Posted by - senbookpro -
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Loin de « l’enthousiasme » qu’il espérait susciter avec sa demande d’aide pour le détroit d’Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des États-Unis, échaudés par des mois d’attaques commerciales et d’humiliations diplomatiques, et par ailleurs contraints dans leurs capacités militaires.
« Nous encourageons vivement les autres pays à s’impliquer avec nous, et à s’impliquer vite et avec beaucoup d’enthousiasme », a déclaré lundi le président américain, qui souhaite rétablir la circulation dans cette artère vitale pour le commerce pétrolier, désertée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le dirigeant républicain, qui a déclenché l’offensive israélo-américaine contre l’Iran sans guère se soucier des alliés de Washington, a présenté sa demande d’aide comme une sorte de test de loyauté. « Le degré d’enthousiasme est important pour moi », a-t-il insisté.
« Nous n’avons besoin de personne », a toutefois assuré Donald Trump, avant d’ajouter à l’adresse des pays de l’Otan en particulier : « Ils devraient bondir pour nous aider, parce que nous les aidons depuis des années. » Il a même jugé que la plus grande rivale des États-Unis, la Chine, « devrait [le] remercier » d’avoir engagé ce conflit.
Pourtant, personne ou presque ne « bondit », à l’exception de certains mystérieux pays dont Donald Trump assure qu’ils vont soutenir les États-Unis, tout en refusant de les nommer.
Interrogé lundi sur un appel passé avec le président français Emmanuel Macron, le républicain n’a d’ailleurs pas caché sa réserve teintée de provocation : « Sur une échelle de zéro à dix, je dirais qu’il mérite un huit. » Avant d’ajouter laconiquement : « Pas parfait, mais c’est la France. »
Le Royaume-Uni et l’Allemagne ont formellement écarté, lundi, toute mission de l’Otan pour rétablir la circulation maritime. Le Japon et l’Australie, alliés historiques des États-Unis dans la région Asie-Pacifique, ont également exclu tout envoi de moyens dans le détroit.
« C’est vraiment une demande incroyable », commente pour l’AFP Philip Gordon, ancien conseiller pour la sécurité nationale de la vice-présidente démocrate Kamala Harris, et désormais expert pour la Brookings Institution. Il juge que Donald Trump récolte en quelque sorte ce qu’il a semé, à force d’imposer des droits de douane, de critiquer l’Otan, de convoiter le Groenland ou de minimiser — voire de nier franchement — les pertes subies par les alliés des États-Unis en Afghanistan.
« Imaginez que vous êtes un dirigeant européen qui doit justifier de risquer des vies humaines non seulement pour cette opération, mais pour un président qui n’a eu de cesse de vous insulter et de vous rabaisser depuis quinze mois. Cela va trop loin », juge-t-il.
« Les États-Unis lancent une guerre sans consulter leurs alliés et espèrent maintenant qu’ils viennent réparer les dégâts, cela ne va pas être bien reçu », abonde Erwan Lagadec, professeur à la George Washington University. Au-delà de la dimension purement politique, il souligne que la demande d’aide de l’hôte de la Maison Blanche se heurte également à des limites pratiques.
L’Otan « n’a pas tant de capacités navales que cela », explique ce spécialiste en relations internationales, pour qui la situation n’est pas « sans ironie ». En effet, les capacités en question « étaient jusqu’ici destinées à être déployées dans une volonté d’apaisement face à Trump au Groenland ».
L’ancien ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, commentateur prolifique des affaires internationales sur X, a réagi vivement aux injonctions de la Maison Blanche : « À ce niveau, le mot « culot » est bien trop faible… Impudence, toupet, effronterie, outrecuidance. Ou alors les « Tontons flingueurs » : les c… osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît… », a-t-il écrit en référence à la célébrissime réplique inventée par Michel Audiard pour le film de Georges Lautner.
Certains pays alliés des États-Unis « pourraient changer de ton ou proposer quelque chose de mineur, par exemple plus de soutien logistique », mais sans modifier fondamentalement leur position, prévoit pour l’AFP Liana Fix, chercheuse au Council on Foreign Relations.
Si Donald Trump a fait lourdement pression sur les pays de l’Otan pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires, le contexte géopolitique pèse lourd dans la balance. « De nombreux équipements militaires et missiles que [les Européens] avaient commandés auprès des États-Unis pour leur propre défense et celle de l’Ukraine sont maintenant utilisés en Iran », explique-t-elle.
Ainsi, la réserve européenne face aux demandes du président américain concernant le détroit d’Ormuz « n’est pas un retour de bâton » pour les attaques passées, mais repose bien « sur des contraintes et des arbitrages très concrets », conclut-elle.
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