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Des sources bien informées ont indiqué à Hespress que l’Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT) s’apprête à dépêcher des missions d’audit centralisées afin d’examiner des irrégularités financières et comptables au sein d’associations de transport scolaire et universitaire opérant dans plusieurs collectivités territoriales et préfectures relevant des régions de Casablanca-Settat, Béni Mellal-Khénifra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.
Selon les mêmes sources, cette initiative du ministère de l’Intérieur repose sur des rapports ayant mis en lumière une hausse significative des transactions en espèces (cash) effectuées par certaines associations. Celles-ci perçoivent des cotisations en numéraire, malgré la disponibilité de comptes bancaires, ce qui a révélé des pratiques frauduleuses visant à gonfler artificiellement le nombre de bénéficiaires afin de capter indûment des subventions publiques. Ces fonds auraient ensuite été détournés au profit de gestionnaires associatifs et d’élus locaux.
Les rapports transmis aux services centraux du ministère contiennent des données précises sur des associations bénéficiant de conventions de partenariat avec des conseils élus et divers départements ministériels, ainsi que d’exonérations fiscales et douanières, de dons et de subventions, tout en échappant à une tenue comptable rigoureuse.
D’après les informations obtenues par Hespress, certaines associations n’ont même pas entrepris les démarches pour obtenir un identifiant commun de l’entreprise (ICE), malgré les mises en garde des autorités provinciales. L’audit portera, dans un premier temps, sur l’identification des dirigeants de ces associations, l’examen de leurs relevés bancaires ainsi que des procès-verbaux relatifs aux conventions conclues avec leurs partenaires, en particulier les conseils communaux. Une attention particulière sera portée sur la traçabilité des dépenses, notamment celles liées au carburant, aux pièces détachées et aux frais de maintenance des véhicules dédiés au transport scolaire et universitaire.
Les investigations visent également à établir d’éventuels liens familiaux ou intérêts croisés entre les présidents et gestionnaires d’associations et certains élus siégeant dans les conseils ayant approuvé ces conventions lors des sessions de mai, octobre et février précédentes. Ces accords auraient été adoptés à l’unanimité, soulevant ainsi des soupçons quant à des conflits d’intérêts et des collusions.
Par ailleurs, des élus de l’opposition ont saisi le ministère de l’Intérieur en déposant des plaintes documentées prouvant l’implication de certains conseillers dans des situations de prise illégale d’intérêts et d’enrichissement personnel. Les enquêtes à venir incluent également l’examen des procès-verbaux de suivi de l’exécution des conventions de partenariat établis par les conseils élus et les instances gouvernementales octroyant des financements, afin de les confronter aux documents comptables et administratifs qui seront requis auprès des associations concernées.
En outre, des rapports émanant des services des « affaires intérieures » de plusieurs préfectures et provinces ont récemment alerté les instances centrales du ministère. Ces rapports font état de l’organisation de voyages récréatifs pour des femmes et des enfants après l’Aïd al-Fitr par des associations liées à des conventions de transport scolaire. Ils révèlent des tentatives d’exploitation des bus scolaires à des fins électoralistes, au bénéfice de présidents de communes et d’élus influents, dans le cadre d’une campagne de mobilisation en vue des échéances électorales de 2026.
Pour mener à bien ces investigations, les missions d’audit s’appuient sur des rapports actualisés établis par les représentants de l’autorité locale, notamment les caïds, mokadems et cheikhs, chargés du suivi des activités des associations de transport scolaire relevant de leur ressort territorial. L’accent sera mis sur celles ayant conclu des partenariats avec des conseils élus et suspectées d’avoir détourné leurs équipements et ressources à des fins personnelles et politiques. Ces investigations permettront d’identifier les situations de conflits d’intérêts et d’incompatibilité impliquant les responsables de ces associations et des élus, facilitant ainsi l’examen des contrats de partenariat et des cahiers des charges encadrant la gestion du transport scolaire, notamment en milieu rural.
The post Soupçons de détournement : Les associations de transport scolaire dans le viseur de l’IGAT appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.