Posted by - senbookpro -
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La clôture des travaux de l’« Agora de l’égalité et du leadership », organisée à Rabat par la Fédération de la Ligue des droits des femmes, a donné lieu à un constat critique sur le bilan de la législature 2021-2026 en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. L’organisation estime que les engagements affichés par les pouvoirs publics n’ont pas été suivis de réformes structurelles à la hauteur des objectifs annoncés, tant sur le plan économique que législatif, et appelle à inscrire l’égalité effective au cœur des politiques de développement.
Réunis les 18 et 19 juillet dans la capitale, des représentants de la société civile, des partis politiques, des experts, des universitaires, des journalistes et des jeunes venus des différentes régions du Royaume ont examiné les politiques publiques sous l’angle de l’égalité. À l’issue de cette rencontre, la Fédération a plaidé pour un passage « d’une logique des promesses à celle des réformes structurelles », estimant que les résultats enregistrés au cours de l’actuelle législature restent en deçà des engagements pris.
Les débats se sont notamment appuyés sur des données officielles faisant état d’un taux d’activité économique des femmes limité à 19 %. Les participants ont également relevé qu’environ 81 % des femmes exercent une activité dans l’économie du soin non rémunérée ou dans le secteur informel. Pour les organisateurs, ces indicateurs traduisent la faiblesse persistante de l’intégration des femmes dans le tissu économique, malgré les programmes et dispositifs publics mis en avant ces dernières années.
La Fédération considère que cette situation appelle des réformes de fond destinées à garantir les droits économiques des femmes. Elle plaide notamment pour un meilleur accès à la propriété, au financement, au crédit et à la protection sociale, estimant que les politiques publiques ne peuvent se limiter à des mécanismes d’accompagnement ou de soutien ponctuel.
Selon les conclusions de l’Agora, l’action publique s’est principalement concentrée sur la facilitation de l’accès aux services bancaires et aux programmes d’appui, sans s’attaquer aux facteurs structurels qui limitent l’autonomie économique des femmes. Les participants citent notamment les difficultés d’accès à la propriété foncière, aux garanties financières et au crédit, mais aussi le poids des responsabilités familiales et le manque de services publics de proximité, tels que les crèches ou des solutions de transport sécurisé. Autant de contraintes qui continuent, selon eux, de freiner l’entrée des femmes sur le marché du travail et leur maintien dans l’emploi.
Les échanges ont également porté sur la cohérence des politiques publiques. Les participants ont souligné que, si le Maroc est parvenu à réaliser d’importants projets dans les domaines des infrastructures et de l’investissement, cette dynamique ne s’est pas traduite par une progression comparable de la participation économique des femmes. Ils attribuent cet écart au manque de convergence entre les différentes politiques sectorielles et à une coordination jugée insuffisante.
Sur le terrain législatif, la Fédération relève que les propositions de loi d’origine parlementaire n’ont représenté que 6 % de l’ensemble des textes adoptés durant la législature en cours. À ses yeux, ce chiffre illustre la faible portée des initiatives parlementaires susceptibles de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes ou d’accompagner les réformes sociales.
Dans son évaluation du travail parlementaire, l’organisation estime que l’opposition a fait preuve d’une certaine dynamique en matière de contrôle de l’action gouvernementale et de dépôt de propositions de loi. Elle considère toutefois que la prédominance du pouvoir exécutif dans la définition de l’agenda législatif a limité la traduction de ces initiatives en réformes juridiques effectives.
La réforme du Code de la famille (Moudawana) a occupé une place centrale dans les discussions. Les participants ont regretté que le projet de révision ne soit toujours pas entré en vigueur, estimant que ce retard maintient « dans la salle d’attente » les droits des femmes, des enfants ainsi que les attentes des jeunes souhaitant fonder une famille fondée sur l’égalité et la dignité.
La Fédération a rappelé que la réforme de la Moudawana ne relève pas uniquement de la question des droits des femmes, mais constitue également un levier de stabilité familiale ainsi qu’un facteur de développement social et économique, dans un contexte marqué par les transformations que connaît la société marocaine, notamment le recul de l’âge du mariage et l’évolution des modèles familiaux.
À ce titre, l’Agora a appelé à accélérer l’adoption d’une réforme « équitable et équilibrée » du Code de la famille, conforme aux dispositions de la Constitution et aux évolutions de la société marocaine. Le maintien du statu quo, estime-t-elle, entretient une situation d’incertitude sur les plans juridique et social.
En conclusion, la Fédération de la Ligue des droits des femmes considère que les élections législatives de 2026 devront constituer un moment d’évaluation de l’engagement des formations politiques en faveur de l’égalité et des droits des femmes. Elle appelle, dans cette perspective, à des politiques publiques plus efficaces, capables d’accroître la participation économique des femmes et de renforcer leur contribution au développement économique et social du Royaume.
The post Réforme de la Moudawana et emploi des femmes : la FLDF presse l'État d'agir appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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