Posted by - senbookpro -
on - 1 hour ago -
Filed in - Society -
-
1 View - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Après Abdellah Baïda, qui avait fait renaître le personnage d’Agoun’chich dans « Sacré personnage », Abderrahim Kamal choisit de placer Mohammed Khaïr-Eddine au centre de son ouvrage « Khaïr-Eddine, la rage de dents ».
Loin de toute démarche biographique ou commémorative, l’auteur cherche plutôt à restituer, par la fiction, la présence singulière et l’univers foisonnant d’une figure majeure du paysage littéraire marocain.
Dès la quatrième de couverture, le lecteur est plongé dans un monde marqué par le mouvement, la douleur, l’excès et la révolte : « Khaïr-Eddine vagabonde, crie, rêve, se souvient, écrit, boit, aime, vomit, souffre, erre dans son corps, sa mémoire et son cœur ».
Le récit s’ouvre dans l’église Saint-Séverin, à Paris, autour d’une interrogation centrale : «Comment peut-on oublier ? ». Cette question irrigue l’ensemble de l’ouvrage, qui se veut une résistance à l’effacement d’un homme, d’une œuvre et d’une parole indocile.
Pour saisir une personnalité aussi complexe, Abderrahim Kamal multiplie les points de vue et les voix narratives. Ce parti pris révèle les multiples facettes de Khaïr-Eddine sans jamais le sanctifier. Ses élans, ses blessures, ses contradictions, mais aussi ses fragilités et ses excès sont restitués avec une remarquable finesse.
L’un des principaux mérites du livre réside justement dans sa capacité à dépasser l’image stéréotypée de l’« écrivain en colère ». Certes, la rage demeure omniprésente, fidèle à l’esprit de son œuvre. Toutefois, elle se transforme progressivement en signe d’une lassitude plus intime. Derrière la révolte affleure alors une aspiration nouvelle, plus discrète mais essentielle : la quête de beauté. Lorsque l’écrivain affirme vouloir emporter avec lui « uniquement la beauté », il ne s’agit pas d’un renoncement, mais de l’expression d’une lucidité acquise au terme d’un long face-à-face avec ses blessures et celles du monde.
Le livre prend ici toute son ampleur dans l’évocation du rapport de Khaïr-Eddine à l’écriture. Pour lui, écrire relève moins d’un exercice littéraire que d’une nécessité existentielle. L’écriture devient une manière de sauver de l’oubli des êtres, des paysages et des voix fragilisés par le temps.
Lorsqu’il déclare écrire depuis l’âge de treize ans et vouloir poursuivre jusqu’à son dernier souffle, il résume une conception de la littérature fondée sur la transmission et la sauvegarde de la mémoire. L’écriture ne sert pas à embellir le réel ; elle en révèle la violence, la beauté et les contradictions.
En s’appuyant sur des textes autobiographiques, des lettres et divers écrits de Khaïr-Eddine, Abderrahim Kamal compose un récit dense et vibrant. « Khaïr-Eddine, la rage de dents » rappelle non seulement l’importance d’une œuvre majeure de la littérature marocaine, mais lui restitue également toute son intensité. Plus qu’un portrait d’écrivain, ce livre lui rend sa morsure, sa fièvre et sa voix. A lire sans modération !
The post Quand Abderrahim Kamal redonne voix au Grand Khaïr appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
At our community we believe in the power of connections. Our platform is more than just a social networking site; it's a vibrant community where individuals from diverse backgrounds come together to share, connect, and thrive.
We are dedicated to fostering creativity, building strong communities, and raising awareness on a global scale.