Posted by - senbookpro -
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À l’occasion du quinzième anniversaire de la Révolution de la liberté et de la dignité en Tunisie, l’Organisation tunisienne du travail a dénoncé une situation économique et sociale qu’elle qualifie de pire depuis l’indépendance du pays, mettant en garde contre ce qu’elle a décrit comme une « condamnation à mort lente » de l’économie nationale, dans un contexte marqué par l’absence d’investissements étrangers, alors que le Maroc a enregistré plus de 250 projets d’investissement pour une valeur avoisinant 50 milliards de dollars.
Dans un communiqué publié à cette occasion, l’organisation syndicale a fait état d’un déficit commercial record, de l’effondrement du dinar, de la désintégration de l’appareil productif, ainsi que d’une grave dégradation du pouvoir d’achat du citoyen tunisien. Elle estime que des milliers de familles se retrouvent sans source de revenu, en raison de l’absence de l’État dans l’exercice de son rôle et de la privation des catégories vulnérables et fragiles de leurs droits sociaux et sanitaires les plus élémentaires.
Sur le plan des droits humains, le communiqué souligne que « la situation des droits dans le pays a atteint un niveau grave et sans précédent, où tout opposant, tout détenteur d’opinion et toute voix libre est désormais menacé de poursuites, de procès et d’emprisonnement ». Les prisons seraient remplies de détenus d’opinion et de prisonniers politiques issus de l’opposition, des médias et des syndicats, en violation flagrante de la Constitution et des conventions internationales, marquant un retour déguisé à l’autoritarisme contre lequel le peuple tunisien s’est soulevé.
En matière de politique étrangère, l’Organisation tunisienne du travail a dénoncé la détérioration des relations diplomatiques de la Tunisie, imputée à l’absence de vision et de clarté, rappelant à ce titre la dégradation des relations avec le Maroc en raison de la position ambiguë du régime de Kaïs Saïed sur la question du Sahara, considérée comme une affaire intérieure marocaine par excellence.
Elle a également souligné que « la Tunisie a perdu son rôle de leader aux niveaux arabe, régional et international en raison de choix improvisés, éloignés de la réalité et fondés sur l’exclusion et la concentration du pouvoir décisionnel ». Cette faillite, selon elle, ne se limite pas à la politique et à l’économie, mais touche aussi le sport tunisien, jadis source de fierté et d’unité nationale, notant que l’élimination de la Tunisie des compétitions africaines n’est pas une simple défaite sportive, mais le reflet d’un échec structurel dû à l’absence de planification et de gouvernance.
L’organisation a par ailleurs condamné la persistance des autorités à refuser le dialogue avec les organisations syndicales, le blocage du dialogue social et l’atteinte au pluralisme syndical. Elle a appelé au respect du droit syndical, à une augmentation urgente des salaires, à l’adoption d’une loi sur la représentation électorale, au respect des libertés publiques et des droits humains, ainsi qu’à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et d’opinion.
Dans une déclaration à Hespress, Mohamed Al-Assaad Obeid, militant tunisien des droits humains et opposant, secrétaire général de l’Organisation tunisienne du travail, a affirmé que « critiquer le régime de Kaïs Saïed expose désormais les critiques à des attaques de la part de certaines parties proches du régime algérien, ce qui consacre une tentative manifeste d’hégémonie algérienne et d’ingérence dans les affaires intérieures tunisiennes ». Il a ajouté que « la situation économique en Tunisie est devenue catastrophique, ce que le citoyen ressent dans son quotidien, alors qu’au cours des années 1990 nous nous comparions au Maroc, qui nous a aujourd’hui largement dépassés en bâtissant l’une des économies les plus solides d’Afrique ».
Il a poursuivi en affirmant que « la Tunisie a atteint un niveau inédit de dégradation sur tous les plans, en raison de politiques sociales, économiques et étrangères hasardeuses, notamment à travers son positionnement et son abandon de la neutralité historique qu’elle avait adoptée sur plusieurs dossiers, y compris celui du Sahara, pour lequel de nombreux pays africains ainsi que le Conseil de sécurité de l’ONU soutiennent aujourd’hui la proposition marocaine ». Il a estimé que la Tunisie a perdu son statut et son image régionale, au point de ne plus être en mesure d’attirer les capitaux étrangers, lesquels ne lui font plus confiance en raison de l’improvisation des politiques de Kaïs Saïed.
Le même militant a conclu qu’« il n’y a aucune issue à cette situation anormale que traverse aujourd’hui la Tunisie sans le départ de Kaïs Saïed, car il constitue l’obstacle majeur à la démocratie et à la réforme ». Selon lui, le peuple tunisien est désormais fermement attaché à la revendication de son départ, le considérant comme un président défaillant à tous les niveaux, incapable de gérer l’État, preuve en est la détérioration continue de tous les indicateurs économiques et sociaux, s’interrogeant enfin sur les intérêts servis par la poursuite de ces politiques et sur ceux qui tirent profit de voir la Tunisie dans un tel état.
The post Tunisie : l’Organisation tunisienne du travail dresse un tableau alarmant de la situation économique et sociale appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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