Posted by - senbookpro -
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Le système financier marocain demeure solide et résilient, soutenu par des fondamentaux robustes et des marges prudentielles jugées confortables. C’est le principal constat dressé par le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) à l’issue de sa 23ᵉ réunion tenue au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat.
À l’issue de l’analyse des principaux indicateurs de suivi, le Comité estime que le secteur financier continue de faire preuve d’une forte capacité de résistance face aux risques macroéconomiques. Il a également salué les progrès accomplis par le Maroc en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, tout en appelant à poursuivre les efforts afin de consolider ces acquis, de maintenir un haut niveau de conformité avec les normes internationales et de préparer les prochaines évaluations mutuelles du Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENAFATF).
Réuni sous la présidence du gouverneur de Bank Al-Maghrib, en présence des responsables de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), ainsi que de représentants du ministère de l’Économie et des Finances et de la Trésorerie générale, le Comité a validé la 13ᵉ édition du Rapport sur la stabilité financière au titre de l’exercice 2025. Les membres ont également examiné l’état d’avancement de la feuille de route 2026-2030 consacrée à la stabilité financière ainsi que l’évolution des principaux risques pesant sur le système financier national.
Le Comité relève que le secteur des assurances a poursuivi sa dynamique de croissance dans un environnement économique globalement favorable.
L’assurance-vie a notamment confirmé son redressement, porté par la bonne performance des produits d’épargne. Les primes encaissées dans cette branche ont progressé de 8,9 % au cours de l’année.
Sur le plan financier, les compagnies d’assurances ont enregistré un résultat net de 5,3 milliards de dirhams, en hausse de 21,4 %, grâce notamment à l’amélioration des revenus financiers. Cette performance a permis au rendement des fonds propres d’atteindre 11,1 %, son niveau le plus élevé de la dernière décennie.
Le dynamisme de la Bourse de Casablanca a également renforcé la valeur latente des actifs, qui s’établit désormais à 62,5 milliards de dirhams, soit 23,8 % des placements, un niveau record favorisé par deux années consécutives de forte progression de l’indice MASI.
Cette évolution a considérablement renforcé la solvabilité du secteur. Le taux réglementaire de couverture de la marge de solvabilité a progressé de 54,7 points pour atteindre 409,4 %. Les tests de résistance réalisés par les autorités montrent par ailleurs que les compagnies d’assurances disposent de marges suffisantes pour absorber d’éventuels chocs économiques ou techniques.
S’agissant des régimes de retraite, le Comité souligne que l’application des deux dernières tranches des augmentations salariales issues du dialogue social du 29 avril 2024 a permis d’améliorer certains indicateurs financiers des régimes de la fonction publique.
Il avertit toutefois que ces derniers continuent de souffrir de déséquilibres structurels et que leur viabilité à long terme demeure insuffisante.
Le Comité réaffirme ainsi la nécessité d’engager une réforme globale du système, fondée sur la création de deux pôles — l’un public, l’autre privé — afin de résorber une partie importante des engagements non couverts et d’assurer la pérennité financière des régimes de retraite.
Au niveau macroéconomique, le Comité observe que l’économie mondiale a fait preuve d’une résilience relative en 2025, soutenue par la vigueur de la demande intérieure et l’assouplissement des politiques monétaires. Il relève toutefois que les tensions géopolitiques persistantes et le niveau élevé de l’endettement continuent de peser sur les perspectives internationales.
Au Maroc, la croissance s’est nettement accélérée grâce à l’amélioration des conditions climatiques et au dynamisme de plusieurs secteurs non agricoles.
Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, la croissance du PIB est passée de 4,4 % en 2024 à 4,9 % en 2025, avant d’atteindre 5,2 % en 2026, puis de ralentir à 3,1 % en 2027, sur l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne.
L’inflation demeure maîtrisée. Après 0,9 % en 2024 et 0,8 % en 2025, elle devrait s’établir à 1,5 % en 2026 puis 2,1 % en 2027.
Déficit extérieur maîtrisé et finances publiques en amélioration
Le déficit du compte courant devrait représenter 2,4 % du PIB en 2025, avant de se creuser à 4 % en 2026 puis de revenir à 3,8 % en 2027.
Grâce aux flux attendus sur le compte financier, les réserves officielles de change continueraient de progresser pour atteindre, à l’horizon 2027, un niveau couvrant l’équivalent de six mois et neuf jours d’importations de biens et services.
Le Comité constate également la poursuite de l’assainissement des finances publiques. Hors recettes exceptionnelles issues des cessions d’actifs de l’État, le déficit budgétaire devrait être ramené à 3,5 % du PIB en 2025, puis à 3,4 % en 2026 et 2027.
Dans ce contexte, la dette du Trésor poursuivrait sa décrue graduelle pour atteindre 65,1 % du PIB en 2027.
Le rapport souligne enfin la bonne santé du secteur bancaire marocain, qui consolide ses performances pour la troisième année consécutive.
À fin décembre 2025, le résultat net consolidé des établissements de crédit s’est établi à 19,2 milliards de dirhams, en progression de 22,2 % par rapport à l’année précédente, grâce notamment à l’amélioration du produit net bancaire et à la baisse du coût du risque.
Les crédits accordés au secteur non financier ont progressé de 6,5 %, soutenus par le dynamisme des activités non agricoles et par l’assouplissement de la politique monétaire.
Parallèlement, le taux des créances en souffrance a légèrement reculé à 8,3 %, contre 8,4 % un an auparavant, tandis que leur taux de couverture par les provisions est resté proche de 68 %.
Selon le Comité, ces performances renforcent la solidité du système bancaire. Le ratio global de solvabilité atteint désormais 16,1 %, tandis que le ratio des fonds propres de catégorie 1 s’élève à 13,5 %, des niveaux largement supérieurs aux exigences réglementaires.
Les exercices de simulation de crise confirment également la capacité des principales banques marocaines à absorber des chocs macroéconomiques majeurs, tandis que leur ratio de liquidité à court terme demeure supérieur au seuil réglementaire.
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