismes et de violences liés au genre.
Une tendance mondiale vers l’abolition
Malgré cette augmentation alarmante, la tendance mondiale vers l’abolition de la peine de mort se poursuit. Le nombre de pays ayant procédé à des exécutions n’a jamais été aussi bas, avec 113 pays ayant complètement aboli la peine de mort. Les pays du Sud sont désormais à la tête du mouvement en faveur de l’abolition. Des capitales telles qu’Abidjan, Accra, Lusaka, Kuala Lumpur et Islamabad ont pris des mesures importantes en faveur de l’abolition.
Le soutien international au moratoire sur la peine de mort est également en hausse. En décembre 2024, le nombre d’États membres de l’Assemblée générale de l’ONU ayant voté en faveur de la résolution annuelle relative au moratoire a atteint un chiffre record de 129. Pour l’ONU, la peine de mort est une pratique qui ne devrait pas avoir sa place au 21e siècle. M. Türk a insisté sur le fait que, bien que certains pays affirment que la peine de mort relève de leur souveraineté nationale, elle est incompatible avec la dignité humaine et le droit à la vie.
Enfin, le responsable Onusien a invité les États qui n’ont pas encore aboli la peine de mort à veiller à ce qu’elle ne soit appliquée que pour les crimes les plus graves, c’est-à-dire les crimes d’une extrême gravité impliquant un homicide volontaire.
« La peine de mort ne sert guère les victimes et n’a pas d’effet dissuasif sur la criminalité. De plus, même les meilleures procédures judiciaires comportent un risque d’erreur judiciaire. Lorsque la peine de mort est appliquée, cette erreur judiciaire peut conduire au meurtre d’une personne innocente », a rappelé le chef des droits de l’homme de l’ONU
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