Posted by - senbookpro -
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Le projet Sila Atlantik, qui consiste à relier le Maroc à l’Allemagne par une interconnexion électrique sous-marine géante, fait toujours l’objet de discussions entre Rabat et Berlin. Selon Reuters, les deux parties ne sont pas encore parvenues à s’accorder sur plusieurs aspects structurants du projet, notamment les garanties publiques, son architecture juridique, sa gouvernance et le sens des futurs échanges d’électricité.
Estimé à près de 30 milliards de dollars, Sila Atlantik figure parmi les projets énergétiques les plus ambitieux actuellement envisagés entre l’Afrique et l’Europe. Il prévoit de produire au Maroc de grandes quantités d’électricité d’origine solaire et éolienne, avant de les acheminer vers l’Allemagne au moyen d’une liaison sous-marine à courant continu haute tension.
L’ampleur de l’investissement, la distance séparant les deux pays et la diversité des acteurs appelés à intervenir rendent toutefois indispensable la mise en place d’un cadre politique, juridique et financier suffisamment solide. Or, plusieurs questions restent encore en suspens.
Selon quatre sources marocaines et allemandes citées par Reuters, les discussions ont été ralenties par des divergences portant sur les garanties publiques, la structure juridique du projet et les modalités de sa gouvernance. Ces questions sont déterminantes pour sécuriser les investissements et répartir les responsabilités entre les gouvernements, les promoteurs privés, les gestionnaires de réseaux et les éventuels bailleurs de fonds.
Rabat souhaiterait notamment que le projet soit encadré par un accord intergouvernemental formellement approuvé par Berlin. Une telle entente permettrait de garantir l’engagement durable de l’État allemand et d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs sur un projet appelé à être développé et exploité sur plusieurs décennies.
Les autorités marocaines voudraient ainsi éviter que la réalisation de Sila Atlantik ne repose essentiellement sur des engagements politiques ou administratifs susceptibles d’évoluer au gré des changements de gouvernement ou des priorités énergétiques allemandes.
Au-delà des garanties et de l’architecture institutionnelle, les divergences portent également sur la vocation même de la future interconnexion.
Le Maroc ne souhaiterait pas que la liaison soit conçue uniquement comme un corridor destiné à exporter de l’électricité renouvelable vers l’Allemagne. Rabat défendrait plutôt le principe d’une infrastructure bidirectionnelle, permettant des échanges électriques dans les deux sens selon les besoins des réseaux et les conditions du marché.
Cette approche traduit une différence de fond sur le modèle de coopération recherché. Une liaison exclusivement tournée vers l’exportation placerait essentiellement le Maroc dans la position d’un producteur fournissant de l’électricité verte au marché allemand. Une interconnexion bidirectionnelle s’inscrirait, en revanche, dans une logique plus large d’intégration des réseaux, de sécurité énergétique et de complémentarité entre les deux partenaires.
Interrogé par Reuters sur l’état des négociations, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable n’a pas apporté de réponses précises sur les différents points de divergence. Le département a néanmoins rappelé que « l’intégration régionale constitue un pilier essentiel de la stratégie marocaine de transition énergétique ».
Cette déclaration éclaire la position défendue par Rabat. Le Royaume considère les interconnexions non seulement comme des moyens d’exporter ses futures capacités renouvelables, mais également comme des infrastructures susceptibles de renforcer la stabilité du réseau national, de faciliter les échanges transfrontaliers et d’améliorer la sécurité d’approvisionnement.
Reuters rapporte, par ailleurs, que les autorités marocaines n’ont pas encore accordé au projet les quelque 150.000 hectares de terrains nécessaires à l’installation de ses capacités de production solaire et éolienne. Cette superficie avait auparavant été associée au projet britannique Xlinks, qui envisageait une liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni.
L’absence d’attribution foncière montre que Sila Atlantik doit encore franchir plusieurs étapes avant d’entrer dans une phase opérationnelle. Elle ne signifie toutefois pas que le projet est abandonné, mais confirme que les négociations institutionnelles et les garanties attendues par Rabat restent préalables à tout engagement de cette ampleur.
The post Sila Atlantik : Rabat et Berlin cherchent encore un terrain d'entente appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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