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Depuis le retour de l’administration Trump au pouvoir aux Etats-Unis, la diplomatie algérienne est aux aguets, à l’affut de toute déclaration ou décision en faveur du Maroc dans le dossier du Sahara. Et pour tenter de soigner ses relations avec la nouvelle administration, tout est permis, jusqu’à oublier les « priorités nationales » algériennes, comme la Palestine.
C’est dans un discours lissé, dépouillé de toutes les mentions qui pourraient froisser Donald Trump que l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis d’Amérique, Sabri Boukadoum, a cherché à montrer patte blanche dans un entretien au quotidien américain USA TODAY Business Focus.
Conscient que le président américain est avant tout un businessman, le diplomate algérien a cherché à faire entendre la voix de l’Algérie grâce à cet entretien qui devrait « parler » à Trump, notamment en termes d’opportunités économiques.
L’Algérie, pays connu comme l’une des rares nations à être complètement fermées et à vivre en autarcie, ouvre désormais les grands bras à l’administration Trump, lui faisant miroiter différentes opportunités économiques et souvent beaucoup de pipeau, notamment en termes de tourisme et en avantages commerciaux, et atouts prometteurs.
« L’Algérie est une terre d’opportunités », a déclaré le diplomate algérien, insistant que son pays compte « une population jeune, des ressources naturelles abondantes et un large éventail d’opportunités d’investissement».
Il a cité plusieurs secteurs « vendeurs », comme l’énergie et les énergies renouvelables, ainsi que le domaine de l’agriculture comme secteur en croissance. « Par exemple, une entreprise privée algérienne a importé 25 000 vaches américaines », a-t-il dit.
Mais dans son grand oral, préparé à Alger pour cet entretien qui a dû être validé par le ministère des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum a surtout montré la diplomatie à géométrie variable de l’Algérie et son agenda changeant.
Le chef de mission diplomatique d’Algérie à Washington a déclaré que l’Algérie renforçait son rôle diplomatique sur la scène internationale, ajoutant que le contexte géopolitique actuel est un terrain de défis et d’opportunités pour l’Algérie, insistant sur l’importance de parvenir à un équilibre entre eux.
L’opportunisme est réellement le terme adéquat puisque l’Algérie s’est séparée de ses discours fraternels envers les Palestiniens et a oublié toutes les injures proférées contre Israël, notamment celles qui parlaient de l’axe du mal entre Rabat et Tel Aviv, ou encore l' »Etat sioniste » était désormais à ses frontières.
Depuis l’élection de Donald Trump, meilleur soutien d’Israël, même le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a déclaré dans un entretien récent que l’Algérie n’avait (plus) « aucun problème » avec Israël et était prête à reconnaitre l’Etat d’Israël, au moment où les critiques étaient et restent acerbes vis à vis du Maroc qui n’a fait que reprendre ses relations diplomatiques avec ce pays.
L’Algérie, a affirmé son ancien ministre des Affaires étrangères, poursuit le dialogue constant avec la nouvelle administration américaine et des entretiens ont eu lieu entre le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et son homologue Marco Rubio. «Des discussions en l’occurrence approfondies sur les moyens de renforcer la coopération bilatérale, ainsi que de contribuer à la sécurité internationale», a-t-il dit.
« J’ai eu de multiples discussions avec la nouvelle administration concernant la coopération présente et future. Nous restons ouverts et optimistes. Notre objectif est de renforcer les relations bilatérales et de contribuer à la sécurité mondiale », a affirmé l’ambassadeur algérien.
Et d’ajouter : « nous nous sommes activement engagés, en particulier avec les États-Unis, ainsi qu’avec tous les membres du P5 et du A3, pour faire face à la crise à Gaza et en Cisjordanie ».
Le diplomate algérien a oublié les déclarations enflammées des responsables algériens depuis Alger. Celles qui qualifient Israël d’« entité sioniste », qui ne reconnaissent pas Israël comme un Etat, qui affirment être « aux côtés de la Palestine qu’elle ait tort ou raison », qui injurient Israël et le Maroc en faisant l’amalgame entre les Palestiniens et les sahraouis.
Boukadoum, n’a pas pu pipé mot au sujet de la déportations des Palestiniens, un projet soutenu par le président Trump et pour lequel toutes les nations arabes se sont exprimées. L’Algérie s’est mue dans le silence, trop peureuse de perdre l’espoir de bonnes relations avec l’administration du républicain.
Les discours bonimenteurs de l’Algérie sur la Palestine s’arrêtent donc à des récits préfabriqués pour servir la soupe aux Algériens et les persuader de l’attachement de leur pays à la cause palestinienne. Mais en réalité, la seule chose qui importe pour les dirigeants algériens c’est de ne pas perdre la face dans le dossier du Sahara.
Les réponses de l’ambassadeur algérien aux Etats-Unis le montrent bien, et les termes utilisés le prouvent. Sabri Boukadoum n’a pas osé parler de « guerre » ou de « génocide » à Gaza, il n’a pas osé parlé des « attaques » israéliennes, minimisant les faits au point de parler de simple « crise ».
Soulignant que l’Algérie et ses partenaires auraient, selon ses propos, travaillé ensemble et se seraient focalisés sur la coopération sécuritaire dans la région du Sahel comme la lutte contre le terrorisme, notamment les crises en RDC et au Soudan, l’ambassadeur algérien n’a pas pu évoquer d’autres crises en Afrique, dont celle qui l’obsède.
Boukadoum n’a pas osé parler de la question du Sahara puisqu’il sait que l’administration Trump reconnait la souveraineté du Maroc. Il n’a eu ni le courage ni l’audace de mentionner la position algérienne qui est tout à fait contraire à celle de Washington, ce qui montre encore une fois, la faiblesse de la diplomatie algérienne qui fait des courbettes à Trump en faisant l’impasse sur ses « priorités nationales » comme « l’autodétermination des Sahraouis » et la Palestine, tous deux relégués aux oubliettes.
The post Trump, Israël, Palestine: la dérive diplomatique d’une Algérie prête à tout sacrifier pour ses intérêts appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.